Une Année Polaire – Classe de Neige

De : Samuel Collardey

Avec Anders Hvidegaard, Asser Boassen, Thomasine Jonathansen, Gert Jonathansen

Année: 2018

Pays: France

Genre: Comédie, Drame

Résumé :

Pour son premier poste d’instituteur, Anders choisit l’aventure et les grands espaces: il part enseigner au Groenland, à Tiniteqilaaq, un hameau inuit de 80 habitants. Dans ce village isolé du reste du monde, la vie est rude, plus rude que ce qu’Anders imaginait. Pour s’intégrer, loin des repères de son Danemark natal, il va devoir apprendre à connaître cette communauté et ses coutumes.

Avis :

Samuel Collardey est un réalisateur français dont on ne parle pas beaucoup et c’est à tort. Ayant un style de cinéma qui navigue agilement sur la frontière entre le docu et la fiction, il est un auteur qui creuse de jolis sujets et dont les supports pour raconter les dits sujets sont de véritables appels à l’évasion. Après un premier film chez nous, sur les plateaux du haut Doubs, après nous avoir emmené au Sénégal, après nous avoir perdu en pleine mer, voici que le plus globetrotteur de nos cinéastes nous emmène dans les paysages glacials et magnifiques du Groenland.

Anders, 29 ans, est danois. Diplômé en enseignement, il a choisi d’enseigner en dehors de son pays. Pour son premier poste, il a choisi l’aventure. Il part alors enseigner au Groenland, à Tiniteqilaaq, un petit village inuit de quatre-vingts habitants perdu au beau milieu de nulle part. Ici, la vie est bien différente. Pas d’eau courante, pas de centre-ville, c’est l’isolement. Pour s’intégrer, il va devoir apprendre à vivre autrement et s’il y a bien une chose qui est sûre, c’est qu’il ne s’attendait absolument pas à vivre une telle aventure…

« Une année polaire » est un docu-fiction plein de tendresse, qui fait du bien au moral. Loin de toute prétention, du cinéma français qui s’enlise dans des histoires bourgeoises et bohèmes, loin des démonstrations, des valeurs sûres, des strass et autres paillettes, pour son quatrième film, comme il l’avait fait avec les précédents, Samuel Collardey a décidé de s’arrêter sur du simple, du vrai, et filmer la vie et l’homme, comme on ne le fait que trop rarement.

Avec ce film, qui aborde aussi bien l’éducation que les coutumes, l’apprentissage, le réalisateur évite les clichés qu’on a déjà bien trop vus pour ce genre de film. Ici, tout est simple, ici la vie prend son temps et le temps se calme. Ici, c’est un apprentissage à tous les niveaux (coutume, instruction, cuisine, voyage ….) que met en scène Samuel Collardey. « Une année polaire« , rappelle d’emblée le film de Safy Nebbou « Dans les forêts de Sibérie« , tant l’ambiance et certains des sujets que le scénario aborde font se rapprocher les deux films.

« – Ne nuire à rien, ne subir le dictat de personne, ne désirer pas plus que ce que l’on éprouve et savoir se faire accepter par la nature », voilà une sublime réplique qui peut résumer en très grande partie l’expérience que ce film finit par être. On est touché, aussi bien qu’on est amusé du côté un peu gauche de ce jeune homme venu dans un pays, dont finalement il ne connaît rien. On est intéressé et pris par la lumière que le film peut mettre sur ces jeunes, sur leurs façons de vivre et de voir la vie. L’école, le chômage, la chasse, les traditions, et le relais, les mémoires, Samuel Collardey a encore une fois réussi à rendre au milieu ce qu’il a ressenti et comment il voit ces populations, et cette vision est captivante, belle et pleine d’humanité. Une humanité pleinement palpable et naturelle. Une humanité qui est véhiculée par ces personnages qui sont tous tenus par des acteurs non-professionnels, d’ailleurs beaucoup ne sont que simplement les habitants du village où Samuel Collardey a posé sa caméra. Même son personnage principal y tient son propre rôle et il est absolument extraordinaire de vérité.

Plus haut, je parlais de « Une année polaire » comme d’une véritable évasion et c’est bien le cas. Magnifiquement filmé, Samuel Collardey nous envoûte totalement par la qualité visuelle de son film. C’est beau, c’est immense, c’est émouvant, les paysages sont incroyables, on a envie d’y aller de suite, il y a un effet carte postale qui ne dérange absolument pas, chose qui est loin d’être aisée à faire. Certains plans et certaines séquences sont de véritables claques à eux seuls. Puis le tout est souligné par une BO signée Erwann Chandon qui ne fait que prolonger l’envoûtement dû aux images.

Bref, cette « … année polaire » est un film sublime, captivant et intelligent. Véritable lettre ouverte sur un monde et sa culture, le quatrième film de Samuel Collardey est une très belle et très grande réussite et c’est bien dommage qu’il ne soit pas mis plus en lumière. À voir, sans aucune hésitation et encore plus, si jamais vous avez des envies de voyage.

Note : 16,5/20

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Par Cinéted

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