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Peur Bleue

Titre Original : Deep Blue Sea

De : Renny Harlin

Avec Samuel L. Jackson, Thomas Jane, Saffron Burrows, LL Cool J

Année : 2000

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Le docteur Susan McAlester est persuadée de pouvoir remédier à la dégénérescence du cerveau humain à l’aide de protéines de requins. Elle travaille avec une équipe de biologistes au centre de recherche Aquatica, un vaste complexe offshore, où ils se livrent a des expériences aussi secrètes que dangereuses. C’est ainsi que le docteur Susan McAlester n’a pas hésité à recombiner l’ADN de deux grands requins au mépris de l’éthique médicale et de la plus élémentaire prudence. Susan et ses partenaires en font ainsi de terrifiantes machines à tuer.

Avis :

Depuis Les dents de la mer, le film de requins-tueurs s’est progressivement enlisé dans les tréfonds de la médiocrité. Hormis quelques sursauts d’orgueil qui se comptent sur les doigts d’une main croquée par l’un de nos amis les squales, difficile d’y trouver une quelconque ressemblance avec le chef d’œuvre de Spielberg ou même un semblant d’intérêt. D’ailleurs, l’aspect bis de ce type de production s’intègre dans l’appellation « sharksploitation ». C’est dire l’importance que le cinéma de genre accorde au survival animalier. Parmi les incursions relativement plaisantes figure Peur bleue. Si la filmographie de Renny Harlin est fluctuante et que son nom fait parfois trembler, nul doute que ce métrage conclut sa période des nineties d’une manière tout à fait honorable.

Il est vrai que la décennie est relativement avare en requins affamés. Tout juste peut-on citer l’effroyable Deep Blood, le misérable Cruel Jaws et le médiocre Shark Attack. Partant de ce postulat, Peur bleue fait figure de gros poisson dans un étang constellé d’étrons à l’échelle planctonique. Si l’intrigue n’est pas exempte de reproches ou de raccourcis faciles, elle n’en demeure pas moins cohérente dans son ensemble, à défaut d’être pleinement maîtrisée. Trouver un prétexte plausible pour le buffet aquatique qui s’annonce n’est pas une mince affaire. En l’occurrence, la recherche médico-scientifique qui s’arroge des largesses avec les lois de la génétique n’est pas pour déplaire.

On ne s’attardera pas sur le réalisme ou la probabilité des propos, mais sur les conséquences d’expériences qui améliorent sensiblement l’intelligence des requins. Cela permet non seulement de disposer d’une approche un tant soit peu originale, mais aussi de justifier la progression de l’intrigue où les squales ont tendance à piéger les membres de la station sous-marine. Linéaire ? Sur la forme, Peur bleue l’est sans doute. Pour autant, la succession de couloirs et de pièces exiguës reste assez fluide et variée. Les contraintes de l’environnement tendent à accentuer l’urgence d’une situation en apparence désespérée. À la présence des prédateurs s’ajoute la problématique de la pression de l’eau qui risque d’engloutir Aquatica.

Pour ne rien gâcher, le rythme est constant et offre des séquences généreuses en matière de confrontations stressantes, parfois inattendues. La vélocité des squales est aussi redoutable que leur manière de raisonner. On peut néanmoins noter de menus problèmes de taille puisque les animaux paraissent plus petits dans un cadre restreint, alors que dans les bassins, ils en imposent davantage. Pour autant, les effets spéciaux n’ont guère vieilli, exception faite des explosions. Les images de synthèse bénéficient d’une bonne intégration, tandis que la présence d’animatroniques parfait l’illusion aux côtés des acteurs.

Toutefois, il persiste des maladresses incontestables au niveau de l’écriture des dialogues. Les réparties sont rarement finaudes et perdent en pertinence au fil des échanges. D’euphémismes en vérités évidentes, la circonspection aurait pu être de mise au regard du résultat général tant les scènes sont ponctuées de vaines constatations. Et la caractérisation s’oriente sur le même sentier cahoteux avec des clichés grossiers, comme le cuisinier black en guise de comique de service ou le criminel repenti courageux. La palme revient néanmoins à Saffron Burrows, d’une rare transparence dans son personnage de médecin en quête d’un remède à Alzheimer. On s’en désintéresse rapidement et ses motivations, bien que louables, ne touchent guère la fibre émotionnelle.

Au final, Peur bleue est un survival animalier qui, en son temps, a injustement été méprisé. Malgré quelques défauts formels, le film de Renny Harlin respecte ses promesses de fournir un divertissement globalement convaincant et immersif. On appréciera une cohérence narrative qui manque cruellement au genre, ainsi qu’un rythme emporté qui ne faiblit à aucun moment. Bien exploité, le cadre accentue la tension ambiante et offre un terrain de jeu plaisant pour les requins. Ces derniers restent redoutables à plus d’un égard et laissent à penser que les membres d’Aquatica ne sont autres que des souris dans un labyrinthe. Un plaisir coupable d’une indéniable efficacité.

Note : 14/20

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Par Dante

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