Joueurs – Les Jeux sont Faits

De : Marie Monge

Avec Tahar Rahim, Stacy Martin, Karim Leklou, Marie Denarnaud

Année : 2018

Pays : France

Genre : Thriller

Résumé :

Lorsqu’Ella rencontre Abel, sa vie bascule.
Dans le sillage de cet amant insaisissable, la jeune fille va découvrir le Paris cosmopolite et souterrain des cercles de jeux, où adrénaline et argent règnent.
D’abord un pari, leur histoire se transforme en une passion dévorante.

Avis :

Marie Monge est une jeune cinéaste française de trente et un ans, dont « Joueurs » est le premier film. Auparavant, elle a étudié le cinéma à la Nouvelle-Sorbonne. Elle a réalisé plusieurs courts-métrages, dont le dernier, « Marseille la nuit« , fait en 2012, lui a valu d’être nommée aux César du meilleur court-métrage.

Et donc après plusieurs années de silence, voici que Marie Monge présente son premier film, « Joueurs« . Autant le dire de suite, le sujet ne m’attirait pas plus que ça, tant on a déjà vu et revu ce genre de film qui aborde les addictions aux jeux d’argent sous couvert d’une histoire d’amour. Et si je suis allé le voir, c’est parce que j’aimais le duo d’acteurs que propose Marie Monge et je suis toujours curieux d’un premier film et cette fois-ci, j’ai bien fait puisque ce premier film est une jolie petite réussite. Perdu quelque part entre drame, romance, et une pointe de thriller, « Joueurs » offre une intrigue prenante, un bel esthétisme et un duo d’acteurs au top. Bref, si le film a aussi ses défauts, pour un premier essai, on n’en attendait pas autant, surtout avec un sujet rabâché comme celui-ci.

Le jour où Ella rencontre Abel, elle était loin de se douter que sa vie allait basculer. Jeune femme rangée, elle va découvrir auprès de ce charmeur le Paris des cercles de jeu. Un milieu dur, qui ne fait pas de cadeaux. Un milieu où l’adrénaline se confronte à l’excitation, la gagne et les déceptions…

Le souci avec les films qui abordent les jeux d’argent, c’est que bien souvent, ils ont tendance à emprunter les mêmes routes. Il est difficile de se faire surprendre avec ces histoires qui finissent par se ressembler et parfois même se confondre. Mais parfois, il y a des petits miracles, comme ce premier film qui, s’il emprunte allégrement les routes qu’on connaît déjà, il le fait avec du charme et l’on se laisse finalement prendre au jeu, si je puis dire.

« Joueurs« , vous l’aurez donc compris, est un film qui n’a rien d’incroyable dans ce qu’il va nous raconter. On peut même dire que c’est l’inverse, son intrigue est prévisible, on devine très vite les tenants et les aboutissants du film. « Joueurs » sera aussi un film qui usera des clichés, la jeune femme fragile qui succombe, le connard qui a son charme et qu’on n’arrive pas à détester et tout le milieu qui, s’il est bien décrit, demeure dans ses choix assez convenu et lisse.

Mais pourtant, malgré cela, ce « Joueurs » a quelque chose que bien des films sur les jeux d’argent n’ont pas ou n’ont plus, le charme et l’intrigue, car oui, une fois qu’on est pris dans cette intrigue, Marie Monge nous donne constamment envie d’aller plus loin.

Oui, ce premier film est bourré de charme et c’est avec un certain plaisir qu’on se laisse prendre au jeu et qu’on suit ce couple cliché dans les rues de Paris. Marie Monge utilise justement les clichés du genre, mais elle a l’intelligence de ne pas en faire trop et surtout de les habiller avec le charme fou de ce couple de cinéma. Il faut dire que pour son premier long-métrage, la réalisatrice s’est offert un casting de premier ordre. Stacy Martin est parfaite dans la peau de cette jeune femme amoureuse et tourmentée, quant à Tahar Rahim, il excelle dans la peau d’un personnage finalement bien plus complexe et riche qu’il ne le laisse paraître.

On ajoutera à cela un esthétisme de premier ordre. Doté d’une jolie photo, de couleurs vives qui donnent du cachet au film, tout comme cette superbe BO de Nicolas Becker (qui avait déjà composé celle d’Une prière avant l’aube) qui nous chatouille les oreilles et apporte quelque chose de plus grand, de plus romantique ou passionné, ou encore terrible quand il le faut.

« Joueurs » est donc une bonne surprise. On pourra toujours lui reprocher de ne pas avoir su jouer les cartes de la surprise. On pourra toujours lui reprocher d’être assez convenu et de ne pas trop prendre de risque. Mais au final, et c’est mon optimisme qui parle, « Joueurs« , de par le charme de ses acteurs, le charme de sa mise en scène, le charme de la description de cette dépendance au jeu, qui apparaît comme très juste, a su me conquérir et j’en ressors tout à fait satisfait. Oui, le film aurait pu être mieux, mais pour un premier film, il demeure un bon premier essai et on espère très vite découvrir un prochain métrage signé Marie Monge.

Note : 14/20

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Par Cinéted

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