octobre 26, 2020

Phoenix Forgotten

De : Justin Barber

Avec Matt Biedel, Ana Dela Cruz, Jeanine Jackson, Clint Jordan

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur, Science-Fiction

Résumé :

20 ans après que trois adolescents aient disparu après que des lumières mystérieuses apparaissent au-dessus de Phoenix, en Arizona, des séquences vidéo de cette nuit sont découvertes, récapitulant les dernières heures de leur expédition fatale.

Avis :

Le found-footage, ou documenteur pour les plus francophones d’entre nous, est un sous-genre qui a fait les beaux jours des films low cost dans le milieu de l’horreur. Si on peut considérer Cannibal Holocaust comme l’une des premières œuvres de ce genre, c’est surtout Le Projet Blair Witch qui a ouvert la boîte de Pandore, donnant naissance à tout un tas de rejetons tous plus navrants les uns que les autres. Et c’est au cours des années 2000 que le sous-genre a été le plus représenté, notamment à cause de la licence Paranormal Activity, vendant du vide dans un écrin de merde. Car oui, ne nous leurrons pas, ce qui veut se faire passer pour un genre plus crédible et proche du spectateur, n’est qu’une esbroufe permettant de faire des films à moindre coût. Et il n’a pas fallu longtemps pour que le public avide de sensations fortes s’en rende compte, mais le mal était fait et les films sont sortis en masse. Le plus drôle, c’est que le meilleur dans ce genre est End of Watch, un drame policier de David Ayer qui se sert de ce procédé pour raconter quelque chose et toucher au plus profond le spectateur. On pensait néanmoins ce genre éteint, mais c’était sans compter sur Wes Ball (True Blood) et papy Ridley Scott, qui ont filé de la thune pour faire Phoenix Forgotten, un found-footage qui s’inspire de faits réels, et qui va raconter… du vide.

Pour la petite histoire, on va retrouver une nana qui veut faire un documentaire autour de la disparition de son frère et de deux jeunes gens vingt ans plus tôt. En effet, lors de son sixième anniversaire (à la jeune femme qui en a maintenant 26), d’étranges lumières font leur apparition dans le ciel de Phoenix avant de disparaître. Fasciné par les extraterrestres, le frère en question décide de mener une enquête avant de disparaître soudainement. Menant aussi son enquête vingt ans plus tard, la jeune femme retrouve comme par magie un vieux caméscope dont l’armée lui demande gentiment de ne rien diffuser, ce qu’elle ne va pas faire. Bref, Phoenix Forgotten est une enquête d’une enquête qui est censée nous montrer la nature de ces lumières et les raisons de la disparition des trois jeunes gens. Jouant à fond la carte du documenteur et s’inspirant d’un fait réel survenu à Phoenix dans les années 90, ce film va tenter de susciter la peur et l’angoisse en montrant des jeunes qui se baladent dans un canyon et qui se faire poursuivre par les lumières géantes. Pas de quoi fouetter un chat.

Le problème avec ce genre de film, c’est que c’est bien souvent de l’esbroufe permettant de masquer un manque de budget évident. Et malgré les noms à la production de ce métrage, on se rend bien compte que l’on est dans la limite des biffetons disponibles. Volontairement mal cadré, avec des images d’archive qui grésillent et qui sautent, mettant en avant un type qui a la caméra scotchée au bras pour filmer tout et n’importe, Phoenix Forgotten enfile les défauts comme les perles et n’arrive jamais à rendre son sujet passionnant. Il faut dire que les personnages ne sont pas attachants et qu’ils ne sont pas mis en valeur par la mise en scène. On pourrait même dire qu’ils sont à la limite du supportable, tant ils sont têtus dans leur conviction, et mettant en avant que leur défaut, comme une pugnacité infantile et des rancœurs dû à un amour qui s’échappe. C’est d’une grande futilité et finalement, on se fout royalement du sort des trois protagonistes. En plus de cela, les acteurs sont assez pénibles et accumulent les poker face dans des moments peu glorifiants, comme en atteste l’une des photos de ce papier. Pour faire simple, ça joue mal, ça amplifie certaines émotions et ça ne marche jamais vraiment.

Ce qui aurait pu être intéressant, c’est tout l’apport qu’il y a autour de ce mystère, c’est cette enquête dans l’enquête, qui aurait pu apporter des éléments de réponses concernant le caractère des jeunes, ou encore leur motivation. Il n’en sera rien, le film préférant jouer constamment sur le mutisme de l’armée, l’arrêt des recherches de la police et des familles plus ou moins éplorées qui ne font que vanter les mérites de leurs enfants. C’est dommage car cette idée de montage était plutôt intéressante, alternant des moments récents avec des images retrouvées afin de susciter un intérêt un peu plus grand, mais malheureusement, cela ne fonctionnera jamais. Tout comme l’aspect faits réels ne passent pas vraiment. Cet argument est plus présent pour attirer le chaland que comme véritable point d’ancrage du métrage. On brode beaucoup, on fait de nombreuses hypothèses, mais finalement, rien n’est vraiment apporté par rapport à ce qu’il s’est réellement passé. Et on s’en fout un peu. Tout comme le réalisateur, dont la seule lubie est de montrer une fin qui se veut angoissante.

Le film gravite autour de deux genres bien précis, l’horreur et la science-fiction et franchement, le deuxième genre est complètement sous exploité, la faute certainement à un budget empêchant de mettre de petits hommes verts. L’horreur est alors privilégiée dans un final qui se veut tonitruant mais qui ne sert véritablement à rien. On va voir les protagonistes courir pour échapper à une lumière et un gros truc qui bouge dans tous les sens aspirer l’un d’entre eux (oui, je spoile comme un rat). Comme on se fout des personnages, et que l’on sait qu’ils ont disparu, on se doute bien de leur sort et même les jump scare sont ratés, n’offrant rien au niveau visuel, mais seulement d’un point de vue sonore, montant volontairement le son. Il n’y aura pas de montée d’angoisse, pas d’éléments un peu surprenants dans la démarche et l’aspect found-footage ne trouve pas tellement de justification dans un moment où normalement, la caméra est lâchée par le personnage. D’autant plus que l’on n’apprend rien sur le fond de l’histoire et que finalement, on ressort de ce film lessivé par une mise en scène chaotique et une histoire qui n’intéresse personne, la faute à un manque de fond et d’intéressement pour son propre sujet.

Au final, Phoenix Forgotten est un très mauvais film et on se demande comment Wes Ball et Ridley Scott ont pu se fourvoyer dans un tel navet. Sans aucun intérêt pour son scénario ou pour ses personnages, Justin Barber livre là un film qui pourrait être opportuniste, mais qui arrive après la vague found-footage et qui, espérons-le, ne relancera pas le tsunami d’un genre usé jusqu’à la corde, qui n’a plus rien à raconter depuis belle lurette.

Note : 02/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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