septembre 24, 2020

Peaky Blinders Saison 4

D’Après une Idée de : Steven Knight

Avec Cillian Murphy, Helen McCrory, Paul Anderson, Adrien Brody

Pays: Angleterre

Genre: Historique

Nombre d’Episodes: 6

Résumé:

En 1919, à Birmingham, soldats, révolutionnaires politiques et criminels combattent pour se faire une place dans le paysage industriel de l’après-Guerre. Le Parlement s’attend à une violente révolte, et Winston Churchill mobilise des forces spéciales pour contenir les menaces. La famille Shelby compte parmi les membres les plus redoutables. Surnommés les « Peaky Blinders » par rapport à leur utilisation de lames de rasoir cachées dans leurs casquettes, ils tirent principalement leur argent de paris et de vol. Tommy Shelby, le plus dangereux de tous, va devoir faire face à l’arrivée de Campbell, un impitoyable chef de la police qui a pour mission de nettoyer la ville. Ne doit-il pas se méfier tout autant la ravissante Grace Burgess ? Fraîchement installée dans le voisinage, celle-ci semble cacher un mystérieux passé et un dangereux secret.

Avis:

Certaines séries font plus de bruit que d’autres, et en général c’est plutôt bon signe. Sauf lorsque c’est pour dire que la série n’est pas renouvelée alors qu’elle connait un gros succès. Mais globalement, quand on annonce un renouvellement, qui plus est de plusieurs saisons, c’est que la série en question se porte bien. Encore faut-il que la relance soit justifiée, notamment d’un point de vue du scénario, à savoir s’il reste des choses à dire. Et quand Peaky Blinders se fait renouveler pour trois saison de plus, on reste un peu dubitatif, non pas que la qualité intrinsèque de la série, mais plutôt sur ce qu’il va y avoir à raconter. Car cette quatrième saison, qui aurait pu être la dernière, demeure d’excellente facture et pourrait se poser comme une clôture définitive à la saga. Mais les producteurs en ont pensé autrement et on va encore bouffer du Peaky Blinders pendant au moins trois ans. Est-ce une mauvaise chose ? Certainement pas, surtout si c’est pour avoir une aussi bonne qualité que cette dernière saison en date.

Pour de nombreux fans, la quatrième saison est un peu celle de trop. Non pas qu’elle soit complètement ratée, mais pour beaucoup il y a deux éléments qui font qu’elle reste en demi-teinte. Tout d’abord, la fin est un peu longue et abracadabrantesque. Le twist de fin joue sur la vie d’un personnage récurrent et important, et c’est un peu facile de faire ainsi. Cependant, là où certains y trouvent de la facilité, cela permet de renouer avec la nature violente dudit personnage. Il y a une évolution assez logique, avec en début de saison un protagoniste en dedans, presque timide, vieillissant, et grâce à ce coup monté, il va retrouver de la vigueur, il va trouver une deuxième jeunesse, montrant que le naturel n’est jamais parti. Alors bien évidemment, cela manque peut-être un peu de subtilité de la part des scénaristes, mais ça reste efficace et assez rondement mené. La deuxième chose qui tracasse visiblement les fans, c’est la prestation exagérée d’Adrien Brody, qui joue un parrain de la mafia italienne, voulant à tout prix se venger de Tommy Shelby pour la mort de son père. Alors oui, l’acteur est constamment dans l’excès, mais il faut comprendre que cela fait partie du personnage. Luca Changretti est un italien pure souche qui parle avec les mains, qui se noie dans la suffisance et qui aime montrer qu’il est au-dessus de tout le monde. En un sens, Adrien Brody donne corps à ce personnage caricatural qui fait qu’immédiatement, on le déteste, donnant plus d’empathie pour la famille Shelby.

Outre ces défauts qui semblent être des qualités, cette quatrième saison s’avère être bien meilleure que la précédente. Premièrement parce que le coup des russes sentait un peu le réchauffé, comme une histoire à part dans la famille et qui ne fait évoluer personne, si ce n’est le dernier épisode. Avec cette quatrième saison, on retrouve des conflits familiaux, des moments de guérilla urbaine et une vraie évolution entre les différents protagonistes. Polly semble de plus en plus froide, renouant petit à petit avec ses racines de gitane et prétendant voir des fantômes. Arthur, qui se ramollit en début de saison, redevient le même qu’au départ. Tommy, qui se coupe de sa famille retrouve sa place de leader. Bref, tout ce petit monde retrouve ses pénates, mais surtout va évoluer dans le bon sens, avec une logique implacable. On trouvera aussi un message avec intéressant sur la place de la femme dans la société anglaise durant cette époque. Il y a un vraie élan « girl power » sur cette saison et cela fait plaisir à voir, car même la femme d’Arthur, au départ grenouille de bénitier, devient une femme fatale qui sait manier sa langue et son arrière-train. Enfin, on peut aussi retrouver certains aspects historiques intéressants, comme la crise industrielle qui se fait de plus en plus prégnante et qui menace de faire perdre de l’argent à la famille Shelby.

Enfin, la série continue son petit bonhomme de chemin d’un point de vue réalisation. C’est bien simple, tout est beau dans cette série et cette quatrième saison ne déroge pas à la règle. Comme elle est un peu plus tendue que la précédente, cette saison va avoir plus de plans assez nerveux, avec des caméras proches des personnages lors de fusillades intenses, comme ce moment où le héros est poursuivi par plusieurs tueurs italiens. Mais elle va aussi savoir se faire plus classique, avec de beaux plans larges et des décors rappelant la première saison, avec le quartier de Small Heath, qui semble totalement immuable. Le seul défaut que l’on pourrait trouver à cette saison, c’est que finalement, elle ressemble un peu aux autres dans son déroulement, ne réservant que peu de surprises sur le déroulement et la finalité de la franchise. On va voir un Tommy Shelby en grande difficulté, puis qui va trouver une solution qui ne sera révélée qu’à la toute fin du métrage, et ce mécanisme commence à être un poil érodé, surtout si on enchaine toutes les saisons d’un coup.

Au final, la quatrième saison de Peaky Blinders est une vraie réussite. Se voulant plus violente que la précédente et renouant avec ce qui fait le charme de la série, à savoir la famille face à une menace commune, le showrunner arrive à redonner du flamboyant à une série qui commençait un peu à peiner malgré une qualité relativement élevée. Reste maintenant à savoir ce que vont donner les trois saisons supplémentaires et ce qu’elles vont raconter, espérant qu’elles soient toujours aussi intéressantes et cohérentes avec l’évolution des personnages.

Note : 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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