Célibataire, Mode d’Emploi

Titre Original : How to be Single

De: Christian Ditter

Avec Dakota Johnson, Rebel Wilson, Alison Brie, Leslie Mann

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Il y a toutes sortes de manières de vivre en célibataire. Il y a ceux qui s’y prennent bien, ceux qui s’y prennent mal… Et puis, il y a Alice. Robin. Lucy. Meg. Tom. David… À New York, on ne compte plus les âmes en peine à la recherche du partenaire idéal, que ce soit pour une histoire d’amour, un plan drague… ou un mélange des deux ! Entre les flirts par SMS et les aventures d’une nuit, ces réfractaires au mariage ont tous un point commun : le besoin de redécouvrir le sens du mot célibataire dans un monde où l’amour est en constante mutation. Un vent de libertinage souffle de nouveau sur la ville qui ne dort jamais !

Avis :

La comédie américaine peut se voir de deux façons différentes. D’un côté, on a la plus répandue, celle qui se destine aux jeunes et qui est en général portée sur le sexe avec des blagues graveleuses et des situations gênantes. On peut citer dans cet exemple des films comme Nos Pires Voisins ou encore les suites fastidieuses d’American Pie. Puis on a la comédie indépendante, celle qui veut se rapprocher du cinéphile un peu plus exigeant, et qui tente à chaque fois d’insérer un message plus ou moins sociétal ou philosophique pour apporter de l’eau à l’édifice. Ne nous voilons pas la face, en général ces comédies sont romantiques ou chiantes à mourir, notamment à cause d’une réalisation basique faite de champs/contre-champs. Fort heureusement, il existe aussi des exceptions et des films qui savent faire la part des choses, c’est-à-dire être à la fois portés sur la chose, tout en restant fins et drôles. C’est rare, mais ça existe. Célibataire, Mode d’Emploi est-il de ce moule ? Non.

Depuis quelques années maintenant, on voit débouler dans les salles obscures des films qui ciblent un public particulier, les femmes. Alors intrinsèquement, il est compliqué de dire que l’on fait des films pour les filles, comme si elles étaient incapables d’aimer un bon film d’action ou un thriller noir, mais c’est monnaie courante de voir des comédies « romantiques » à destination des films, au même titre que les pseudos films érotiques que sont les 50 Nuances. Célibataire, Mode d’Emploi est typiquement ce que l’on pourrait appeler un film de filles puisqu’il met en scène quatre personnages féminins avec divers problèmes pour trouver l’amour et que, visiblement, ce sont seulement des problèmes de femmes. On va donc passer rapidement sur la mise en scène de ce genre d’œuvre pour s’intéresser à son fond, qui est plutôt nauséabond, même s’il reste assez surprenant par ses choix.

Pour la mise en scène, c’est sans grande surprise. Le film aligne les plans dont on se fout carrément, n’arrivant jamais à créer une image jolie ou quand il trouve un joli plan, il faut qu’il soit foutu en l’air par une position incongrue ou tout du moins qui ne fait pas naturel. Pour citer un exemple, Dakota Johnson lit un livre au bord de sa fenêtre, avec le soleil couchant, mais les jambes en l’air, se positionnant comme un V. Bref, c’est juste pour faire beau, ça ne sert strictement à rien et surtout, ça enlève un côté naturel à l’ensemble. Car oui, le film veut faire réaliste, donc on plante des décors de tout New-York (45 lieux différents pour le tournage), on laisse une lumière un peu crue et le tour est joué. Malheureusement, ça ne fait pas avancer le bousin et il n’y aura rien à se mettre de mieux dans les mirettes. Et ce n’est pas en mettant par moment des incrustations de chiffres en fluo sur des bouteilles de bière que l’on va crier au génie.

Mais dans une comédie, qui se veut en plus, plus ou moins romantique, ce n’est pas tant la mise en scène qui prévaut, mais plutôt ce qu’elle raconte et là aussi, ce n’est pas terrible. Le film veut aborder la notion de célibat et montrer à quel point c’est parfois salvateur et que ça ne sert à rien de chercher le grand amour rapidement. Pourquoi pas. Le problème, c’est que le pitch de départ est complètement galvaudé, puisque Alice, qui est très amoureuse de son homme avec qui elle vit depuis six ans, décide de faire un break pour voir si être célibataire, c’est bien. Qu’est-ce que tu vas chercher ça si tu es heureuse avec ton mec ? D’autant plus que dans le cheminement de la nana, elle va coucher avec plusieurs mecs, puis elle va revenir voir son ex et lui dire que c’est bon, ils peuvent se remettre ensemble. C’est quoi cette vision de la vie bordel !? Et que dire de la fin de son histoire à elle, puisqu’elle finit toute seule, dans le grand canyon, en réalisant son rêve, voir le lever du soleil le premier jour de l’année. On nous vend ça comme du rêve, mais on ne peut qu’y déceler une profonde tristesse, puisqu’elle n’a personne avec qui partager ce moment de bonheur. Il en résulte une morale profondément égoïste.

Fort heureusement, ce l’autre côté, on aura deux personnages qui sauveront un peu les meubles, même si ça reste très superficiel. On aura droit à Alison Brie, qui est sublime soit dit en passant, mais qui ne trouve pas de mec car elle est trop exigeante. Dans son histoire, elle va finalement trouver une perle rare grâce au hasard et non pas grâce à son logiciel de tri. On aura aussi Leslie Mann, jeune médecin avec de l’ambition, qui veut à tout prix un enfant, se fait faire une fécondation In Vitro, puis tombe amoureuse d’un type qui va accepter l’enfant, car, pour une fois, on a un homme intelligent et gentil. Si ces deux personnages sont vraiment secondaires dans l’intrigue, ils apportent un peu de fraîcheur et surtout une folie toute en retenue qui est bien loin des clichés véhiculés par Rebel Wilson. Abonnée aux rôles vulgaires et trash, l’actrice s’en donne à cœur joie dans ce film, où elle profite de tout le monde, picole comme un trou et possède un vocabulaire très riche en comparaison sexuelle. C’est clairement le pire personnage du film, et comme c’est celle que l’on voit le plus avec l’héroïne, on aura tôt fait de laisser tomber pour voir le point de vue du réalisateur, qui adapte ici un livre que l’on n’a pas du tout envie de lire.

Au final, Célibataire Mode d’Emploi est un film qui ne possède aucun intérêt sauf si l’on est pour le célibat, l’égoïsme et quelque part la tristesse. Alors oui, c’est assez original de voir ça comme morale dans un film hollywoodien, mais d’un autre côté, est-ce vraiment sain et est-ce que certaines femmes pensent comme cela ? Il réside dans ce film un côté assez pénible sur la vision de l’autre et de l’amour et cela dérange grandement car le film se veut positif mais il met en avant des principes tristes comme s’il fallait voir la solitude comme salvateur et c’est bien souvent tout le contraire. Bref, un film qui loupe le coche, en plus d’être stupide sur son principe et relativement vulgaire sur sa vision de l’amour.

Note : 05/20

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Par AqME

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