Maniac

De : William Lustig

Avec Joe Spinell, Caroline Munro, Gail Lawrence, Rita Montone

Année : 1980

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un psychopathe sème la mort en ville en scalpant ses victimes pour recréer sa mère abusive décédée plusieurs années auparavant.

Avis :

Il y a des films qui se bâtissent autour de légendes afin d’alimenter une certaine hype et un statut culte qui n’est pas toujours justifié. Entre drames lors du tournage, version censurée, embrouilles diverses entre les acteurs du film, tout est bon pour donner dans la communication et ainsi donner envie de voir un film. Le cas de Maniac ne fait pas forcément exception à la règle, mais certaines anecdotes sont vraies et donnent un peu de piment à ce film très sulfureux des années 80. Premièrement, le film est extrêmement violent, sanglant et poisseux, ce qui lui donna droit à des censures dans divers pays, comme l’Australie ou la Grande-Bretagne. Ensuite, la légende raconte que le film a été tourné à New York sans aucune autorisation et que de temps à autre, l’équipe entamait de vraies courses-poursuites avec les forces de l’ordre. Enfin, et ceci n’est pas une blague, le film devait commençait avec une musique portant le même nom, mais elle fut abandonnée avant d’être reprise pour Flashdance et devenir le tube que l’on connait. Bref, il y a beaucoup de choses qui gravitent autour de Maniac pour rendre le film assez attractif et presque rendre justice à son statut de film gore culte des années 80. Mais est-ce vraiment le cas aujourd’hui ?

On le sait, on peut qualifier un film de culte s’il passe les années sans jamais vraiment vieillir. On peut citer les films de Kubrick qui sont dans ce cas-là ou encore des métrages dont la portée est toujours aussi intéressante aujourd’hui. Avec Maniac, film qui marque la première collaboration entre William Lustig et Joe Spinell (acteur principal, scénariste et producteur du métrage), on est dans un film qui ne cherche pas à aborder des sujets de société, qui ne cherche pas forcément à mettre en avant une quelconque justification des meurtres, mais qui veut raconter une histoire en se mettant à la place d’un tueur, qui essaye de se soigner à travers divers meurtres. Pour l’époque, le défi est culotté et surtout osé, n’aseptisant jamais son propos et surtout son image. Car la première chose qui frappe quand on regarde Maniac, c’est son univers glauque, craspec où tueur, prostitués et gens marginaux se côtoient dans la plus étrange des ambiances. Les couleurs du film sont volontairement sombres ou ternes. On évolue dans un New York froid, presque désespéré, naviguant constamment dans un univers cauchemardesque, comme si l’on voyait la ville à travers les yeux du tueur.

Cette atmosphère délétère est renforcée par un gore qui n’est pas timoré. En effet, dès le départ le film ne laisse aucun doute sur ses intentions et ses envies d’en mettre plein les yeux. Après un meurtre sanglant sur une plage, on se retrouve dans la chambre du tueur avec des mannequins qui dégoulinent de sang. Par la suite, le film ne va être qu’une succession de séquences dérangeantes et volontairement trash pour appuyer le côté malsain et maladif du psychopathe. Le meurtre de la voiture avec le fusil en est un exemple flagrant, avec une tête qui explose en gros plan et au ralenti. William Lustig impose donc une vision très gore des meurtres, qui s’emboîtent parfaitement avec l’ambiance poisseuse et glauque qui se dégage des images. On notera toutefois que le film se calme un petit peu vers son dernier tiers, où le tueur entame une relation sérieuse avec une jeune femme jouée par la sublime Caroline Munro. Cependant, cette zone de calme renforce le dernier acte, complètement fou, complètement jouissif et cauchemardesque, qui vaut à lui seul le regard sur ce film malade.

La force de Maniac ne réside pas dans son scénario qui reste relativement simpliste. En gros, on a droit à un tueur psychopathe qui tue des femmes lui faisant penser à sa mère qui lui faisait des sévices étant petit. Cependant, tout cela n’est pas explicite dans le film, laissant le spectateur se faire sa propre idée tout au long du métrage et rajoutant ainsi une énigme, un point d’ancrage pour suivre ce meurtrier complètement fou. Du coup, même si ça reste très léger, le film fonctionne et notamment, aussi, à la mise en scène charnelle de William Lustig. On remarquera que le film fait beaucoup de gros plans, n’hésitant jamais à montrer du gore, mais aussi les visages en face caméra. Joe Spinell, dont la prestation est complètement folle, ce qui donnera aussi le statut culte au métrage, est souvent montré en gros plan face à la caméra de façon à ce que l’on ne voit que son visage transformé par la folie. Cela rajoute un plus indéniable au caractère malsain du film. Mais on remarquera que les victimes sont souvent mise en gros plan aussi et que le visage est représenté sous toutes ses formes, allant même jusqu’à glisser des éléments du décor en forme de visage dans l’appartement du tueur. Cette façon de faire montre bien l’impact que peut avoir l’expression faciale dans un délire horrifique et cela donne vraiment un côté viscéral au métrage.

Au final, Maniac n’a pas volé son statut de film d’horreur culte et tout cela n’est certainement pas fondé sur des légendes bancales de tournage. Entre un gore décomplexé, une histoire simple mais mise en avant de manière efficace, un acteur complètement investi et une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, Maniac fait partie de ces films d’horreur glauques et malsains qui fleure bon la liberté d’expression des années 80 et l’envie de faire un cinéma percutant, quitte à choquer le spectateur. Un film qui, s’il a un peu vieilli au niveau de la qualité de l’image, reste encore prenant aujourd’hui. A noter qu’un deuxième épisode devait sortir neuf ans plus tard, mais il fut annulé suite au décès prématuré de Joe Spinell.

Note : 16,5/20

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Par AqME

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