octobre 24, 2020

Road House

De : Rowdy Herrington

Avec Patrick Swayze, Kelly Lynch, Sam Elliott, Ben Gazzara

Année: 1990

Pays: Etats-Unis

Genre: Action

Résumé:

Dalton a toutes les qualifications requises pour avoir un boulot stable et une vie tranquille, mais il préfère vivre sa vie. Voilà pourquoi il se retrouve vigile au Double Deuce, un bar de Jasper. Lors de sa première nuit de travail, il est blessé, mais aussitôt recueilli et soigné par Elizabeth Clay, une jeune et belle doctoresse. Malheureusement, Brad Wesley, qui règne en maître sur le crime à Jasper, est intéressé par la jeune femme…

Avis:

Certains films sont injustement boudés à leur sortie. Et quand ils ne sont pas boudés, ils sont alors descendus en flèche par les critiques, leurs donnant des intentions qu’ils n’ont pas et se retrouvent moqués par toute une presse qui se veut être une sorte d’intelligentsia avec le monopole du bon goût. Fort heureusement, le temps ne fait pas qu’abîmer certaines œuvres, et de temps à autre, on se retrouve avec des films qui vieillissent plutôt bien et qui se retrouvent réhabilités. En 1990, lors que Road House sort sur les écrans, c’est un peu la panique car rapidement, le film va être nommé quatre fois aux Razzie pour pire acteur, pire actrice, pire second rôle et pire réalisation. Un abattage médiatique répugnant pour un film qui ne veut pas péter plus haut que son cul et qui offre ce que l’on était en droit de venir chercher, à savoir un film d’action manichéen avec des personnages empathiques. Fort heureusement, aujourd’hui Road House bénéficie d’une belle côté de popularité et on va de suite voir pourquoi c’est normal et justifié.

D’entrée de jeu, le film pose ses cartes sur la table et présente un videur de boîte pas comme les autres. Dalton est calme, beau gosse, aimable, mais il ne se laisse pas faire et gère d’une main de fer une boîte de nuit. Dès le départ, on va ressentir une profonde affection pour ce personnage, notamment par la classe qu’il dégage. Patrick Swayze est alors au top de sa forme et de sa notoriété et il essaye de casser un peu son image de beau gosse danseur pour rentrer un peu plus dans le lard. Le film ne cherche pas forcément la finesse avec ce personnage, le laissant évoluer au gré de ses mésaventures avec des clients éméchés ou des jeunes filles un peu trop en chaleur. La problématique du métrage va venir un peu plus tardivement, laissant du temps au spectateur pour voir la nouvelle boîte dans laquelle il est engagé et de quelle manière il dirige son personnel. L’homme est bon et vertueux, et on aura même droit à quelques phrases philosophiques qui pourraient prêter à sourire mais qui semble toujours importantes de nos jours. Cela va amener à sentir encore plus d’empathie pour ce héros au grand cœur, qui semble connaître les codes de l’être humain par cœur. Le film repose donc presque entièrement sur les épaules de Patrick Swayze, qui est suffisamment solide et qui va être aidé par quelques seconds rôles intéressants et touchants aussi dans leur malheur.

On pourrait reprocher au film d’être très manichéen, ce qui est totalement vrai, puisque les gentils sont très gentils, et les méchants, très méchants, mais il y a tout de même quelques nuances. En effet, la notion de mise en mort et de meurtre va être remise en cause, plaidant la légitime défense ou alors la colère incontrôlable, et malgré de gros sabots, on va vite se rendre compte que le passif du héros n’est pas si rose. Un passif qui lui reste en mémoire et qui le hante. Cela ne fera qu’attendrir le spectateur, et augmentera sa rage envers les vrais bad guys de l’histoire, ce riche homme d’affaires qui extorque de l’argent aux commerçants, les menaçant avec ses hommes de main. Et c’est très efficace. A défaut d’être très finaud, le film fait son job et offre une palette de personnages que l’on va soit adorer, soit détester du plus profond de son être. Le seul problème, c’est que parfois, ça en fait des caisses et certaines punchlines sont en trop comme le fameux « I used to fuck guys like you in prison » qui prête aujourd’hui plus à rire qu’autre chose, même si cela définit assez bien ce méchant.

On pourra aussi reprocher à Road House de proposer un scénario cousu de fil blanc, sans aucune surprise à l’intérieur. Et effectivement, tout est prévisible du début à la fin, que ce soit l’amourette, le retour du meilleur ami, les bagarres, les histoires de vengeance, etc… Mais le film demeure vraiment bien foutu, car il est rythmé, on ne s’ennuie jamais, et surtout, il amène une réflexion intéressante sur la légitime défense, on l’a déjà dit, mais surtout sur sa conduite face à des menaces ou des insultes. Le film fait la part belle à l’humilité et à l’amabilité. Si aujourd’hui tout n’est que question de vengeance et de rendre coup pour coup (suffit d’aller voir dans une cour d’école pour voir les dégâts), le film montre avec intelligence que rester aimable face à quelqu’un d’agressif peut décontenancer et montre à quel point nous sommes plus intelligent que l’agresseur. Alors oui, le final ne sera que la résultante d’une vengeance, ce qui peut être antinomique, mais parce que le héros fait face à une situation qui le dépasse et méchant va vraiment trop loin.

Enfin, d’un point de vue réalisation, il n’y a pas de honte à avoir. Si Rowdy Herrington n’est pas un génie (il arrêtera d’ailleurs sa carrière en 2004), il accorde beaucoup d’importance à certains cadres et  la lumière. Certaines idées sont assez intéressantes, comme le pare-brise cassé et qui permet de voir le visage du meilleur ami du héros à travers, et surtout, les combats sont lisibles, sans jamais être surcoupés à mort. Encore une fois, on peut dire qu’à l’époque, les Razzie étaient déjà n’importe quoi. Enfin, le film ne tient pas seulement sur la présence de Patrick Swayze. Ce dernier est brillant, mais tous les autres acteurs sont formidables, comme Ben Gazzara qui incarne un méchant parfait, Sam Elliott en vieil ami un peu abîmé mais au charisme flamboyant ou encore Kelly Lynch qui n’est pas qu’une blonde écervelée et qui joue son rôle de médiatrice à merveille. Bref, un excellent casting et une belle direction d’acteurs.

Au final, Road House vaut le coup d’œil pour tout cela et bien plus encore. Avec ce genre de film, complètement généreux, on pardonne aisément les passages obligés et le scénario parfois un peu fainéant pour en prendre plein les yeux et en profiter un maximum. D’autant plus que le film vieillit très bien, qu’il bénéficie d’un bande-originale à tomber par terre (merci Jeff Healey parti bien trop tôt) et qu’aujourd’hui, il fait office de film culte pour de nombreuses personnes et les occurrences dans South Park ou American Dad n’y sont pas étrangères. Bref, un excellent film qui nous montre que l’on en fait plus des comme ça et c’est bien dommage.

Note: 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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