Adagio – Life

Avis :

Quand on évoque le métal français, on pense immédiatement à des groupes de Hard Rock comme Lofofora ou Mass Hystéria, ou bien à du punk comme par exemple Tagada Jones. Et on pourrait croire que la France ne produit que ce genre de « métal » car ce sont les genres les plus vendeurs et qui ont le plus de succès dans notre beau pays. Pourtant, on peut retrouver plusieurs formations qui vont du Heavy, du Death, du Black, et même du Power ou du Sympho, sans que cela ne soit trop mis en avant, et c’est bien dommage. Prenons par exemple Adagio, formation montpelliéraine qui a vu le jour en 1997 autour du guitariste Stéphane Forté. Sortant leur premier album en 2001 avec Sanctus Ignis, la formation commence à se faire un petit nom, notamment grâce à des compositions longues et complexes et surtout un savant mélange de Power et de Symphonique, chose très rare en France. Malheureusement, le groupe va connaître quelques difficultés par la suite, et notamment des changements intempestifs de line-up à quasiment chaque album. Aujourd’hui, il ne reste plus que trois membres essentiels du groupe, Stéphane Forté, bien évidemment, à la guitare, Franck Hermanny à la basse et Kevin Codfert aux claviers. Avec Life, le groupe sort son cinquième album, qui survient huit ans après le précédent, un long temps d’attente, mais pour un gros retour en force.

Le groupe commence très fort avec le premier titre de l’album. Life est un long morceau qui dépasse les neuf minutes et qui ne suscite aucun ennui. Débutant par une introduction classique, lyrique, grandiloquente, le groupe enchaine ensuite avec des riffs lourds et vifs, proche du Djent, montrant ainsi son appartenance à aucun style et montrant une véritable identité personnelle. Durant le titre, on passera donc par différents stades, comme les moments plus lourds, les moments plus aériens, la rupture aux claviers ou encore un solo de gratte absolument monstrueux. En ouvrant son album de cette manière, le groupe montre sa volonté de taper fort dès le départ. Et ce n’est pas avec The Ladder que le groupe montre une quelconque faiblesse. Là aussi, le titre est long, plus de six minutes, mais il montre une réelle différence avec le premier morceau. Le début est plus rapide, les claviers sont plus présents et font presque office d’artifices électroniques, mais l’ensemble s’emballe assez bien et on se retrouve, lors du couplet, dans un pur titre Power avec une ambiance un peu dark qui n’est pas pour déplaire. C’est relativement bien construit, et ça donne vite envie de bouger la tête dans tous les sens. Le summum viendra tout de même avec le troisième titre, Subrahmanya. Un morceau vraiment bien construit, avec une longue introduction qui rappelle les musiques indiennes (de l’Inde) puis qui se lâche complètement dans une rythmique Djent à tomber par terre, avec une rapidité d’exécution incroyable, avant d’enclencher la troisième en mélangeant les deux styles dans une osmose fabuleuse. Sans conteste l’un des meilleurs titres de l’album.

Néanmoins, l’album n’est pas dénué de moments de faiblesses, ou tout du moins, de moments beaucoup moins marquants. Premièrement, en neuf titres, on peut croire que le groupe ne fait pas dans la générosité, mais les morceaux sont tellement longs que cela peut se comprendre. Cependant, en si peu de morceaux, il ne faut pas se planter sur un seul, car cela risque rapidement de se faire entendre. Et c’est un peu le cas avec par exemple The Grand Spirit Voyage, un titre qui fait office de mid-tempo au sein de l’album et qui ne marquera pas les esprits, la faute à des passages beaucoup trop génériques et une absence de rupture digne de ce nom. On peut aussi évoquer Darkness Machine, qui est un bon titre, mais qui n’est pas assez incisif par rapport à d’autres titres de l’album. Deuxièmement, on a parfois l’impression que le groupe se repose un peu sur ses lauriers, notamment avec un cahier des charges qui semblent préétabli, comme avec cette ballade qui survient sur l’avant-dernière piste. Trippin’ Away est un très joli morceau, surtout dans son début, mais c’est aussi un titre qui peut passer à la trappe car il manque d’accroches hormis son très joli début qui calme et montre que le groupe est capable de poser des mélodies moins rapides. Le titre aurait gagné à être aussi posé tout du long. Enfin, et c’est malheureux, mais en affichant peu de titres et si longs, l’album manque peut-être de moments vraiment accrocheurs, de mélodies qui restent dans la tête après plusieurs écoutes, ce qui n’est pas vraiment le cas ici, car tout est dense, peut-être trop.

Au final, Life, le dernier album d’Adagio, groupe français (il est bon de le rappeler) de Power/Sympho, est une belle réussite. Si on peut reprocher à l’album d’être parfois trop long à cause de compos denses et très riches, on ne peut renier tout le talent de ce groupe qui renoue avec le succès huit ans après son précédent album. Imparfait, certes, mais d’une qualité technique indéniable et d’une puissance impressionnante. Il est juste dommage que le groupe de Stéphane Forté ne bénéficie pas d’une visibilité plus grande, au moins autant que son talent.

  1. Life
  2. The Ladder
  3. Subrahmanya
  4. The Grand Spirit Voyage
  5. Darkness Machine
  6. I’ll Possess You
  7. Secluded Within Myself
  8. Trippin’ Away
  9. Torn

Note : 16/20

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Par AqME

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