Les Fantômes d’Ismaël

De : Arnaud Desplechin

Avec Mathieu Amalric, Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, Louis Garrel

Année: 2017

Pays: France

Genre: Drame, Thriller

Résumé:

À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu…

Avis:

Arnaud Desplechin est un cinéaste français qui s’est bâti une bien belle réputation. Sortant régulièrement de nouveaux films, on peut dire que dans le cinéma français, un nouveau film d’Arnaud Desplechin est un petit évènement que beaucoup, moi y compris, s’empresse d’aller voir (enfin quand mon cinéma daigne le jouer).

Deux ans après le joli « Trois souvenirs de ma jeunesse« , Arnaud Desplechin faisait l’ouverture du festival de Cannes 2017 avec « Les Fantômes d’Ismaël« , un projet qui réunissait ni plus ni moins que Mathieu Amalric, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg. Laissant imaginer un film qui se placerait quelque part entre le drame et le thriller, j’étais très curieux de découvrir ce nouveau Despelchin et ça, malgré toutes les critiques plus désastreuses les unes que les autres. Autant se faire son propre avis, et malheureusement, à la sortie de ce film, c’est bien une déception qui a pointé le bout de son nez. Une terrible déception même, tant le film est long, ennuyeux, confus, fourre-tout, et surtout incompréhensible.

Ismaël Vuillard est un réalisateur névrosé qui est sur le point de réaliser un film sur son jeune frère diplomate. Dans son passé, Ismaël a été marié à Carlotta, l’amour de sa vie, mais voilà dix-huit ans que cette dernière a disparu sans laisser de traces. Depuis, tous la croit morte et Ismaël a refait sa vie depuis. Mais un matin comme un autre, l’air de rien, Carlotta refait surface, ce qui va énormément déstabiliser Ismaël.

Quel ennui, non mais quel ennui… Tristesse absolue, j’y croyais dur comme fer et finalement, je suis obligé de me rallier à la pensée générale, « Les Fantômes d’Ismaël » est bien le plus mauvais des Despelchin. Et comme j’y croyais, je me suis infligé la version très très longue de deux heures et quart.

Ne me demandez pas de quoi parle ce film tant le fourre-tout que nous inflige Arnaud Desplechin m’a perdu. La bande-annonce était jolie et surtout elle laissait imaginer un beau drame comme le réalisateur peut en avoir le secret, avec ce synopsis intéressant d’une femme qui après avoir disparue pendant presque vingt ans revient comme si de rien n’était. Le réalisateur aurait pu aborder le deuil, le mal d’amour, il aurait pu parler des conséquences de cette disparition sur ses personnages principaux et ceux qui les entourent. Il aurait pu parler peut-être plus largement des disparus en France et ce qui est mis en place pour les retrouver. Ou même encore, comment une personne disparue peut se réintégrer dans la société… Bref, il y avait une multitude de thèmes et de routes que le film aurait pu emprunter et qui aurait donné, avec le talent d’Arnaud Despelchin, quelque chose d’intéressant et même émouvant.

Mais malheureusement, il n’en est rien et ces « … fantômes d’Ismaël » s’évase et s’enterre dans des sous intrigues qui arrivent à noyer le poisson. Franchement, après les excellentes quarante premières minutes (peut-être un brin étrange), le film d’Arnaud Despelchin s’aventure sur d’autres horizons et abandonne littéralement son sujet d’origine, pour finalement ne parler de plus rien. Le réalisateur aborde coup-ci coup-ça, le métier de réalisateur, une fausse mission d’infiltration avec des espions, le peuple juif et le conflit israélo-palestinien, la famille, la folie… Bref, ça part dans tous les sens, sans logique apparente et sans attache, plus le film avance et moins l’on y trouve de l’intérêt.

On pourrait se raccrocher alors aux comédiens qui sont tous, ou presque, excellents en début de film, mais là encore, c’est loin d’être satisfaisant. Si Marion Cotillard s’en sort un chouia par rapport aux autres, mais franchement, on a connu l’actrice bien meilleure, pour le reste, c’est une catastrophe. Mathieu Amalric est insupportable de caricature. On comprend une phrase sur deux quand Charlotte Gainsbourg balance ses répliques. Quant au personnage de Louis Garrel, on se demande encore à quoi il sert ?

Bref, ce nouveau film signé Arnaud Desplechin est un coup de massue. Lourd, barbant, ennuyeux au possible et incompréhensible, le réalisateur qui d’ordinaire séduit avec ses histoires, se plante totalement ici. Et si jamais, « Les Fantômes d’Ismaël » avait un sens, on ne sait jamais, une deuxième lecture pourrait alors éclairer notre lanterne, mais le souvenir agaçant et chiant de cette première lecture ne nous donne absolument pas envie de nous replonger sur le cas et les névroses d’Ismaël.

Note : 05/20

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Par Cinéted

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