The Violent Kind

De : The Butchers Brothers

Avec Cory Knauf, Taylor Cole, Bret Roberts, Christina Prousalis

Année : 2010

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Il était une fois une bande de Teddy Boys. Adeptes de violence, hors du temps et sauvages. Par une nuit étoilée, ils marchent dans la forêt jusqu’à un beau chalet où la musique bastonne. La tentation est grande d’y élire résidence… Seulement voilà, la maison est déjà occupée : C’est le gang de Cody, tous bikers, tous armés. Nos jeunes Rockabilly, par la fête attirés, s’engouffrent dans le chalet pour une danse d’un genre particulier…
Le spectacle peut commencer !

Avis :

Certains festivals sont des valeurs sûres quand il faut faire de la pub à un film de genre. Sauf que parfois, c’est tout le contraire. Entre les accointances avec le jury, la volonté de promouvoir un cinéma issu d’un certain pays (comme Evolution à Gerardmer, palme du prix le plus incompréhensible de l’histoire du cinéma) ou encore cette capacité à aimer des films longs et globalement chiants, les films primés lors de festivals comme Sundance, Gerardmer ou encore Sitges ne sont pas forcément de gros coups de cœur pour le public. Mais visiblement c’est vendeur, puisque sur chaque film ayant une petite victoire, parfois même juste une sélection, cela se doit d’être marqué sur la pochette du DVD, comme un immense faire-valoir. Et ce n’est pas souvent le cas, à un tel point que certains amateurs de bis se méfient désormais que tous ces prix. Comme peut le prouver The Violent Kind des Butchers Brothers, un film d’horreur qui se veut être un croisement entre Rob Zombie et David Lynch, mais qui ne sera qu’un mauvais film de plus qui se touche la nouille en espérant perdre le spectateur.

Dès le début du film, on va se rendre compte d’une chose, le manque de budget. Outre le fait que le film soit sorti en 2010 outre-Atlantique, c’est relativement mal filmé et il y a un grain sur l’image qui fait que cela vieillit mal. Mais si la qualité du DVD laisse à désirer, c’est clairement la mise en scène qui pêche grandement. Entre une caméra qui bouge tout le temps, des scènes de dialogue relativement improbable et un miscast dès le départ pour présenter de jeunes bikers violents mais qui ont des gueules de bisounours, on reste vraiment sur notre faim avec ce film. D’autant que dès le départ, les défauts vont nous sauter au visage, avec une bagarre, une scène de sexe et un départ précipité pour un anniversaire dans un coin paumé. Cette introduction, qui se base sur un côté un peu à l’arrache pour présenter son générique, se veut rock n’roll et incisive, montrant d’emblée un style « cool » et déjanté, mais qui ne prendra jamais, justement à cause de sa non spontanéité. Et la suite sera du même acabit, les deux metteurs en scène semblant incapables de créer une atmosphère angoissante, ou festive au début, et n’arrivant jamais à vraiment créer de l’angoisse.

Parce que The Violent Kind, derrière ses atours de film d’auteur, se veut un film d’horreur et donc doit créer une atmosphère particulière afin de faire peur au spectateur. Là aussi, ce sera complètement raté, malgré quelques partis pris intéressants. Le film va partir dans tous les sens assez rapidement pour perdre le spectateur qui ne saura jamais sur quel pied danser. Film de possession démoniaque ? Film avec des amis tarés ? Film sur des extraterrestres ? Les cinéastes ne choisissent pas et proposent donc un mélange de tout ça dans quelque chose d’indigeste et qui n’est absolument pas malsain. Forcément, en brassant tous les genres sans jamais rien expliqué, sauf sur la fin, il faut une réalisation léchée et des personnages empathiques, ce qui sera loin d’être le cas ici. Déjà, la réalisation est bâclée, mais surtout, hormis quelques séquences gores, on n’a pas grand-chose de convaincant à se mettre sous la dent. Des personnages reviennent à la vie, d’autres sont des profiteurs de première qui seront châtiés, certains moments d’angoisse sont coupés au meilleur moment, bref, rien n’est vraiment fait pour mettre le spectateur dans une situation qui met mal à l’aise. Et c’était pourtant la chose la plus facile à faire avec un budget riquiqui, à savoir imposer une ambiance lourde au détriment de quelques effets gores putassiers.

Malheureusement pour nous, ce sera sensiblement la même chose avec les acteurs et surtout les personnages qu’ils incarnent. Il sera bien impossible de ressentir la moindre émotion pour qui que ce soit. Le « héros » du film est un petit jeune qui a déjà fait de la taule, aime se battre et même s’il semble plus sensible que les autres, n’a aucun moment pour le montrer. Au niveau des bikers, on aura droit à un gros salopard de première qui veut profiter d’une fille blessée et un autre qui se la joue gros dur mais qui est prêt à abandonner tout le monde pour sauver sa peau. C’est assez triste de voir cela et annihile tout effet d’empathie pour qui que ce soit. Et ce ne sera pas le cas des filles qui améliorera quoi que ce soit, entre une Marie couche toi là et une sainte Nitouche désobligeante. Alors il reste les « méchants », ces espèces de Teddy Boys au style rockabilly qui en font des caisses pour exister, mais qui ne trouveront pas forcément grâce à nos yeux, arrivant trop tardivement, et étant constamment dans un surjeu pénible. Alors cela créé bien évidemment de la tension, car ces personnages sont un peu fous, mais il y a une manière plus fine pour jouer cela. Si on ajoute à cela un scénario alambiqué pour rien avec de la nudité gratuite et une fin qui digne des plus grands nanars, il est complexe de trouver des points positifs à The Violent Kind.

Au final, The Violent Kind ne mérite absolument pas son statut de film primé à des festivals. Enfin si, il peut le mériter, tout dépend de comment on peut voir les films primés dans des festivals de cinéma de genre. Quoiqu’il en soit, nous faisons face ici à un film grossier, mal filmé, avec une intrigue qui mélange plusieurs choses sans aucun rapport et qui ne tente même pas de donner de l’épaisseur à son propos, laissant le spectateur devant un film qui se veut premier degré, mais qui aurait dû être au quinzième degré, comme Freaks of Nature par exemple, qui fait lui le choix de la comédie. Bref, The Violent Kind n’est pas bon.

Note : 06/20

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Par AqME

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