Les Souvenirs

De : Jean-Paul Rouve

Avec Michel Blanc, Chantal Lauby, Annie Cordy, Mathieu Spinosi

Année : 2015

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Romain a 23 ans. Il aimerait être écrivain mais, pour l’instant, il est veilleur de nuit dans un hôtel. Son père a 62 ans. Il part à la retraite et fait semblant de s’en foutre. Son colocataire a 24 ans. Il ne pense qu’à une chose : séduire une fille, n’importe laquelle et par tous les moyens. Sa grand-mère a 85 ans. Elle se retrouve en maison de retraite et se demande ce qu’elle fait avec tous ces vieux.
Un jour son père débarque en catastrophe. Sa grand-mère a disparu. Elle s’est évadée en quelque sorte. Romain part à sa recherche, quelque part dans ses souvenirs…

Avis :

Jean-Paul Rouve, tout le monde connaît aujourd’hui l’acteur qui fait partie du paysage de la comédie française. Oui, qu’on le veuille ou non, tout le monde connaît Jeff Tuche. Mais Jean-Paul Rouve, ce n’est pas qu’un petit comique parmi tant d’autres. Non, on retiendra ses incursions dans le drame, pour des films qui sont plus ou moins passés inaperçus, je pense notamment à « Légitime défense« . Puis encore peut-être de manière plus discrète, depuis une dizaine d’années maintenant, Jean-Paul Rouve se laisse tenter par la réalisation. Si je ne peux vous conseiller « Sans haine, ni violence » son premier que je n’ai pas encore vu, je peux vous dire qu’il a réalisé un petit bijou : « Quand je serai petit« .

Troisième réalisation pour Jean-Paul Rouve, « Les souvenirs » est un film qui a su trouver son petit succès, et même s’il sera moins beau que son précédent, il n’en demeurera pas moins un bon petit film plein de tendresse et d’émotion. Adapté d’un roman de David Foenkinos, Jean-Paul Rouve nous entraîne dans une intrigue légère et mélancolique, qui décrit très bien la vie qui passe et la vie qui ne fait que passer. Bref, c’est joli, c’est parfois drôle, et d’autres fois émouvant et au final, on passe un bon petit moment.

Dans la famille Esnard, je demande le petit-fils, Romain, vingt-trois ans. Jeune homme qui aime la vie, il est veilleur de nuit et étudiant en littérature le jour. Ensuite, je demande le père, Michel, soixante-cinq ans, qui vient de partir à la retraite. Michel, c’est le preneur de décision, presque malgré lui, presque toute la famille a tendance à se reposer sur ses épaules. Enfin, je demande la Grand-mère, Madeleine, quatre-vingt-cinq ans. Madeleine est une femme de caractère, qui sait ce qu’elle veut. Madeleine et son petit-fils ont une relation fusionnelle. Alors quand Michel place Madeleine en maison de retraite après que celle-ci ait fugué, cette dernière refuse et un beau matin, elle s’enfuit. Où est passée Madeleine ? C’est la panique dans la famille. Quand Romain reçoit une carte de sa grand-mère, il part la rejoindre et sans le savoir, il va plonger dans les souvenirs de la vieille dame pour la redécouvrir une dernière fois.

Si le comédien Jean-Paul Rouve est capable du meilleur comme du pire, (tout dépendra des projets qu’il choisit et parfois, il choisit vraiment très mal, ce qui est dommage, au vu du talent du Monsieur) quand ce dernier passe à la réalisation, il a l’air d’être bien plus soucieux et ce troisième film ne dérogera pas à la règle. Si l’on regrettera qu’il ne soit pas aussi beau et fort que « Quand je serai petit« , « Les souvenirs » est un joli film, aussi rafraîchissant qu’il est touchant.

Avec ce film, Jean-Paul Rouve s’intéresse à la vie et au temps qui passe et qui reste, à travers les portraits nuancés de trois membres d’une même famille. Trois membres, à différents âges de la vie, ce qui lui permettra de couvrir un maximum de sujets, avec plus ou moins de profondeur. Oui, le film est assez court, une heure vingt-cinq, et c’est dommage, car il aurait mérité d’être plus long, afin de vraiment partir en profondeur sur tous ses sujets. Le temps qui passe, celui qu’il nous reste à soixante-cinq, quatre-vingt-cinq, comme, celui qu’on a à vingt-trois ans. La vie qui est faite de souvenirs, de présent, mais aussi de passé et de futur. « Les souvenirs« , c’est un film qui évoque et questionne sur le quotidien, l’espoir, la retraite, le couple et bien entendu l’amour. L’amour qu’on cherche à vingt-trois ans, l’âge qu’on a et qu’il faut entretenir à soixante-cinq et l’amour qu’on a eu, qui est toujours là. L’amour qui manque, qui reste au cœur, à quatre-vingt-cinq ans. Bref, cette troisième proposition de cinéma pour Jean-Paul Rouve donne un film riche, peuplé de personnages attachants et l’on aime s’y laisser entraîner.

Mais comme tout film, « Les souvenirs » n’est pas aussi parfait qu’on l’aurait aimé et s’il est trop court d’un côté, il est aussi trop long d’un autre, dans le sens où autour de ses personnages, Jean-Paul Rouve fait graviter tout un tas de personnages qui restent au demeurant sympas, mais qui ont aussi tendance à rendre le film confus. Il y a trop de personnages et finalement, quand le réalisateur s’arrête sur d’autres que son trio de tête, et bien même si parfois c’est drôle, sur l’ensemble, on se demande ce qu’ils font dans ce tableau. On pense d’emblée au personnage incarné par un William Lebghil ou encore celui de Jacques Boudet.

Pour son troisième film en tant que réalisateur, Jean-Paul Rouve nous offre donc un joli film aussi mélancolique et triste qu’il fait du bien à suivre. Simple et riche à la fois (peut-être un peu trop), Jean-Paul Rouve le réalisateur est décidément à suivre. Vivement « Lola et ses frères » qui sort en Décembre de cette année.

Note : 13/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net