Mutafukaz

De : Guillaume « Run » Renard et Soujirou Nishimi

Avec les Voix de Orelsan, Gringe, Redouanne Harjane, Féodor Atkine

Année : 2018

Pays : France, Japon

Genre : Animation

Résumé :

Angelino est un jeune loser parmi tant d’autres à Dark Meat City, une mégalopole sans pitié sous le soleil de Californie. La journée, il livre des pizzas dans tous les recoins de la ville et la nuit, il squatte une chambre d’hôtel minable avec son coloc Vinz et une armada de cafards qui font désormais un peu partie de sa famille. À la suite d’un accident de scooter lorsque son chemin a croisé par inadvertance la divine Luna, une fille aux cheveux noir de jais, notre jeune lascar commence à souffrir de maux de tête et d’étranges hallucinations. Des hallucinations, vous avez dit ? Hmm, peut-être pas… Pourchassé par des hommes en noir, Angelino n’a plus aucun doute : il est pris pour cible. Mais pourquoi lui ?

Avis :

Guillaume Run Renard adapte sa propre bande dessinée Mutafukaz au cinéma avec l’aide des studios Ankama (Dofus, Wakfu) et Shoujirou Nishimi. Orelsan et Gringe prêtent leurs voix aux deux personnages principaux : Angelino et Vinz.

Une oeuvre pop-punk passionnante

Mutafukaz est un grand huit passionnant bourré de références au rythme endiablé. Dès les premières lignes de dessins, qui préfèrent le traditionalisme à la synthèse, la magie prend. Une esthétique quelque part entre le manga et le jeu vidéo, mais surtout le flegme légendaire de Orelsan, qui reprend du service en doubleur après la série One Punch Man. Mutafukaz est bourré de références. Evidemment aux deux rappeurs, tant Run rend hommage à la série Bloqué mais également à Comment c’est loin. Les références à la pop culture sont légions, comme celles aux Tortues Ninjas, à Iron Sky, à GTA ou encore à Venom, dont le personnage de Lino fait parfois référence dans sa dualité mystique façon Mr Hyde. Bref, Run est très généreux avec son public, et ne ralentit jamais son rythme endiablé. De l’action à gogo et des scènes de violence jouissive qui manquent presque d’irrévérence. Le spectateur avide d’hémoglobine sera servi.

Mais ce n’est pas tout. Ce qui fait également la force de Mutafukaz ce sont ses personnages attachants. Le petit Lino, héros de l’histoire, est un individu lambda destiné à être unique. Traitement classique donc, mais les ressorts émotionnels fonctionnent à la perfection. Personnages attachants, hauts en couleurs, même les secondaires sont intéressants. Bref Mutafukaz est une œuvre pop qui pioche de tous les côtés : chez les américains avec les combats de gangs façon GTA, une esthétique qui s’inspire parfois de Akira, ou encore une bande originale hip-hop/rap entraînante. Bref tous les ingrédients sont réunis pour créer une œuvre hybride et puissante, qui sait utiliser le meilleur pour créer un film visuellement superbe au rythme endiablé.

Une seconde partie plus classique

Malheureusement Mutafukaz tombe parfois dans la surenchère, notamment dans son dernier tiers. La découverte d’un passé et d’un destin prévisible, l’acceptation de soi, l’apprentissage des nouveaux pouvoirs. Run n’est pas très original et tombe dans une approche explicative fatigante plutôt que de laisser sa propre image s’exprimer. Un rendu paradoxal quand on voit la superbe animation qu’il nous présente. Le rythme s’accélère à l’excès et l’intrigue tire sur la corde. Mutafukaz aurait gagné à baisser son rythme plutôt que de l’accélérer encore. Il aurait gagné à devenir plus mélancolique sur ses thèmes comme l’appartenance, la nostalgie, l’amour et l’amitié. Le final est à cette image : une sensible touche d’émotivité gâchée par une vanne grasse, référence à Iron Sky, bâchée elle-même par la voix de Orelsan.

Il n’empêche que Mutafukaz est une prouesse visuelle superbe, ponctuée de scènes d’action magistrales au service d’une intrigue classique relevée par des personnages attachants et hauts en couleurs.

Note : 17/20

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Par Aubin

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