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Mon Ket – François S’Embrouille

De : François Damiens

Avec François Damiens, Matteo Salamone, Tatiana Rojo, Christian Brahy

Année : 2018

Pays : Belgique, France

Genre : Comédie

Résumé :

Dany Versavel a un souci avec son fils : à 15 ans, Sullivan ne veut plus d’un père qui fait le king derrière les barreaux. Pour Dany, son « ket », c’est sa vie, hors de question de le laisser filer. Il décide donc de s’évader de prison prématurément ! Entre cavales, magouilles et petits bonheurs, il a tant de choses à lui enseigner. Un apprentissage à son image. Au pied de biche, sans pudeur ni retenue. Mais là où l’on pouvait craindre le pire, se cache peut être le meilleur…

Avis :

Venu tout droit de chez nos voisins les Belges, François Damiens est l’une des plus belles révélations des années 2000. Que ce soit dans le comique (le culte « Dikkenek« ) ou dans le drame (« Suzanne« ), Français Damiens a plus que largement convaincu. Comédien hilarant au très fort capital sympathie, il s’est fait connaître chez nous aux alentours de 2004, une fois que, trop connu chez lui, il ne pouvait plus tourner de caméras cachées. Énorme succès, François Damiens a depuis tourné avec bon nombre de réalisateurs et aujourd’hui, à quarante-cinq ans, il franchit une nouvelle étape, et passe à la réalisation d’un long-métrage.

Avec « Mon Ket » (ce qui veut dire mon fils en Wallon), François Damiens a eu le don de piquer notre curiosité et notre excitation à vif. Imaginez un peu un François l’embrouille sur tout un long-métrage. Entièrement tourné en caméra cachée, « Mon Ket » se faisait déjà hilarant rien qu’avec sa bande-annonce. Mais voilà, si on ne peut nier que plusieurs des canulars pourront faire sourire, et même rire, sur l’ensemble, « Mon Ket » est une terrible déception. Sans scénario, alors que l’on nous vend justement un film qui dépasse l’idée de sketches mis bout à bout, « Mon Ket » est un film en roue libre, qui prend le prétexte d’une intrigue, pour finalement faire en plus long ce que François Damiens livrait il y a quinze ans de cela en version courte. On regrettera donc de se trouver dans un ensemble de sketches qui finalement, sur l’ensemble, offre quelque chose qui n’a ni queue ni tête. Bref, c’est vraiment dommage.

Dany Versavel est un gangster extravagant qui s’est fait arrêter et jeter en prison. David a un fils et il a un problème avec celui-ci, car son fils Sullivan, quatorze ans, ne veut plus de ce père, tout le temps coincé derrière ces barreaux. Pour retrouver l’amour de son « Ket », David s’évade de prison. Commence alors une sacrée cavale…

Un long-métrage entièrement tourné en caméra cachée qui raconterait quelque chose en plus de faire des blagues, et qui en prime serait tenu par François Damiens en personne, aussi bien devant que pour la première fois derrière la caméra, franchement, le projet avait de quoi faire rêver. Oui, enfin, ça, c’était sur le papier et dans nos fantasmes, car en images, le film s’avère être une belle déconvenue et c’est une telle tristesse d’écrire ceci.

« Mon Ket » est donc un film qui nous a été vendu comme un long-métrage qui en plus de son concept délirant, allait aussi nous raconter quelque chose et c’est bien là que le film coince, car il ne raconte absolument rien. Si le début de son histoire partait plutôt bien, très vite, le concept du film finit par étouffer sa trame et l’on se retrouve devant des séquences de caméras cachées qui peuvent être drôles, mais qui ne sont pas toutes réussies non plus (celle du joueur de foot est tellement « malaisante » et interminable), qui s’enchaînent sans vraiment de cohérence. Parfois même, on se demande ce que certaines d’entre elles font dans le film, tant à aucun moment elles ne servent l’intrigue ou l’épaississent.

De plus, si on ne peut nier qu’on s’amuse de certains moments plutôt cocasses et bien vus (un repas de famille, ou avec une cliente d’une épicerie) d’autres seront vraiment vulgaires allant chercher vers le ridicule. En plus de la scène du joueur de foot, on peut mentionner la scène de l’hôpital qui tourne en rond et finit par s’essouffler, tant l’idée est vulgaire. C’est trop bien mis en scène pour être de la caméra cachée. À plusieurs instants, on n’y croit pas une seconde, et l’on quitte le film avec le doute permanent de la technique.

Un doute qui peut aussi s’installer du côté des scénarios, comme la scène de la salle d’attente par exemple, et la rentrée qu’y fait François Damiens est vraiment très très grosse. Et finalement, pour vraiment y croire, il ne reste que certaines réactions, tellement spontanées, qu’elles ne peuvent qu’être réelles.

Je quitte donc « Mon Ket » la boule au cœur, tant je pensais m’éclater et que finalement, ce ne fut pas vraiment le cas. Amusant certes, on ne peut pas rester insensible face à certaines situations, mais sur l’ensemble, « Mon Ket » déçoit par sa bêtise, sa vulgarité, son incohérence et sa façon de ne rien raconter, tout comme il déçoit aussi dans ce doute permanent sur la réalité du concept… Bref, ce premier film signé François Damiens est une amère déception.

Note : 7,5/20

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Par Cinéted

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