Tous les Oiseaux du Ciel – Charlie Jane Anders

Auteur : Charlie Jane Anders

Editeur : J’ai Lu

Genre : Fantastique

Résumé :

Patricia Delfine, sorcière philanthrope qui parle le langage des animaux, et Laurence Armstead, génie de l’informatique qui déteste qu’on l’appelle Larry, étaient faits pour se rencontrer. Tous deux sont des parias, incompris de leurs familles et méprisés par la société, mais l’un comme l’autre sont appelés à connaître un destin exceptionnel. Alors que la fin du monde approche, ils vont devenir à leur corps défendant les champions d’un conflit qui les dépasse et dont dépend le sort de l’humanité. À moins que le lien indéfectible qui les unit ne porte en lui les clés d’une troisième voie…

Avis :

En règle générale, quand un roman reçoit plusieurs prix, c’est plutôt bon signe. Et avec la flopée de livres qui sort chaque mois, il faut bien avoir quelques repères pour piocher dans la masse. Prix Nebula du meilleur roman en 2016, prix Locus du meilleur roman Fantasy en 2017, auteure ayant déjà reçu un prix Hugo de la meilleure nouvelle longue en 2012, on peut dire que Tous les Oiseaux du Ciel partait avec beaucoup de bonnes choses pour lui. Deuxième roman de Charlie Jane Anders après un premier livre jamais sorti chez nous, nous sommes face à une œuvre totalement singulière et qui risque fort de laisser plus d’une personne sur le carreau. Car même si on nage en plein délire bourré de références à la pop culture, Tous les Oiseaux du Ciel n’est pas exempt de défauts et les prix reçus semblent être un poil disproportionnés, surtout quand on voit la teneur de l’histoire et toutes les peines du monde que l’on a à rentrer dans un univers futuriste mais aussi improbable.

Le roman raconte l’histoire de deux personnes, Laurence, un garçon très doué en informatique et qui va devenir un ingénieur de renom, et Patricia, une jeune fille rejetée par tout le monde et qui va devenir une sorcière. Amis durant leurs années collège, les deux adolescents vont se perdre de vue, puis se retrouver une fois adulte. Malheureusement pour eux, si l’amour tonne dans leur cœur, ils vont devoir s’affronter, car la fin du monde est proche et les machines ne sont pas en adéquation avec la magie. Comme on peut le deviner, le roman va s’étaler sur quasiment vingt ans. On découvre rapidement les deux jeunes gens dans leur univers et avec leur difficulté à vivre avec leurs pairs. Puis rapidement, le film aborde les années collège, avant de partir vers leurs années de jeunes adultes. On sent bien, dès le départ, qu’il y a une attirance entre eux et que cela est totalement inévitable. De ce fait, même si la romance est moins niaise qu’il n’y parait, on en restera guère surpris par l’évolution des deux protagonistes, se perdant, se retrouvant, s’aimant, se déchirant et finalement renouant sur la fin. On obtient un schéma très classique qui peut même paraitre pénible. Mais à la rigueur, leurs caractéristiques font que ces personnages sont assez travaillés et ont tous les deux souffert durant leur jeunesse, ne rentrant dans aucun moule, dans aucun carcan.

Le principal problème de ce récit ne vient donc pas de la relation entre les deux personnages, mais surtout dans une absence total d’univers et de points de repères pour le lecteur. On ne sait pas quand se déroule cette histoire, on devine que c’est aux Etats-Unis, mais rien ne transparait vraiment hormis quelques noms de ville, on tombe rapidement sur une école de sorciers, puis sur des gens qui fabriquent des machines à remonter le temps de deux secondes, etc… En fait, on nage rapidement dans quelque chose de loufoque et de complètement saugrenu et quand l’environnement n’est pas suffisamment développé, il est très difficile de plonger à corps perdu dans une telle histoire. La seule chose que l’on peut toucher du doigt, c’est la volonté de l’auteure de mettre en opposition deux mondes, celui des machines et celui de la nature. Deux univers que tout oppose et qui vont pourtant devoir cohabiter pour sauver la planète. C’est assez ludique et intéressant, mais là encore, c’est un peu raté, la faute à une prévisibilité hallucinante et à une narration linéaire qui se consacre finalement aux amourettes de Laurence, à ses questionnements, mais pas à la façon de concilier deux mondes qui se déchirent. Du coup, le roman rate grandement son suspens et on se surprend à survoler l’histoire qui manque vraiment de relief.

Le seul vrai point positif que l’on peut retenir de cet ouvrage, c’est qu’il arrive à assimiler pas mal d’éléments de la pop culture. On pourrait retrouver une école de magie qui n’est pas sans rappeler Harry Potter. On retrouve aussi un tueur raté qui se déguise comme le comte Olaf des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire. On pourra voir aussi quelques références à Ghost in the Shell sur la fin avec un robot tank qui n’est pas sans rappeler le Tank araignée de la fin du film. On pourra même deviner quelques clins d’œil à Alice au Pays des Merveilles avec tous les oiseaux qui répètent inlassablement à l’héroïne qu’il est trop tard, comme le lapin blanc qui se plaint qu’il est tout le temps en retard. On ressent bien tout l’amour qu’a l’auteure pour ces œuvres, et c’est déjà pas mal, mais il manque vraiment une cohérence à tout ça. En fait, on a l’impression d’un gros pot-pourri mâtiné d’amourette et cela ne prend jamais vraiment. Et d’ailleurs, on ne saura jamais si on lit un roman de science-fiction, fantastique, dystopique, etc… et entre les nombreuses références et le manque de repères, le lecteur se retrouve complètement perdu sous une masse inconnue qui noie finalement le fond du problème.

Au final, Tous les Oiseaux du Ciel, le deuxième roman de Charlie Jane Anders, est une petite déception. Alignant des personnages jamais attachants à une histoire qui semble survoler sa thématique (celle d’allier la nature et la machine pour sauver la planète), le roman n’arrive jamais à surprendre le lecteur ou encore à lui donner envie de continuer pour savoir le fin mot de l’histoire (qui sera, comme on s’en doute, un happy end) et c’est réellement problématique, surtout quand on joue sur des antagonismes qui s’attirent. Bref, un roman mi-figue mi-raisin qui laisse un petit goût amer en bouche et la sensation d’avoir voyager dans un univers sans relief.

Note : 10/20

Par AqME

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