Les Indestructibles 2 – Ma Vie de Super Famille

Titre Original : The Incredibles 2

De : Brad Bird

Avec les Voix de Craig T. Nelson, Holly Hunter, Sarah Vowell, Brad Bird

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Notre famille de super-héros préférée est de retour! Cette fois c’est Hélène qui se retrouve sur le devant de la scène laissant à Bob le soin de mener à bien les mille et une missions de la vie quotidienne et de s’occuper de Violette, Flèche et de bébé Jack-Jack. C’est un changement de rythme difficile pour la famille d’autant que personne ne mesure réellement l’étendue des incroyables pouvoirs du petit dernier… Lorsqu’un nouvel ennemi fait surface, la famille et Frozone vont devoir s’allier comme jamais pour déjouer son plan machiavélique.

Avis :

Quatorze ans après le premier opus, Brad Bird remet enfin le couvert avec Les Indestructibles 2. Disney et Pixar sont enfin parvenus à concrétiser cette suite, longtemps teasée. Pour éviter toute inquiétude inutile il est bon de préciser que cette suite est à la hauteur du premier opus.

Deux axes scénaristiques distincts

Cette suite reprend directement après la conclusion du premier opus. On retrouve donc la famille Indestructible aux prises avec le dangereux Démolisseur. Une séquence qui suit directement les évènements du premier film, qui sert davantage d’introduction que de véritable mise en place des enjeux. Bref, après quelques combats, le méchant disparait (et ne réapparait pas dans le film) et les Indestructibles doivent raccrocher le costume (encore). Mais une organisation (encore) veut réhabiliter les super-héros (encore). L’intérêt de Les Indestructibles 2 ce sont ses deux axes scénaristiques. Cette fois, c’est Elastic Girl qui est sur le terrain et Mr Indestructible qui reste à la maison. Une inversion des rôles dans l’air du temps qui offre quelques situations comiques grandioses. La trame centrée sur Mr Indestructible est portée sur l’humour tandis que les tribulations de Elastic Girl sont centrées davantage sur l’action.

Si l’intrigue de Elastic Girl n’est pas passionnante, en tout cas en manque d’originalité, celle sur Mr Indestructible est hilarante. Elastic Girl est confrontée à un complot sombre, à un antagoniste intéressant et à des trains qui déraillent. Si les scènes d’actions sont renversantes de beauté et de fluidité, l’histoire et les situations sont réchauffées. Elle se retrouve aux prises avec un hacker puissant et talentueux, histoire d’ancrer les thématiques dans l’air du temps. L’Hypnotiseur, caché sous un masque militaire sobre a de quoi susciter l’intérêt. Avec un discours antisystème passionnant, cet antagoniste s’oppose aux mœurs de sa société et met en avant l’asservissement du peuple. Malheureusement, comme souvent, quand le masque tombe et que la véritable identité est dévoilée, une once de déception est inévitable. C’est l’effet produit quand un mystère est résolu. Bref, la trame de Elastic Gril prône l’indépendance de la femme, mais concrètement, à part cet antagoniste, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Une superbe séquence en moto, une énième scène de train pour créer une résonnance avec le premier opus (mais du coup également avec la moitié des films de super-héros, ce qui crée un manque de renouvèlement) et une séquence finale qui permet la traditionnelle réunification de la famille.

C’est finalement la trame sur Mr Indestructible la plus intéressante. Brad Bird caricature la représentation masculine au sein du cocon familial. Il dépeint l’impuissance de l’homme dans l’éducation des enfants et met à l’honneur la patience et la compréhension féminine. Brad Bird met donc en scène un Mr Indestructible au bout du rouleau, surtout à cause du cadet de la famille : Jack Jack. Ce dernier est davantage développé que dans le premier opus. On en apprend davantage sur ses pouvoirs, et sur sa puissance sans limite. Il va faire tourner en bourrique son père avec des situations toutes plus hilarantes les unes que les autres. Un personnage en pleine évolution qui mérite encore du développement.

Une suite dans l’air du temps

La force du premier film était sa capacité à jouer avec les codes du super-héros et de les adapter dans un univers d’animation Pixar. Finalement, Les Indestructibles était bien un des premiers films de super-héros original. Brad Bird devait innover pour la suite. Evidemment il surfe sur la vague des changements hollywoodiens. Avec Black Panther et Wonder Woman, les cinéastes ont prouvé que des films centrés sur des minorités ethniques ou sur les femmes fonctionnent à merveille. Brad Bird inverse donc les rapports de force et met Elastic Girl sur le devant de la scène. Girl Power. Il choisit également un méchant ancré dans des thématiques informatiques, d’écran et de capitalisation. Ensuite il décide de choisir un scénario pessimiste. Comme le comics Marvel Civil War ou Watchmen de Zack Snyder, les super-héros sont des figures déchues, que l’on aime rouler dans la boue. Comme dans le film de Snyder, l’équipe doit se reformer, et renaître de ses cendres. Une thématique classique dans l’univers super-héroïque mais toujours aussi passionnante, qui permet de questionner la place des super-héros dans notre société. Frozone et Edna sont heureusement de retour, mais Brad Bird décide d’introduire de nouveaux personnages. Une équipe super-héroïque plus large pour coller à l’air des Avengers et Justice League. Prévisible, d’autant que ces personnages secondaires ne sont pas forcément exploités.

On regrettera également quelques enjeux simplistes. Finalement, le suspense peine à se mettre en place et le dénouement, de même que le retournement de situation, sont très prévisibles. Les ressorts émotionnels sont également relativement pauvres. La grande force des productions Pixar c’est la sensibilité insérée dans leurs œuvres (Wall-e et Là-Haut en tête). Si ce n’est la morale éculée sur la notion de famille, Les Indestructibles 2 n’offre pas de grands ressorts émotionnels. Il n’empêche que le rythme de cette suite est tonitruant, que le souffle ne retombe jamais et que l’animation est superbe. Un joyeux moment d’animation.

Finalement cette suite ne manque pas de respect à l’original. Quatorze ans plus tard, Brad Bird n’a pas perdu la main et offre une suite très honorable, divertissante et rythmée. De quoi remémorer nos souvenirs et nous apporter une joyeuse dose de nostalgie.

Note : 16/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Aubin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net