Thy Art is Murder – Dear Desolation

Avis :

L’Australie, ce n’est pas qu’une terre accueillante avec ses belles plages, son gros rocher, son bush, ses animaux mortels et ses tueurs psychopathes que l’on peut voir notamment dans Wolf Creek. Non, l’Australie, c’est aussi de la musique et si on jette une oreille attentive au métal venu de ce coin, on se retrouve avec de jolies choses. Bien évidemment, tout le monde connait AC/DC et leurs rejetons Airbourne, mais là, on va parler de quelque chose d’un peu plus virulent, d’un peu plus poussif, puisque l’on va parler de Thy Art is Murder, un groupe de Deathcore qui est apparu en 2006. Porté par un excellent bouche à oreille, le groupe va battre certains records inédits pour du Deathcore, à savoir atteindre des places astronomiques dans certains charts. Fort de cette consécration, le groupe va alors sortir un album tous les deux/trois ans. Ainsi donc, on se retrouve face à Dear Desolation en 2017, le quatrième effort du groupe, qui marque aussi le retour sur le devant de la scène de leur chanteur, Chris McMahon, qui était parti en cure de désintoxication et avec une nouvelle fiancée. Cet album marque alors un certain retour aux sources pour le groupe, mais visiblement il divise les fans. Allons donc jeter une oreille dans cette galette qui essaye de faire bouger la scène Deathcore, encore très underground et répétitive.

Le premier titre de cet album annonce clairement la couleur. Slaves Beyond Death est un morceau très lourd, très dense et surtout très répétitif. Ca blaste dans tous les sens, la batterie n’arrête pas une seule seconde avec les doubles pédales, tant et si bien que cela en devient presque parfois inécoutable. En fait, le principal problème avec ce début, c’est que l’on est proche d’un Black, avec des paroles de Death et certains breaks propres au Core, et du coup, le mélange est assez virulent, un peu trop, et c’est la mélodie ou l’ambiance voulue qui en prend un coup. Si le groupe voulait marquer les esprits avec un premier titre sauvage, c’est chose faite. On retrouvera cette fougue dans d’autres titres, mais cela sera plus sporadique, dans le sens où il y a des moments un peu plus calmes dans les morceaux, permettant de souffler un peu avant de repartir pour la bataille. On peut ainsi citer The Skin of the Serpent, Into Chaos We Climb ou encore Man is the Enemy. Le principal problème avec un album comme celui-ci, c’est qu’il manqué de variations et on a l’impression de n’avoir que des titres qui ne restent pas en mémoire. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe avec Dear Desolation, qui est un album qui frappe fort, peut-être un peu trop, et qui n’arrive pas à sortir de hits.

Néanmoins, on pourra presque dire que le groupe s’est assagi et cherche à créer une certaine ambiance qui se retrouve dans certains morceaux et dans les paroles. Le groupe ne cache pas ses velléités face à l’espèce humaine, nous montrant comme des parasites sur la terre, mais aussi comme des personnes incapables d’amour ou de compassion. On retrouvera aussi des paroles contre les religions, notamment avec Puppet Master qui tire à boulets rouges sur les églises et les faux prophètes. Le groupe peaufine alors son imagerie anticléricale, en plus de son logo avec ce pentagramme vers le bas, symbolisant quelque part le satanisme. Pour autant, ce n’est pas l’idéologie première du groupe et on se doute bien que c’est là pour choquer les bienpensants. Ensuite, le groupe essaye donc de rendre une copie un peu plus propre qu’à l’accoutumée avec une atmosphère un peu plus soignée. On peut noter différentes introductions qui font leur petit effet comme sur Death Dealer par exemple, affichant clairement une volonté de rendre son titre plus sombre qu’il ne l’est déjà. On retrouve cela sur Fire in the Sky aussi, donnant ainsi une certaine marque à ce morceau, malgré sa violence intrinsèque. Le rythme plus lent fait aussi que ce titre sort un peu des sentiers battus et permet de souffler un peu face à ce maelstrom de violence. Enfin, on peut voir que le groupe essaye de mettre en avant sa technicité, notamment sur l’étonnant solo de The Son of Misery, un titre là aussi un peu nouveau pour le groupe, ce qui doit ébranler les fans de la première heure.

Au final, Dear Desolation, le dernier album en date de Thy Art is Murder, est plutôt sympathique même s’il s’adresse, comme d’habitude, aux initiés du genre, les autres trouvant cela trop rude, trop violent, et certainement sans aucune mélodie. Pour autant, le groupe essaye de changer, propose quelque chose d’un peu moins frontal et c’est certainement cela qui a valu les foudres de certains fans hardcore. Il en résulte un album fidèle au Deathcore, un peu figé et trop bourrin, mais qui a le mérite de proposer autre chose de faire bouger cette scène trop enfermée sur elle-même.

  1. Slaves Beyond Death
  2. The Son of Misery
  3. Puppet Master
  4. Dear Desolation
  5. Death Dealer
  6. Man is the Enemy
  7. The Skin of the Serpent
  8. Fire in the Sky
  9. Into Chaos We Climb
  10. The Final Curtain
  11. No Absolution

Note : 13/20

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Par AqME

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