Irön Fist – Catharsis

Avis :

Avec l’avènement du numérique et du tout gratuit sur le net, il est de plus en plus difficile pour les groupes de métal de trouver des financements pour enregistrer de nouveaux albums et pour faire éditer son travail sur un support physique. D’autant plus lorsque l’on exerce dans un groupe peu vendeur comme le métal, qui malgré le succès de plusieurs ballades, malgré des stades remplis, malgré un Hellfest qui attire de plus en plus de monde chaque année, reste le genre le plus boudé par les majors et les ondes radiophoniques. De ce fait, certains jeunes groupes ne peuvent pas se faire connaître ou galèrent plusieurs années pour pouvoir sortir ne serait-ce qu’un seul album. C’est par exemple le cas de Irön Fist (rien à faire avec le comics de chez Marvel), groupe de Heavy italien fondé en 2012, qui a sorti deux EP avant d’enregistrer son premier album, Catharsis, en 2015. Mais le groupe ne pourra pas sortir son album de suite, devant attendre 2018 pour que cet album sorte enfin. L’attente en valait-elle la peine ? Peut-être pas forcément, mais il réside tout de même une certaine force dans ce groupe qui inspire le respect et qui montre que malgré une production catastrophique, le talent des musiciens est bien présent.

Le groupe entame son album par une petite introduction, uniquement en instrumental et qui reprend un grand morceau de musique classique. Una Notte Sul Montecalvo est un titre très réussi qui montre toutes les références du groupe. On y retrouve donc un sample de musique classique, puis des riffs assez rapides et une rythmique qui part vite et donne un bon avant-goût de ce qui nous attend par la suite. C’est alors que sort Caedite Eos, un long titre qui dépasse allègrement les neuf minutes. Alors on pourrait croire que l’ennui guette et qu’il s’agit d’un titre à rallonge sans trop de saveur et pourtant, le groupe arrive à nous tenir en haleine, notamment grâce à une succession de solos qui sont à tomber par terre et qui montre, si besoin l’en est, l’étendue technique des guitaristes. Le seul défaut que l’on pourrait reprocher à ce morceau, c’est qu’il reste très classique dans sa démarche et qu’il ne surprendra aucunement le fan hardcore de Heavy métal. Ce sera un peu le cas avec tout l’album, mais d’autres titres seront tout de même tout aussi efficace, notamment les titres longs, comme The Black Legend et ses huit minutes cinquante, qui démarre comme un film d’horreur avec une mise en ambiance intéressante et qui se lâche par la suite avec des riffs assez assassins et très efficaces. On peut aussi citer le très gothique Hunting for Witches ou encore Scapegoat (Damn in Hell) qui démarre sur les chapeaux de roues et offre quelque chose de puissant et de prenant.

Le problème avec Irön Fist, c’est qu’il manque beaucoup de choses pour pouvoir percer dans le domaine du Heavy ou même du métal tout court. Si les compositions longues sont les plus réussies, il n’en pas de même avec les morceaux un peu plus courts. On peut par exemple évoquer Preacher of Desperate (qui dépasse quand même les cinq minutes), qui reste un titre un peu Thrash dans l’intention mais qui ne transforme jamais l’essai, la faute à une agressivité amoindrie et surtout une composition sans réel génie. On peut aussi évoquer Morias Encomium qui est assez transparent et ne marque pas l’auditeur ou encore Malleus Maleficarum, un interlude instrumental qui manque de saveur et d’intérêt, ce qui est dommage. Mais ce qui frappe le plus avec cet album, c’est la production de basse qualité. En effet, le son est assez mauvais mais surtout, la voix du chanteur reste d’une banalité sans faille. De ce fait, on a l’impression d’avoir quelque chose d’assez linéaire, qui ne peut pas partir dans les aigus ou au contraire dans le growl bien gras pour renforcer une ambiance malsaine. Irön Fist manque d’envergure, manque de prestance vocale et c’est bien dommage. C’est bien dommage car on sent un vrai potentiel derrière ce premier album, notamment au niveau de la technique.

Au final, Catharsis, le premier album de Irön Fist, groupe italien de Heavy, est un effort qui porte toutes les scories du premier skeud. Si certains titres valent vraiment le coup et sont appuyés par des solos dantesques, le reste de la production est vraiment aux fraises. Entre un enregistrement faiblard, un chanteur qui n’exploite pas ses capacités et un artwork dégueulasse, il va falloir que le groupe se reprenne s’il veut vraiment marquer les esprits. En l’état, nous sommes face à un album sympathique, mais qui manque clairement de mordant et d’ambition.

  1. Une Notte Sul Montecalvo
  2. Caedite Eos
  3. Preacher of Desperate
  4. The Black Legend
  5. Morias Encomium
  6. Malleus Maleficarum
  7. Hunting for Witches
  8. Scapegoat (Damn in Hell)
  9. Requiem

Note : 12/20

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Par AqME

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