My Wonder Women

Titre Original : Professor Marston & The Wonder Woman

De: Angela Robinson

Avec Luke Evans, Bella Heathcote, Rebecca Hall, Connie Britton

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Biopic

Résumé:

Professeur de psychologie à Harvard dans les années 30, William Marston mène avec sa femme les recherches sur le détecteur de mensonges. Une étudiante devient leur assistante, et le couple s’éprend de la jeune femme. Un amour passionnel va les lier, et ces deux femmes deviennent pour Marston la source d’inspiration pour la création du personnage de Wonder Woman.

Avis:

« My Wonder Women » est le troisième film d’Angela Robinson, actrice, réalisatrice et productrice américaine. À quarante et un an, Angela Robinson livre-là son troisième film, mais ce n’est pas pour le grand écran qu’Angela Robinson a le plus officiée. Productrice sur des séries comme « The L World » ou encore « How to Get Away with Murder« , elle a aussi un joli palmarès pour la télévision, puisqu’elle a assuré les réalisations de plusieurs épisodes de séries telles que « The L World« , « Charlie’s Angels » (oui, il y a eu une nouvelle série en 2011…) ou encore « True Blood« .

Après treize ans d’absence sur les grands écrans, Angela Robinson est de retour avec un film qui s’éloigne des comédies potaches et ratées qu’elle a pu livrer par le passé. Après treize ans d’absence, voilà que la réalisatrice est de retour avec un film et un sujet intéressant, et même original. Alors que personne ne l’attendait, elle a décidé de nous raconter la vie tumultueuse de l’homme qui se trouve derrière le personnage culte de « Wonder Woman ». Encore un biopic me direz-vous, et un biopic qui surfe sur la vague des super-héros dont Hollywood nous abreuve tous les trois ou quatre mois depuis dix ans maintenant. Oui, c’est vrai, mais s’il est facile et à la mode de faire des biopics, ce n’est pas pour cela que le film d’Angela Robinson ne sera pas intéressant, ni même raté, car c’est bien le contraire qu’on trouve là. Beau, très touchant, et tout le temps intéressant, Angela Robinson livre ici une superbe histoire d’amour qui défie toutes les convenances.

Professeur de psychologie à Harvard dans les années 30, William Marston mène avec sa femme des recherches sur un possible détecteur de mensonges. Pour ses recherches, il engage l’une de ses étudiantes. Très vite, lui, comme sa femme, tombent amoureux de la jeune femme. Commence alors dans l’Amérique des années 30 une vie à trois. Une vie passionnelle et passionnée. Une vie audacieuse, pleine de découvertes et de liberté. Mais une vie aussi difficile, pleine de jugements. Et enfin, une vie qui amènera ce professeur d’université a créé un comics book irrévérencieux, « Wonder Woman ».

Mélange de biopic, de drame, et de critique, qui aborde le puritanisme d’une Amérique en contradiction, « My Wonder women » est de ces belles surprises qu’on n’attendait pas et qui méritent bien plus de lumière.

Doté d’un scénario très riche qui ose descendre dans la complexité de ses personnages, comme l’époque dans laquelle ils vivent, « My Wonder Women » est un film subtil, qui fascine, passionne et touche. Et c’est un film qui finalement prend le prétexte de « Wonder Woman », pour livrer cette histoire d’amour loin des sentiers battus. Peut-on aimer deux personnes en même temps ? Voilà le réel sujet de ce film et c’est sans juger ses personnages, l’époque et le regard des autres que la réalisatrice nous raconte avec romantisme, complexité et sans aucun tabou, cette rencontre et cette vie exceptionnelle.

Ce qui est beau avec ce film et cette histoire, c’est la trajectoire de cette relation quasi-fusionnelle. Une relation qui rencontrera plusieurs obstacles. Une relation loin d’être balisée, qui osera parler de manière inconditionnelle d’amour et de tous ses fantasmes (ici, on parlera de pratique SM, ou encore de bondage et ce qui est drôle dans un sens, c’est que par moment, le film est bien plus chaud tout en ne montrant pas grand-chose, qu’un « Cinquante Nuances de Grey » …). Puis à travers cette relation, Angela Robinson aborde l’homosexualité dans les années 30-50. Elle aborde la sexualité, elle aborde la condition des femmes (Rebecca Hall, qui ne peut passer son diplôme à Harvard par exemple). La réalisatrice parle aussi et évidemment du regard des autres et le poids écrasant que ce dernier peut avoir, d’autant plus à cette époque-là. « My Wonder Women« , c’est aussi un film qui analyse bien cette Amérique en totale contradiction, fascinée et dégoûtée à la fois par le personnage polémique créé par le professeur William Marston.

Si Angela Robinson réussit dans ce qu’elle nous raconte, elle réussit tout autant dans comment elle nous le raconte. Le film est doté d’une photographie merveilleuse et d’une mise en scène qui frôle la poésie à plus d’un moment, osant nous faire entrer dans la « bulle » de ses personnages. On ajoutera à cela une superbe reconstitution, des plans sublimes qui apportent parfois de vrais moments de grâce, voire de fantasmes. Et enfin un trio d’acteurs, Luke Evans, Rebecca Hall, Bella Heathcote, tous très bien dirigés, excellents dans la peau de ces personnages qu’on croirait écrits pour eux.

Bref, « My Wonder Women« , dans ce qu’il raconte, dans ce qu’il nous apprend, dans ce qu’il « dénonce », et dans sa façon de nous raconter cette vie, est un bon et beau film qui mérite bien plus que trois petites salles. C’est donc évidemment un film à voir, et l’on espère maintenant qu’avec ce superbe virage emprunté, Angela Robinson nous concoctera d’autres merveilles comme celle-ci à l’avenir.

Note : 16/20

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Par Cinéted

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