Les Lames du Cardinal T.03 – Le Dragon des Arcanes – Pierre Pevel

Auteur : Pierre Pevel

Editeur : Bragelonne

Genre : Fantasy

Résumé :

Paris brûle-t-il ? On pourrait le croire, si l’avenir funeste dont Soeur Béatrice a eu un aperçu prophétique se réalise.
Déjà un dragon a survolé Paris et est passé à l’attaque. Face à lui, un homme a péri dans un dernier acte de bravoure et de sacrifice : Almadès, le maître d’armes espagnol des Lames du Cardinal. La bande de La Fargue est en deuil et la colère appelle la vengeance.
L’action reprend très vite ses droits. Agnès et Ballardieu veulent en savoir plus sur la vision de Béatrice et la menace qui pèse sur la capitale.
Direction : le Mont Saint-Michel, repaire des Châtelaines, où Béatrice est cloîtrée…

Avis :

Avec Les lames du cardinal et L’alchimiste des ombres, Pierre Pevel imposait un univers aussi singulier que sa plume est subtile. En entremêlant les codes du roman de cape et d’épée, du récit historique et de la fantasy, il offrait une vision baroque et décalée de la France au XVIIe siècle. Plus qu’une incursion notable, il en ressortait un mélange des genres parfaitement assimilé à une intrigue qui fleure bon espionnage, aventures et bravoure. Après une ouverture évidente sur le dénouement du précédent tome, Le dragon des arcanes a la lourde charge de présenter une conclusion digne de la qualité exceptionnelle des deux premiers volets. Un roman qui s’avance comme le point d’orgue d’une aventure haletante…

On peut qualifier le récit dans la continuité de ce qui a pu être lu auparavant. Cela vaut autant d’un point de vue narratif qu’au regard des événements en devenir. À ce titre, L’alchimiste des ombres marquait une nette tendance à développer les éléments de fantasy au sein de cet univers, sans pour autant renier l’aspect historique. Ici, on se trouve dans une démarche similaire, au détail prêt que ladite fantasy y est encore plus vivace. Là où les autres tomes s’attelaient à jouer de faux-semblants et de complots en filigrane des intrigues principales, Le dragon des arcanes les dévoile au grand jour. L’occasion est donc donnée de fournir d’ultimes révélations sur certains pans restés dans l’ombre jusque-là.

Il est vrai que l’on a toujours droit à des descriptions fouillées à même de faire revivre le XVIIe siècle au cœur de la capitale. Pour autant, l’accent est mis sur d’autres points, notamment avec la présence du mont Saint-Michel et les lieux environnants Paris. En plus de ce cadre qui évolue sensiblement, l’action est également rehaussée avec des affrontements plus nombreux qu’à l’accoutumée. Soit dit en passant, les situations et les combats sont chorégraphiés avec force et conviction. On ne parlera pas d’une simplification des tenants de l’histoire, mais l’on songe plutôt à l’aboutissement naturel et tant attendu des deux premiers ouvrages.

Comprenez que l’ensemble est lié par les protagonistes, ainsi que par les ficelles narratives tissées pour arriver à un point de rupture critique. En l’occurrence, le renversement de la monarchie française tient davantage à une vision apocalyptique qu’à un coup d’État fomenté par la caste des dragons. Preuve en est avec l’Archéen ou l’Hérésiarque. Mais ce tournant historique vaut aussi pour la connotation chrétienne qu’il insuffle. Une symbolique pertinente pour l’époque. Cela passe par la présence de nouveaux intervenants, comme les sœurs de Saint-Georges, sorte de croisées qui protègent les fondements mêmes de la royauté. D’ailleurs, l’allusion avec la légende de Saint-Georges terrassant le dragon est loin d’être anodine…

Toujours est-il que Pierre Pevel respecte ses propres codes tout en renouvelant avec parcimonie certains éléments de son univers. Une évolution naturelle qui tient autant à élargir la portée et l’importance de celui-ci, sans pour autant contredire ce qui a pu être fait jusqu’à présent. Cela vaut également avec certaines suspicions entretenues à dessein, avant de les justifier. Plus qu’une fin de cycle, le dénouement fait office d’épilogue qui, après une dernière bataille, tend à délaisser le passé sans pour autant le renier et cela concerne, à leur échelle respective, l’ensemble des protagonistes. Le côté épique de ces instants n’est pas pour déplaire et s’évertue à effacer les doutes et les bévues subis et commis.

Au final, Le dragon des arcanes est un dernier tome dans la même veine que ses prédécesseurs. De morceaux de bravoure en ultimes manipulations, l’intrigue poursuit sa progression tout en répondant aux questions laissées en suspens par l’auteur. Si la part de fantasy est prépondérante, elle n’en délaisse pas pour autant la justesse du contexte historique ; soigneusement détourné, soit dit en passant.   Véritable tour de force à même d’annihiler la frontière entre les genres, Les lames du cardinal s’impose par son originalité, son audace et sa prestance. Un peu comme la caractérisation qui régit la personnalité de chaque lame. Une élégante vision du XVIIe siècle et un formidable hommage à l’œuvre d’Alexandre Dumas.

Note : 17/20

Par Dante

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