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Peur Bleue 2

Titre Original : Deep Blue Sea 2

De: Darin Scott

Avec Michael Beach, Rob Mayes, Danielle Savre, Darron Meyer

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Le docteur Klaus Van Etten expérimente sur des requins-bouledogues malgré l’avis contraire des experts maritimes. Mais les requins se libèrent et font des ravages.

Avis :

Si l’on écarte l’exploitation outrancière des requins dans le survival animalier, il paraissait peu probable de voir débarquer une suite à Peur Bleue. Non dénué de défauts sur la forme, il en ressortait un métrage distrayant et globalement convaincant. Afin de trouver un prétexte valable à cette initiative, les producteurs ont choisi de se réapproprier les grandes lignes du film de Renny Harlin pour réaliser un DTV bon marché. L’on retrouve ainsi les expériences sur les squales, la station isolée au large des côtes et, bien entendu, une situation sous forme de huis clos qui tourne à la catastrophe. En somme, le parfait calque d’une suite opportuniste inutile à bien des égards.

L’intrigue s’arroge les poncifs du scénario initial, sans pour autant parvenir à exploiter les éléments qui en faisaient tout l’intérêt. On se souvient des recherches scientifiques pour éradiquer la maladie d’Alzheimer. Ici, la justification passe par une sorte de formule magique pour booster l’intelligence humaine et, au passage, sauver l’espèce d’une extinction annoncée. Au vu du pitch de départ, le projet n’est pas un luxe. Toujours est-il que les errances narratives tiennent davantage à des soliloques du milliardaire Durant lors d’une mise en place exagérément longue. La présentation des protagonistes et du complexe s’étire au-delà de la moitié du métrage.

Pendant ce temps, on suscite quelques problèmes de fonctionnement çà et là. On effectue des démonstrations qui portent à peu de conséquences et on s’ingénie à dénoncer maladroitement les expériences sur les requins. Pour le reste, il faut se cantonner à une action statique dans la salle d’observation principale jusqu’à ce que les squales décident de déloger tout ce beau monde par des moyens détournés. L’exploration se fait dans des couloirs identiques où les lumières ambiantes sont de couleurs dissemblables, subterfuges censés différencier les zones de la station Akhelios. De corridors en pièces à demi-submergées, tout se suit et se ressemble.

La dynamique générale n’intervient que dans la dernière demi-heure. Pour ne pas rater une occasion de faire n’importe quoi, l’intelligence décuplée des requins n’est employée que dans les premiers instants pour saboter la station et entraver les issues de secours. Pour le reste, il faut s’en remettre à un climat de panique exaspérant où la stupidité des uns côtoie l’inertie des autres. On serait plus enclin à penser que leur perdition relève davantage de leur bêtise que d’un concours de circonstances malheureux, notamment dans la séparation du groupe. Bref, ce qui fait l’attraction principale du film est tout bonnement relégué à une importance anecdotique pour se concentrer sur la voracité des poissons.

Certes, on évite le piège des bestioles hybrides façon Sharktopus ou les délires improbables d’un requin à plusieurs têtes ou d’une tornade de squales. En cela, ce choix est déjà un exploit pour éviter de marcher sur les plates-bandes de SyFy et d’Asylum. Pourtant, la présence des requins-bouledogue n’est guère convaincante. Les spécimens adultes barbotent tranquillement dans les bassins et interviennent simplement en début et fin de métrage. En revanche, leurs progénitures constituent la principale menace. Ils écument les couloirs en quête de chair fraîche. On évite les problèmes de taille, mais leur comportement tient plus du piranha que du requin. Ridicule. Le fait de filmer de vrais requins à certains moments atténue des images de synthèse immondes dont les animations sont aussi raides qu’une planche de surf.

Au final, Peur bleue 2 est une suite inutile qui reprend uniquement les défauts de son modèle en les nivelant par le bas. On a beau se situer un cran dessus des absurdités commises par Asylum ou SyFy, il n’en demeure pas moins que le film de Darin Scott multiplie les tares sur tous les plans. L’intrigue génère l’ennui et expose des effets gores aussi rares que grotesques. On se souvenait que l’intelligence des requins était l’atout majeur du premier film. Force est de constater que ceux-ci, tout comme les producteurs et les scénaristes, en sont dépourvus. Il en ressort un survival animalier d’une médiocrité affligeante. Un métrage opportuniste mal fichu et clairement dispensable.

Note : 06/20

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Par Dante

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