octobre 28, 2020

Golem, Le Tueur de Londres

Titre Original : The Limehouse Golem

De : Juan Carlos Medina

Avec Bill Nighy, Olivia Cooke, Douglas Booth, Daniel Mays

Année: 2017

Pays: Angleterre

Genre: Horreur, Thriller

Résumé:

Londres, 1880. Une série de meurtres secouent le quartier malfamé de Limehouse. Selon la rumeur, ces crimes ne peuvent avoir été perpétrés que par le Golem, une créature des légendes hébraïques d’Europe centrale. Scotland Yard envoie Kildare, l’un de ses meilleurs détectives, pour tenter de résoudre l’affaire.

Avis :

Si les années 1880 du Londres victorien sont généralement indissociables de l’affaire Jack l’Éventreur, certaines fictions prennent pour cadre l’époque et le contexte afin d’étayer leur propre histoire. C’était déjà le cas avec le roman Whitechapel, cela se vérifie également avec Golem, le tueur de Londres. Malgré une progression assez lancinante, le livre de Peter Ackroyd présentait une reconstitution réaliste des bas-fonds de la capitale britannique, le tout hanté par une atmosphère d’exception. Remis sur le devant de la scène grâce à son adaptation cinématographique, cette dernière lui est-elle fidèle ou se contente-t-elle d’emprunter les grandes lignes narratives de son intrigue ?

Il est vrai qu’avec une telle histoire, la comparaison avec Jack l’Éventreur est presque incontournable. On a beau situer l’action à Limehouse au lieu de Whitechapel, se placer en 1880 et non en 1888, les quelques subterfuges disséminés çà et là ne font guère illusion. Le parallèle est évident, y compris dans les errances de l’enquête policière censée stopper les exactions du tueur en série. Cela ne passe pas par l’aveuglement ou l’incompétence des autorités, mais par la présence restrictive d’indices. Toute l’affaire et sa résolution tiennent à l’écriture du présumé criminel sur un livre de bibliothèque : De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts de Thomas de Quincey.

Ce choix s’avance surtout pour faire écho à la correspondance qu’entretenait Jack avec la police. Toujours est-il que cette occurrence peut paraître maigre. De manière linéaire, elle guide irrémédiablement l’inspecteur Kildare et son comparse vers une série de suspects. L’inculpation ou la disculpation se fera en fonction d’un test graphologique assez succinct. Petite touche d’originalité, celui-ci est illustré par une reconstitution des faits fantasmés pour tenter de donner corps aux hypothèses. Ce qui permet de revivre les différents crimes commis par le golem. Figure biblique qui trouve également une signification particulière en mettant sur la sellette les Juifs, tout comme pour L’Éventreur.

Mais en parallèle des investigations, l’intrigue s’attarde, parfois plus que de raison, sur le milieu du music-hall dans les bas-fonds londoniens. Ceux qui auront lu le livre ne seront pas surpris, car l’approche est similaire. Plus qu’une histoire secondaire, le procès de la jeune Lizzie Cree (une référence à Lizzie Borden et à ses crimes ?) est prétexte à de fréquents flashbacks. Il n’est pas toujours aisé de resituer la place des protagonistes et des suspects dans ce passé tumultueux, mais ce traitement a le mérite d’offrir un background cohérent avant et pendant les crimes. Si l’on peut reprocher d’être davantage plongé dans les souvenirs que dans le présent, l’alternance entre ces deux phases temporelles s’effectue avec fluidité.

La particularité du récit n’est pas d’empêcher les assassinats, puisqu’ils ont déjà été commis. Il s’agit plutôt de faire la lumière sur les événements. La tension et le suspense qui en découle proviennent surtout de l’épilogue du procès de Lizzie Cree ; terme qui sonne comme une condamnation à mort inéluctable. En ce qui concerne le dénouement, le livre offrait davantage le temps de la réflexion pour démêler le vrai du faux, à tout le moins la vérité des mensonges par omission. La trame reste assez proche de son pendant littéraire et conserve la petite surprise finale. Toutefois, cette dernière est mise en scène de manière un peu trop confuse. Le mobile et les motivations demeurent trop abstraits. Un côté évasif qu’on aurait aimé voir atténué par un peu de circonspection de la part des protagonistes.

Au final, Golem, le tueur de Londres est une adaptation assez fidèle du roman qui équilibre les deux pans de son enquête par le biais de la misère sociale et des crimes du tueur de Limehouse. Les références sont légion et l’atmosphère de la capitale britannique y est retranscrite avec justesse. La reconstitution ne met pas l’accent sur la classe supérieure, mais sur la pauvreté de l’East End. Malgré quelques choix narratifs discutables, l’intrigue demeure plaisante à suivre, tant son approche se veut méticuleuse dans la présentation des faits. Une rigueur qui lui fait néanmoins défaut lors de la conclusion. Un métrage de qualité qui, en termes d’ambiance, renvoie à From Hell ou à la série Ripper Street.

Note : 14/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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