décembre 5, 2020

Watch Out

Titre Original : Better Watch Out

De : Chris Peckover

Avec Levi Miller, Olivia DeJonge, Ed Oxenbould, Dacre Montgomery

Année : 2018

Pays : Australie, Etats-Unis

Genre : Thriller, Horreur

Résumé :

La jeune Ashley est loin de se douter de ce qui l’attend quand un cambriolage transforme sa nuit de baby-sitting en un véritable cauchemar de Noël.

Avis :

Il semblerait depuis quelques temps que l’Australie ait eu une subite envie de devenir un vrai territoire expérimental du cinéma horrifique. Si l’amour pour le genre n’est pas nouveau dans le pays des kangourous (on pense notamment à Long Weekend ou encore Patrick dans les années 70), il tente de refaire surface après une longue période de vache maigre. Une remontée fulgurante qui survient vers 2005 après l’avènement de Wolf Creek, un survival âpre et poisseux où un nouveau boogeyman prend forme sous la houlette de Greg McLean. Depuis, régulièrement, de nouveaux films de genre australien nous arrivent, malheureusement, bien souvent, directement en DVD ou en bluray. Et c’est le cas de Watch Out (Better Watch Out en version originale), qui a connu une sortie en VOD et sur divers supports physiques. On peut toujours craindre de voir un film qui n’arrive pas dans nos salles obscures, mais ce serait une bêtise que de passer à côté de ce film qui mélange habilement le thriller, l’horreur et parfois même la comédie.

Avec ce métrage, qui est le premier film de Chris Peckover, nous allons voir une jeune baby-sitter qui va devoir surveiller une dernière fois l’adolescent d’une famille de bourge, qui est secrètement amoureux d’elle. Cinq ans d’écart ne lui font pas peur, et le jeune homme est bien décidé à draguer cette pauvre jolie jeune femme. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu et le film va embrasser plusieurs genres, démarrant comme une comédie, puis continuant vers le thriller, pour carrément s’embarquer dans l’horreur. Il faut en savoir le moins possible sur ce film lorsque l’on se jette dans le visionnage. En effet, tout se joue autour d’un climax qui survient en milieu de film et qui va complètement changer la donne et le genre. Il est donc important de ne pas trop savoir où l’on va mettre les pieds, et moins on en sait, mieux le film se savoure. Pour autant, même en sachant quelques petites choses, le métrage reste assez savoureux et cela pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, les différentes tonalités abordées sont assez bien équilibrées. Le début est une pure comédie qui peut faire penser à toutes ces comédies de Noël que l’on retrouve chaque année comme Maman j’ai Raté l’Avion. D’ailleurs, il y aura plusieurs références au film de Chris Columbus dans ce métrage. Cependant, c’est peut-être la partie qui aura le plus de mal à convaincre. En effet, les différents rapprochements que tentent de faire le jeune adolescent sont assez lourds et peuvent parfois mettre mal à l’aise, comme le coup de la main sur la cuisse, ou encore lorsqu’il se met à boire du champagne. Ces passages sont dérangeants dans le sens où ils ne font pas rire et ne fonctionnent pas vraiment dans le film. La faute aussi à l’acteur Levi Miller (Pan), qui ne déborde pas de charisme et qui a du mal à donner une autre image que celle de l’ado juvénile qui pense pouvoir se taper sa baby-sitter sexy. Sans être mauvais, il manque vraiment de l’envergure à ce jeune acteur pourtant assez doué d’habitude. Là, il est plat et cela se ressent fortement dans les passages comiques où il force le trait.

Après ce début un peu fastidieux, le film va prendre une tout autre tournure et il va essayer d’aller sur le chemin sinueux de l’horreur et plus précisément du Home Invasion. Cette partie est plutôt intéressante car elle recèle de petits éléments assez sympathiques et fait lentement monter une pression. Les effets de peur sont bien recherchés, les plans sont assez soignés et on trouve plusieurs idées de mise en scène assez sympathiques. Sans jamais tomber dans l’excès ou la démonstration, Chris Peckover soigne son travail et essaye de susciter la peur par des moyens assez efficaces. D’ailleurs, cela fait penser au travail de Roar Uthaug sur le premier Cold Prey, qui prenait les codes du slasher pour mieux les contourner dans un film classique mais terriblement efficace. Cependant, cette partie ne dure pas assez longtemps et on va vite se retrouver face à un cruel changement de registre et de ton. Après ce moment un peu haletant et bien filmé (n’oublions pas aussi l’éclairage bleuté qui renforce un certain malaise), le film fait une pirouette et va dans le thriller pur jus à tendance horrifique.

C’est le moment le plus long du métrage en termes de durée et c’est clairement l’élément central de l’intrigue. Le film va partir en eau de boudin, prenant un détour inattendu et finalement assez plaisant. Le réalisateur décide de passer à la vitesse supérieur et il va faire un melting pot de tout ce que l’on a vu avant, afin de livrer quelque chose de violent, tout en gardant une certaine innocence propre à la jeunesse. Des actes sanglants vont être commis sans que celui qui a fait remette en cause son action. Le réalisateur a su garder un regard assez sociopathe sur l’un de ses personnages pour créer une distance étrange entre le comique d’une situation et la violence crue d’un meurtre. C’est très intéressant et c’est surtout fait de manière maline, avec une montée progressive de la tension. Alors oui, il y a des facilités scénaristiques et on se demande parfois comment celui qui commet ces actes s’en sort aussi tranquillement, mais l’ensemble est rondement mené et tient la route. La fin réserve d’ailleurs une belle surprise, gardant toujours ce ton un peu badin, entre humour et tragédie.

Rajoutons à cela des acteurs assez investis dans leurs rôles respectifs. Olivia DeJong (The Visit) est tout en charme et s’avère très surprenante en femme forte, ayant du caractère. Ed Oxenbould (The Visit aussi) est lui aussi plutôt bon dans le registre du meilleur copain complètement dépassé par les évènements et il pourrait s’apparenter à l’une des consciences du tueur. On prendra aussi plaisir à voir Dacre Montgomery (Stranger Things Saison 2) dans le rôle d’un gros crétin racaille qui ne va pas faire long feu. Seul Levi Miller s’avère en dessous des autres, notamment à cause d’un manque de charisme évident et d’une absence de brillance dans les yeux. Sans vraiment spoiler mais il a les épaules trop maigres pour camper le rôle qu’on lui a donné.

Au final, Watch Out est plutôt une bonne péloche, notamment grâce à sa communication qui permet de ne rien spoiler et de garder une surprise intacte. Un travail de bon goût qui sait ménager son spectateur et l’amateur de sensations fortes. Sans être un excellent film, le premier métrage de Chris Peckover s’avère réussi, parfois couillu, et malgré quelques menues imperfections, on reste dans le haut du panier du marché du DTV. On pourrait même dire que le film aurait eu sa place dans les salles de cinéma…

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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