octobre 27, 2020

Hellboy 2 – Les Légions d’Or Maudites

Titre Original : Hellboy 2 : The Golden Army

De: Guillermo Del Toro

Avec Ron Perlman, Selma Blair, Doug Jones, John Alexander

Année : 2008

Pays : Etats-Unis, Allemagne

Genre : Fantastique

R2sumé :

Après qu’une ancienne trêve établie entre le genre humain et le royaume invisible des créatures fantastiques ait été rompue, l’Enfer sur Terre est prêt à émerger. Un chef impitoyable qui règne sur le royaume d’en-dessous, renie ses origines et réveille une menace sans précédent : une armée de créatures que personne ne peut arrêter. Maintenant, il est temps pour le super héros le plus indestructible et le plus cornu de la planète de combattre un dictateur sans pitié et ses légions. Il peut être rouge, il peut avoir des cornes, il peut être mal compris, mais si vous voulez que le travail soit bien fait, appelez Hellboy.
Avec ses partenaires du Bureau de Recherche et de Défense Paranormal (B.P.R.D.), sa petite amie pyrokinésique Liz, l’aquatique et empathique Abe Sapien et le mystique protoplasmique Johann, le B.P.R.D voyagera entre notre monde et celui où voguent les créatures que ne peuvent pas voir les humains, où les créatures du monde fantastique sont devenues réelles. Hellboy, créature appartenant aux deux mondes qui n’est accepté dans aucun, devra choisir entre la vie qu’il connaît et une destinée incertaine qui l’attend.

Avis :

En l’an de grâce 2004, Guillermo Del Toro sortait un film de super-héros inattendu et complètement en dehors des sentiers battus, Hellboy. Issu d’un comics créé par Mike Mignola (qui travaillera sur le projet), ultra référentiel auprès d’écrivains comme H.P. Lovecraft ou Edgar Allan Poe, ce premier opus avait été une bouffée d’air frais pour les amateurs d’adaptation comme pour les férus de fantastique. Mais le plus important, c’est que le film ait marché, rapportant plus de 100 millions de dollars à l’international, et permettant ainsi d’engranger une suite. Le problème avec les suites, c’est qu’elles sont souvent inférieures à leurs aînés et qu’elles font soit dans la redite, soit dans un truc « bigger and louder » qui dénature la mythologie mise en  place. Mais avec l’univers si riche de Hellboy et l’imagination débridée de Guillermo Del Toro, on pouvait s’attendre à tout, et si l’on doit faire un comparatif des deux œuvres, ce sera bien difficile tant elles sont différentes et pourtant cohérente au sein d’un même univers. Bref, vous l’aurez compris, Hellboy 2 – Les Légions d’Or Maudites est une belle réussite complètement différente du premier.

Exit ici l’uchronie avec des nazis, se basant sur des faits existants (le soleil noir de Thulé), mais aussi les multiples références à l’occulte et au monde des grands anciens. Si tentacules il y a dans cette suite, cela ne viendra pas de créatures cauchemardesques vivant dans l’espace, mais plutôt d’élémentaire, vivant dans l’ombre, caché dans une sorte de monde parallèle à celui des humains. Oui, Lovecraft ou Poe ne seront pas l’honneur de ce Hellboy 2, mais plutôt Moorcock ou Tolkien, ce qui donne un film mélangeant fantastique et fantasy pour un résultat assez bluffant, mais qui ne mise pas tout sur son univers, proposant une vraie réflexion et posant une ambiance beaucoup plus triste que dans le premier film.

