Bring me the Head of the Machine Gun Woman

Titre Original : Traiganme la Cabeza de la Mujer Metralleta

De : Ernesto Diaz Espinoza

Avec Fernanda Urrejola, Matias Oviedo, Jorge Alis, Sofia Garcia

Année : 2014

Pays : Chili

Genre : Action

Résumé :

Un gangster chilien utilise tout son pouvoir pour arrêter la femme qui veut le tuer, une mercenaire sexy connue sous l’appellation de « femme mitrailleuse ». Une armée de tueurs à gages se lance à la poursuite de cette femme après qu’il ait proposé une récompense alléchante pour sa tête.

Avis :

Il y a de cela onze ans maintenant, Quentin Tarantino et son acolyte Robert Rodriguez ont eu l’idée de faire des films de genre complètement fauchés et qui seraient une sorte d’hommage aux métrages d’horreur bis des années 80. Il en est ressorti deux films, Boulevard de la Mort pour Tarantino et Planète Terreur pour Rodriguez, des films sympathiques, mais qui montraient tout de même leurs limites. Il n’empêche que le succès fut au rendez-vous et que derrière ça, entre des fausses bandes-annonces et des projets complètement bordéliques comme Machete, la sauce Grindhouse semblait prendre et le public était content. Jusqu’à un certain point. En effet, derrière ces quelques films qui bénéficiaient tout de même de quelques noms prestigieux et d’un budget assez conséquent, les DTV ont commencé à affluer et ce fut un bordel ignoble dans les collections dites Grindhouse. Nude Nuns With Big Guns, Bitch Slap ou encore Run Bitch Run sont autant de navets surfant sur un concept qui démontrent encore une fois les limites d’une idée qui semblait bonne. Mais cela touche aussi d’autres pays, comme le Chili, qui tente avec ce Bring me the Head of the Machine Gun Woman, de redonner goût aux films Grindhouse, fort heureusement sans succès.

Pour la petite histoire, on va suivre un DJ qui va se faire attraper en train d’écouter la conversation d’un mafioso dont la tête est mise à prix et qui souhaite tuer la tueuse à gages que l’on appelle la femme à la mitraillette. Voulant sauver sa peau, il se propose alors de faire amener la tueuse jusque dans sa boîte. Et c’est à peu près tout pour le départ. Outre des caractérisations de base merdiques avec le jeune geek qui va se retrouver dans la merde et le mafioso qui en fait des caisses pour faire peur, jusqu’à tuer son bras droit pour son simple plaisir, on n’aura rien à se mettre sous la dent. Et même l’introduction, qui montre une belle plante flinguer des petites frappes, laisse complètement indifférent, voire même catastrophé à cause d’une mise en scène pauvre et d’un montage hyper cut. Pas de doute, dès le départ, on flirte avec le mauvais goût et le film ne va pas tellement mentir sur sa marchandise, montrant une fille à moitié nue, des dealers totalement débiles et une histoire tout aussi naze. Bref, le scénario tient sur un timbre-poste et il ne s’avère même pas fun, tout ça à cause d’un traitement de personnages par-dessus la jambe et d’une mise en scène calamiteuse.

D’ailleurs, pour en revenir à la mise en scène, elle se révèle détestable car elle pioche vraiment à tous les râteliers et appuie très fort sa référence aux films Grindhouse. L’image est moche, la pellicule est abîmée intentionnellement, les cascades ont improbables alors que rien ne justifie tout cela. C’est vraiment un effet tape à l’œil putassier pour faire croire aux gens que c’est forcément plus cool. La sauce ne prend absolument pas et s’il faut rajouter à cela le vulgaire du film, on a un résultat tout bonnement ignoble. Car en plus de la vulgarité verbale, on se retrouve avec quelque chose de proprement misogyne malgré la présence d’une héroïne féminine. En dehors de son gros calibre qu’elle sort pour buter quelques débiles, elle s’amusera de son corps et léchera de façon suggestive des flingues afin d’exciter les mâles en manque de pornographie. Oui, le film chie sur son icône féminine, car même si elle est forte, elle reste une chaudasse qui va se faire baiser dans une bagnole et qui suce des calibres pour se rendre sexy. Ami de la poésie et de la délicatesse, passez votre chemin.

Et puis enfin, le film veut tenir sur un concept qui ne plaira qu’aux fans de jeux vidéo ou aux quelques « wesh wesh » qui ne jurent que par GTA, puisque le film s’inspire grandement du jeu de Rockstar pour son schéma narratif et ses passages en voiture. En effet, le film est construit sous forme de missions qui s’affichent comme dans le jeu et qui se terminent par un message en cas de succès ou d’échec. L’inspiration tourne presque au plagiat quand la typographie des messages est la même que pour le jeu. C’est assez étonnant parce que ces moments à la GTA sont presque mieux filmés que tout le reste du film et on trouve une patte graphique intéressante. Bon, il est vrai qu’il n’y a rien de mirobolant là-dedans, mais ces passages sont presque plaisants à regarder car il y a un véritable parti pris scénique, ce qui n’est pas le cas durant tout le film. Enfin, difficile de dire du bien des acteurs tant ils sont soit transparents, soit complètement en surjeu. On pense notamment à la sublime Fernanda Urrejola, bombe anatomique mais qui ne fait que surjouer pour donner de la consistance à son personnage. Pour le reste du casting, on reste sur des rires forcés, des passages gênants et des moments d’une nullité abyssale.

Au final, vous l’aurez compris, Bring me the Head of the Machine Gun Woman est une purge infâme qui n’aurait peut-être jamais dû franchir nos frontières. Mal filmé, doté d’une image dégueulasse, un scénario anémique qui oscille entre action et comédie mais qui choisit constamment le mauvais goût, des acteurs en roue libre qui ne savent pas quoi faire pour exister, bref, il n’y a vraiment rien à tirer de ce film qui souhaite seulement revenir sur le succès des films Grindhouse, mais qui montre une fois de plus combien jouer sur une seule idée n’est pas une bonne chose pour faire un bon film…

Note : 05/20

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Par AqME

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