Freaks of Nature

De : Robbie Pickering

Avec Nicholas Braun, Mackenzie Davis, Vanessa Hudgens, Josh Fadem

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

Les vampires, les humains et les zombies ont pris l’habitude de vivre ensemble à Dillford, petite ville américaine. C’est alors qu’arrivent les aliens. Trois adolescents vont essayer de remettre les choses en ordre.

Avis :

Faire un film avec des monstres n’est pas une chose aisée, car si l’on prend individuellement chaque espèce, vampires, zombies, loups-garous, fantômes, extraterrestres, etc…, tout ou presque a déjà été fait. Du coup, pour se renouveler, il faut soit avoir une idée géniale et novatrice, soit réussir à avoir une mise en scène qui claque et qui met le monstre dans une position plus ou moins inédite. Longtemps dans les tiroirs de Hollywood, Freaks of Nature faisait partie de cette liste de scénario qui promettait beaucoup, mais qui était à risque pour le porte-monnaie des producteurs. De ce fait, personne ne voulait faire ce film, personne n’avait envie de jouer sa carrière sur cette histoire, pas même Jonah Hill qui fut pendant un temps pressenti pour être derrière la caméra. Il faut dire qu’allier zombies, vampires, humains et aliens au sein d’un même film, vivant en presque harmonie, ça tenait plus du suicide artistique que du véritable chef-d’œuvre. Et pourtant… Il aura fallu attendre l’arrivée de Robbie Pickering, inconnu au bataillon et à l’époque réalisateur d’un seul film inédit chez nous, Natural Selection, pour que Freaks of Nature prenne forme et allie de façon très agréable comédie et horreur.

Le film pose d’entrée de jeu sa tonalité. Un plan large, une nuit peu éclairée, des cris d’horreur, puis un jeune couple qui fuit une horde de monstres. C’est alors que s’enclenche une voix-off, celle du héros, qui repart en arrière pour expliquer cette introduction pour le moins percutante. C’est à partir de là que nous allons apprendre que Dillford n’est pas seulement la film du ribs, mais aussi celle des monstres, puisque vampires, humains et zombies vivent en presque harmonie dans ce bled. Le sang se retrouve à la cantine ou au supermarché, les vampires se trimballe le jour grâce à de la crème solaire, les zombies sont contrôlés par des colliers électronique et ils se nourrissent grâce à du cerveau en conserve. Bref, tout le monde semble vivre paisiblement, sauf que certaines espèces semblent plus dominantes que d’autres, comme les vampires. Parmi tout ce petit monde, nous allons suivre un humain, une jeune fille qui vient de devenir vampire, et un intello, fâché avec ses parents, qui décide de devenir un zombie. Lorsque des aliens débarquent, ce trio de choc va tout faire pour les arrêter et ainsi sauver Dillford.

Quand on lit le pitch, on pourrait croire que rien, absolument rien ne peut fonctionner dans ce métrage. Ce ne sera pourtant pas le cas, car le parti pris de tourner tout cela en dérision, dès le départ, permet alors d’accepter certaines incohérences scénaristiques (qui a envie de devenir un zombie dans cette société) et rentrer dans ce film dont l’humour, parfois un peu pataud, fait souvent mouche. L’univers est peut-être à peine esquissé dans cette histoire, tout cela manque clairement de background, mais il y a suffisamment d’indices dans le métrage pour que l’on comprenne que chacun vit sa petite vie en osmose et que certains font des efforts pour ne pas bouffer les autres. C’est relativement bien fait, et cela va donner lieu à des situations parfois très cocasses. Car c’est bien là le plus important, les situations humoristiques marchent et montrent que tout le film est assez réfléchi pour faire dans le grand guignol, le débile ou encore le gag visuel. Prenons un exemple tout simple, le zombie est vraiment à mourir de rire, que ce soit dans sa démarche, sa dégaine, ou encore sa maladresse. Certains passages sont même très drôles, surtout chez les zombies à cause de leur lenteur et leur mutisme, mais globalement, on se marre et on évite de justesse les grossièretés sir chères à la comédie américaine pour adolescents.

Car oui, de comédie pour teenagers il est question ici, même si certains éléments gores sont très présents et que le physique de Vanessa Hudgens est à tomber par terre. D’ailleurs, il y aura une réplique dans le film qui la décrira parfaitement, je cite : « elle a le corps d’une actrice porno ». Mais outre les appesantissements sur le sexe et le fait de ne pas mourir puceau (l’une des obsessions du héros), le film essaye de livrer un message assez intéressant sur l’humanité dans sa globalité. En effet, si c’est fait avec de gros sabots, on ne peut que voir une allégorie au racisme et à notre incapacité à vivre ensemble, à s’accepter malgré nos différences raciales ou culturelles. Freaks of Nature évoque cela de manière un peu simpliste, mais utilise le monstre à bon escient, nous interpellant sur ce que nous sommes réellement et de quelle manière on peut devenir meilleur. Il faudra donc attendre l’arrivée d’une grosse menace et une solution pour l’éradiquer pour qu’enfin tout le monde travaille main dans la main. Encore une fois, c’est un poil facile, mais le monstre n’est pas une menace ici, même ceux qui nous semblent méchants, et il est utilisé de façon intéressante et intelligente pour finalement faire réfléchir sur l’humanité et l’humanisme.

Le principal défaut du film, c’est son côté cheap et complètement fauché. Certains effets spéciaux numériques sont clairement dégueulasses, comme le design des aliens par exemple et il arrive que certaines situations soient relativement nulles. Rien de bien méchant, mais certains effets tombent à plat et parfois, l’humour est un peu douteux, notamment dès qu’il aborde le sexe ou encore l’éducation des parents, entre ceux qui sont baba cool et ceux qui pourraient se comparer à Trump, ne vantant que les mérites du sport et non de l’éducation. Freaks of Nature est imparfait, mais le réalisateur le sait et essaye malgré tout de trouver des idées intéressantes pour rehausser des moments un peu plus gênants. Enfin, il est important de parler quelques secondes des acteurs, puisqu’ils sont tous bons, notamment le méconnu Josh Fadem qui campe un zombie hilarant ou encore Nicholas Braun qui joue un jeune homme fumeur de weed qui doit accepter son sort de leader pour combattre la menace extraterrestre. Il n’y a pas vraiment de miscast, hormis peut-être Denis Leary qui surjoue un peu en homme d’affaires véreux et complètement con.

Au final, Freaks of Nature est plutôt une bonne surprise, car malgré son sujet casse-gueule et son côté parodique débridé, le film est une petite réussite, ou tout du moins un moment pas désagréable et qui utilise le monstre à bon escient. Sans être incroyable, il s’agit-là d’un petit film qui se défend, fait avec les moyens du bord et se veut honnête dans son intention et le message qu’il porte envers l’humanité. Bref, une comédie horrifique loin d’être débile, qui s’assume complètement et qui aurait pu bénéficier d’une meilleure visibilité.

Note : 14/20

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Par AqME

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