D’entrée de jeu, le cinéaste mexicain montre qu’il ne va pas nous faire la même chose que dans le premier opus. Après une introduction en images de synthèse mettant en scène des marionnettes pour raconter une légende et une guerre ancestrale entre humain et peuple imaginaire, on rentre rapidement dans le vif du sujet avec un prince voulant reprendre ce qui lui appartient et lâchant des fées sur des humains. Si les monstres sont bien présents (les fées on des dents gigantesques et ne sont pas forcément sympathiques), on remarquera une nette différence avec les créatures du film précédent. Celles-ci rentrent plus dans un bestiaire fantasy, avec des ogres, des trolls ou encore des gobelins. Pour autant, cet univers s’intègre parfaitement dans la lignée des Hellboy, prenant le parti que des créatures se camouflent parmi nous et ont toute une organisation parallèle, dans des lieux bien cachés. Encore une fois, l’imagination de Del Toro fonctionne à merveille et on croit vraiment à ce qui se passe dans le film. L’entrée dans le marché des trolls par exemple est une pure merveille pour les yeux et une véritable réussite au sein de l’univers. On se réjouira aussi de découvrir des monstres qui ont leur place dans le panthéon des plus belles créatures, à l’image de l’ange de la mort qui est une pure merveille.

Mais comme dit précédemment, le film ne se base pas uniquement sur son univers et son bestiaire, (ce que l’on aurait pu reprocher au premier film qui posait des bases solides) mais il va aussi produire bien plus d’émotions, notamment grâce à une évolution logique des personnages et quelques destins tragiques bien trouvés. En premier lieu, on va avoir Hellboy et son histoire d’amour complexe avec Liz, qui va se rendre compte de ses sentiments quand elle est à deux doigts de la perdre, et cela malgré un destin funeste prédit par l’ange de la mort. Mais surtout, c’est Abe Sapiens qui va nous toucher au plus profond, découvrant l’amour auprès d’une princesse dont le destin est lié à son frère jumeau, Nuada, le méchant du métrage. Abe Sapiens va donc ressentir des sentiments, tenter de comprendre ce qu’il lui arrive et on va ressentir aussi toute la solitude qu’il ressent. Unique représentant de son espèce, il va voir dans cette révélation un sursaut salvateur pour ne plus être seul. Ce sentiment est partagé par la princesse, mais qui connait déjà son sort et qui ne peut lutter contre son frère. Au-delà des récits d’amour qui fonctionnent à plein régime, donnant une dimension tragique très shakespearienne, on aura aussi un message sur le génocide.

Alors pas sur le génocide humain, mais plutôt l’inverse, celui des créatures de l’ombre, celui des bêtes étranges et des monstres, à cause d’une humanité qui a peur de ce qui est différent et qui tue sans distinction tout ce qui lui semble anormal. Avec ce film, Guillermo Del Toro explore de façon plus poussée sa vision du monstre et sa façon dont l’humanité voit les monstres. Dans Hellboy 2, même les monstres « humains », salvateurs, sont perçus comme une menace (en atteste le passage avec l’élémentaire et le bébé) et Nuada lui dit de bien choisir ce qu’il fait, puisque si l’élémentaire est le dernier de son espèce, c’est aussi le cas de Nuada et de Hellboy. Un message qui démontre qu’à force de tout détruire sur notre passage, on risque bien de faire disparaître certaines espèces qui ont autant le droit que nous de vivre sur cette Terre. Bien au-delà de certaines considérations personnelles, le film essaye de faire un message plus fort, plus universel et de montrer que l’ignorance, le racisme ou encore la peur peut amener à des actes dangereux et surtout irrespectueux. Et c’est bien là toute la force du film, qui n’est pas qu’une simple succession de combats et de défilé de freaks, mais bel et bien un film avec un fond.

Au final, Hellboy 2 – Les Légions d’Or Maudites est un film qui est bien plus réussi que son frère aîné et c’est une chose assez rare pour le notifier. Avec ce film, Guillermo Del Toro met plus d’amour, plus de drame et surtout un message plus fort au sein d‘une intrigue qui s’imbrique parfaitement dans la mythologie installée dans le premier opus. On se retrouve donc devant un film totalement différent, mais qui reste fidèle à l’univers posé et qui est plus grandiloquent, à la démesure de son héros, dont on aimerait bien une troisième épopée avec les mêmes personnes aux commandes.

Note : 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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