Juste un Baiser

Titre Original : L’Ultimo Bacio

De : Gabriele Muccino

Avec Stefano Accorsi, Giovanna Mezzogiorno, Stefania Sandrelli, Martina Stella

Année : 2002

Pays : Italie

Genre : Romance

Résumé :

Carlo a trente ans. Sa compagne, la belle Giulia, est enceinte. Un sentiment étrange s’empare de lui. Entouré d’amis qui le mettent en garde contre les dangers d’une vie installée, il doute.
Pour la mère de Giulia, cette grossesse déclenche également une remise en cause. Son couple est vieillissant et le temps est aux regrets.
Dans la foulée, le jeune Adriano abandonne sa femme et son enfant, Alberto accumule les maîtresses et Paolo convainc tout le monde de fuir à l’autre bout de la Terre en camping-car. C’est alors que Carlo fait la rencontre de Francesca, une étudiante de 18 ans belle à perdre la tête…

Avis :

Son nom est peu connu, et pourtant Gabriele Muccino est l’un des meilleurs metteurs en scène contemporains d’Italie. Si le public connait bien plus ses films tournés en Amérique, c’est à lui qu’on doit « A la recherche du bonheur » et « Sept vies« , Gabriele Muccino a aussi et surtout une belle carrière dans son pays.

Troisième film de Gabriele Muccino, « Juste un baiser » est celui qui lui apportera la reconnaissance et le mettra bien plus en lumière. Il remportera d’ailleurs cinq David di Donatello (les Oscars italiens), dont celui du meilleur réalisateur pour ce film et c’est bien mérité. « Juste un baiser » est donc une perle et l’un des meilleurs films que j’ai pu voir de Gabriele Muccino. Logé quelque part entre le drame et la comédie, ce troisième film de Gabriele Muccino est un petit bouleversement. Ici, le cinéaste analyse la vie de couple à l’aube de la trentaine et livre un film beau, puissant, empreint d’un souffle aussi tragique que romantique. On en ressort les yeux humides et le cœur léger. Bref, une totale réussite qui mérite bel et bien tous les honneurs qui lui ont été fait !

Carlo a vingt-neuf ans et vit une magnifique relation avec Guila depuis trois ans maintenant. A l’aube de sa trentième année, cette relation prend un nouveau tournant, puisque le couple attend un enfant. La vie pourrait être belle, et d’ailleurs elle l’est, mais alors pourquoi cette sensation de manque ? Pourquoi alors que tout va, Carlo se laisse attirer par une jeune blonde de dix-huit ans ? Et il n’est pas le seul, car autour de lui, ses amis, tous arrivant ou dépassant la trentaine, se posent des questions et remettent beaucoup de choses en question.

La trentaine, un âge bien spécifique dans la vie d’hommes et femmes et il est donc logique que comme pour d’autres âges beaucoup d’artistes si soient intéressés. On pourrait citer un nombre incalculable de films, séries et romans qui s’y sont arrêtés, au point qu’on a l’impression que tout a été fait. On a l’impression de connaitre par cœur cette époque et les sujets qu’elle apporte avec elle et s’il est vrai que beaucoup de vies vues sur le sujet ont tendance à décevoir ou alors à se noyer dans la masse, parfois, on trouve de petites perles comme celle-ci.

Beau, magnifique, sublime, subtil, plein de nuances, « Juste un baiser » est peut-être l’un des plus beaux films qui m’ait été donné de voir sur cette trentaine. Fragile et fort, tendre et puissant, pour son troisième long métrage, Gabriele Muccino nous offre un pur moment de cinéma. Un moment où se mélange rires et larmes, où se conjugue passé et avenir pour livrer un présent plein d’interrogations. Si dans les grandes lignes de ce film, il est vrai que les ficelles sont déjà connues (difficile de réinventer, tant tout a déjà été fait), Gabriele Muccino offre un souffle totalement inattendu à son récit, ce qui fait qu’on se retrouve emporté avec perte, fracas et légèreté au plus près des doutes, des amours et des envies de tous ces personnages superbes.

Doté d’une plume incroyable, « Juste un baiser » a cette facilité et cette simplicité d’aborder avec beaucoup de naturel et vérité des sujets qu’on connait déjà. L’avenir, l’arrivée d’un enfant, la peur d’un manque de liberté, la peur de l’engagement, la fuite, la jeunesse qui s’enfuit, l’amour, le travail, l’amitié, le couple à différents âges, la vie, la mort, et encore et toujours l’amour sous toutes ses formes, sous tous ses acquis, ses certitudes et ses doutes… Avec « Juste un baiser » (quel titre magnifique pour cette histoire), on passe deux heures incroyablement belles à vibrer pour ces personnages, tous plus beaux, justes et intéressants les uns que les autres.

Des personnages tenus par une bande d’acteurs talentueux (Stefano Accorsi, Giovanna Mezzogiorno (révélation !!!), Gorgio Pasotti, Pierfrancesco Favino, Stefania Sandrelli (incroyable tout ce qui est fait autour d’elle)) et habillés par une mise en scène incroyable, qui ira même jusqu’à l’épique. Oui, dans son romantisme, il y a un souffle épique qui se dégage de l’ensemble. De par cette mise en scène maîtrisée en tout point, « Juste un baiser » apparait comme un tourbillon, qui ne peut que nous emporter et nous engloutir en son centre. Centre qui sera le plus beau des finals, où le réalisateur mélangera toutes les émotions ressenties pendant son film.

Puis cette sensation de souffle épique est aussi amenée par la superbe BO signée Paolo Buonvino qui compose des notes nostalgiques, belles, et souvent puissantes habillant à la perfection les scènes, soulignant avec émotion ces personnages. Si le film est un très beau coup de cœur, sa Bo, à elle seule, l’est tout autant.

Vous l’aurez donc compris, « Juste un baiser » est un film magnifique qui se loge d’emblée dans ce que Gabriele Muccino a pu faire de plus beau. Ces deux heures sont aussi intenses qu’elles sont sensibles et ça fait du bien de vibrer comme ça.

Note : 17/20

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Par Cinéted

 

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