octobre 31, 2020

Before I Wake

Titre Original : Before I Wake

De : Mike Flanagan

Avec Kate Bosworth, Thomas Jane, Jacob Tremblay, Annabeth Gish

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Un jeune couple adopte un petit garçon orphelin dont les rêves et cauchemars prennent vie chaque nuit, lorsqu’il dort.

Avis :

Parmi les maîtres de l’horreur, on cite souvent les plus anciens, voire carrément ceux qui sont décédés, ou alors on cite ceux qui ont un fort succès en salles ou dans le box-office à l’instar de James Wan s’il ne fallait en citer qu’un. Pourtant, certains réalisateurs font leur petit bonhomme de chemin dans le domaine de l’horreur sans pour autant attirer le monde ou les fans. Parmi les plus prolifiques, on peut aisément citer Mike Flanagan, qui commence à sortir du lot, même s’il continue à osciller entre films en salles et DTV ou VOD. Commençant sa carrière en 2011 avec le très mauvais Absentia, il va se faire connaître deux ans plus tard avec The Mirror (Oculus dans sa version originale) et l’histoire d’un miroir géant hanté. Derrière ça, il va fournir pas moins de trois films en une seule année, toujours dans l’horreur, mais dans des sous-genres différents. Tout d’abord avec Pas un Bruit, qui est un home invasion bien burné et plutôt plaisant, puis avec Ouija les Origines, préquelle au premier film Ouija et qui lui sera supérieur (en même temps, ce n’était pas trop dur), et enfin avec Ne t’Endors Pas, disponible sur Netflix qui est un film d’horreur plus fantastique et plus poétique. Par la suite, on lui trouvera Jessie, adapté de Stephen King et c’est lui qui sera en charge de Doctor Sleep, la suite de Shining. Bref, Mike Flanagan ne chôme pas, mais revenons à nos moutons.

Avec Before I Wake (oui, le titre original est plus classe), le réalisateur va se focaliser sur une histoire originale dont il signe le scénario. Il va mettre en scène un jeune garçon qui donne vie à ses rêves et ses cauchemars lorsqu’il s’endort. N’ayant plus de parents, il va se faire adopter par une famille qui essaye de faire le deuil de leur fils, noyé dans la baignoire. Laissant les photos de famille dans la maison, le petit Cody va poser des questions sur le passif de ses parents adoptifs et il va faire revivre en quelque sorte l’enfant défunt. Le problème, c’est qu’il est aussi hanté par un monstre qui enlève les vivants. Nous voilà donc devant un pitch assez intéressant, novateur, et qui va mettre un enfant dans une position délicate, celle de dormir et de risquer la vie de gens qui lui veulent du bien, ou alors se bourré de cachetons pour ne plus trouver le sommeil. Le film joue beaucoup sur la maturité du garçon et sa faculté à cacher sa malédiction. Le petit Jacob Tremblay joue de façon admirable et on se prend rapidement au jeu des micro-siestes qui s’imposent à l’école. A quelque part, on pense rapidement aux Griffes de la Nuit de Wes Craven, mais là, c’est un garçon qui invoque un démon malgré lui et on peut comprendre qu’il se sente mal dans sa peau.

Malheureusement, le film ne va pas se donner tous les moyens pour emballer le spectateur. Mike Flanagan utilise encore et toujours les mêmes codes à chaque film pour appuyer une empathie qui est déjà établie. En fait, il en fait des caisses pour que l’on ressente des choses avec ses personnages, mais à force de trop appuyer les traits, de trop expliquer, on finit par tourner en rond et le film perd en rythme. Ce sera vraiment le cas de Before I Wake qui aura bien du mal à avancer et à rentrer dans sa partie horrifique. Encore une fois, on nous expliquera la mort du petit, puis pourquoi la maman réagit comme ça, voulant voir chaque soir son enfant mort au détriment de celui qu’elle a adopté, etc… Il n’y a pas vraiment de surprise et le réalisateur continue à mettre des problèmes familiaux ou sociétaux dans ses métrages, comme si c’était une étape obligatoire, comme s’il fallait vraiment un drame pour susciter de l’horreur. Avec Absentia, c’était la disparition d’un proche, avec Pas un Bruit, on s’appuyait sur l’isolation d’une femme sourde et muette, ici, c’est la mort d’un enfant. Bref, ça ressasse beaucoup et ça n’innove pas trop, au risque de se répéter inlassablement. Et ce sera pareil dans la partie horreur. Il y a quelques bonnes idées, des moments plutôt intéressants avec de jolies apparitions en arrière-plan, mais ça ne sort pas de sa zone de confort.

D’autant plus que le film se veut poétique et lorgne un peu du côté de Quelques Minutes Après Minuit. Il y aura une histoire de deuil et de monstre, et Mike Flanagan essaye de poser une vision particulière pour donner du cachet à son métrage. Mais n’est pas Bayona ou Del Toro qui veut et la fin du film est très décevante. Encore une fois, on explore un monde étrange, mais qui ne fait pas peur, on comprend très vite les origines du monstre et la partie enquête menée par l’héroïne sera expédiée en moins de cinq minutes. Mettre des papillons ou des personnes dans des sortes de chrysalide ne suffit pas à créer un univers cohérent et beau. Le film manque vraiment de finesse, graphique d’une part, mais aussi narrative. La fin est expliquée, sur-expliquée, avec des images à l’appui et des explications qui n’étaient pas nécessaires. Et le plus choquant dans tout ça, c’est que des disparitions, il y en a, mais on dirait que tout le monde s’en fout à la fin du film. C’est assez étrange de baser son film sur l’empathie et le deuil, et de ne plus faire cas de cela sur la fin. Alors oui, bien évidemment le film se suit sans trop de souci, notamment grâce à la prestation des acteurs, comme Thomas Jane ou Kate Bosworth, mais ça reste très balisé et sans grande surprise. Et puis que dire des effets spéciaux numériques absolument ignobles, qui ne rendent pas du tout honneur à l’univers instauré et qui décrédibilisent le monstre qui aurait pu avoir une vraie nature forte.

Au final, Before I Wake est une semi-déception comme il peut être perçu comme une semi-réussite. L’histoire en elle-même est plutôt sympathique et les acteurs semblent pleinement investis dans leurs rôles, mais il manque de la finesse et de la poésie dans l’écriture et dans la mise en scène pour satisfaire pleinement. Le film explique trop, surcharge son récit d’empathie, cassant alors un rythme qui aurait dû être bien plus rapide. Bref, si Mike Flanagan ne se plante pas, il reste sur sa même ligne de conduite, ne surprenant pas et essayant de ressasser des thématiques qu’il aurait pu mieux exploiter.

Note : 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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