novembre 30, 2020

The Queen

De : Stephen Frears

Avec Helen Mirren, James Cromwell, Alex Jennings, Gray O’Brien

Année: 2006

Pays: Angleterre, France, Italie

Genre: Drame, Biopic

Résumé :

Dimanche 31 août 1997. La princesse Diana meurt des suites d’un accident de voiture survenu sous le pont de l’Alma à Paris. Si cette disparition plonge la planète dans la stupeur, elle provoque en Grande-Bretagne un désarroi sans précédent.
Alors qu’une vague d’émotion et de chagrin submerge le pays, Tony Blair, élu à une écrasante majorité au mois de mai précédent, sent instantanément que quelque chose est en train de se passer, comme si le pays tout entier avait perdu une soeur, une mère ou une fille.
Au château de Balmoral en Ecosse, Elizabeth II reste silencieuse, distante, apparemment indifférente.
Désemparée par la réaction des Britanniques, elle ne comprend pas l’onde de choc qui ébranle le pays. Pour Tony Blair, il appartient aux dirigeants de réconforter la nation meurtrie et il lui faut absolument trouver le moyen de rapprocher la reine de ses sujets éplorés.

Avis :

Grand, très grand cinéaste britannique, Stephen Frears, sujet de sa majesté la Reine Elizabeth II, illumine avec plus ou moins de réussite le monde du cinéma depuis maintenant une bonne quarantaine d’années. Les années 2000 pour Stephen Frears ont commencé de manière plutôt discrète, puisque « Liam« , « Point de limite« , « High Fidelity« , « Dirty pretty things, loin de chez eux » ou encore « Madame Henderson présente« , même si les réactions vont plutôt dans le positif, sortent de manière presque fermée. Peu de salles, peu de médias, et finalement peu de spectateurs.

Mais la donne va changer avec « The Queen« . Il faut dire que le réalisateur revient là, avec un sujet des plus brûlants. Neuf ans après la mort tragique de la Princesse des cœurs, Stephen Frears a décidé de mettre en scène un point de vue. Un point de vue étonnant, audacieux et essentiel, celui de la Reine. Et cette audace va se révéler payante, puisque « The Queen« , sur les huit films de la décennie 2000 pour Stephen Frears, va se révéler être l’un de ses meilleurs, si ce n’est son meilleur. Intéressant en tout point, portrait intime d’une famille pas comme les autres, Stephen Frears offre un film qui nous plonge tellement au plus près des évènements, qu’il finit par presque en avoir des allures de documentaire.

30 Aout 1997, alors que Lady Diana Spencer est la femme la plus médiatisée du monde, elle meurt tragiquement dans un accident de voiture sur Paris. Le choc est terrible et une vague insurmontable d’émotion envahit le monde, et plus particulièrement l’Angleterre. Alors que le pays est en larmes, la Reine Elisabeth est « en vacances » dans sa demeure de Balmoral en Écosse. La Princesse étant divorcée du Prince de Galles, la Reine juge que sa mort n’est plus une affaire d’état, mais une affaire privée qui ne concerne que la famille Spencer. Loin de Londres, la Reine ne se rend pas compte de l’amour de ses sujets pour Diana et alors que le peuple attend une réaction, la Reine tarde à répondre. Et ce silence incompréhensible amène le pays vers une crise qu’elle ne soupçonnait pas. Une crise que le Premier ministre fraîchement nommé, Tony Blair, va devoir gérer.

« The Queen« , c’est l’un des films les plus ambitieux et surtout osés que Stephen Frears a mis en scène. Moins de dix ans après la mort tragique de Lady Diana, qui reste encore dans toutes les mémoires, le réalisateur des « … liaisons dangereuses » et autre  » et « Tamara Drewe » ose mettre en lumière cet évènement sans précédent dans le pays. Et avec « The Queen« , derrière le portrait touchant de sa majesté, Stephen Frears livre un film plus profond encore.

Crise effroyable, évènement insurmontable, la mort accidentelle de Lady Diana a sûrement été l’un des moments les plus lourds de conséquence du règne de la Reine. Ce qui est parfaitement intéressant avec ce film, c’est bien entendu la plongée vertigineuse que le cinéaste montre ici. Une plongée dans l’intimité d’une Reine qui va alors commettre beaucoup d’erreurs. Une Reine seule, piégée au beau milieu de protocoles et l’envie de modernité de son pays. Une modernité dont elle va finalement, et sûrement trop tard, se rendre compte.

Avec ce film, Stephen Frears nous captive de bout en bout, et il est fascinant de voir la Reine réagir face à cette crise. Le cinéaste peint ici le portrait d’une femme fragilisée qui va être bousculée dans ses convictions. Une femme qui est déconnectée d’une certaine réalité. Mais une femme aussi qui peut être à l’écoute. On appréciera les conversations qu’elle peut entretenir avec son Premier ministre Tony Blair, qui lui aussi, va se retrouver bousculé dans ses convictions. Stephen Frears arrive à nous toucher en faisant un portrait réaliste et finalement cette « Reine des glaces », dont certains journaux iront jusqu’à se poser la question de savoir si elle a un cœur, finit par en être terriblement touchante, car elle est perdue face à cet évènement.

Avec ce film, Stephen Frears nous offre un point de vue, un regard, et traite cet évènement comme un documentaire, sans jugement aucun. Parfaitement tenu, Stephen Frears laisse sa mise en scène parfois s’incruster d’ingénieuse manière entre les images d’archive pour un rendu plus que réaliste des évènements et des faits. « The Queen« , c’est une plongée d’une bonne heure et demie dans les coulisses du pouvoir. Et entre le cabinet ministériel presque assiégé et un château en Écosse presque oublié, perdu au milieu de nulle part, Stephen Frears met parfaitement en scène deux mondes, deux ambiances, deux ressentis, deux ambitions et surtout deux époques, une protocolaire et traditionnelle, où l’on reste discret et une autre plus moderne. D’ailleurs, dans un sens, et ce film le montre très bien, la mort de la Princesse du peuple amorce la modernité de la monarchie britannique.

Ce portrait sensible, juste, et sublime, est porté par une Helen Mirren incroyable qui est dans le moindre détail la Reine. Aussi incroyable dans ses discours que ses silences, la comédienne, qui ira chercher son Oscar de la meilleure actrice, en impose et elle est aussi captivante que touchante, presque bouleversante sur certaines séquences.

Si Helen Mirren est incroyable, on a souvent tendance a oublié ici Micheal Sheen qui incarne Tony Blair et l’acteur excelle dans le rôle du chef du gouvernement. Très nuancé, il s’avère aussi touchant que la Reine, car lui-même se trouve bousculé par cette crise historique. D’ailleurs, le film se conclut par une sublime scène entre les deux personnages, qui apprennent de leurs erreurs.

« The Queen » n’était pas une mince affaire, et Stephen Frears livre là un film magnifique de justesse. Juste et sensible, terrible et émouvant, déconcertant, coincé entre tradition et modernité. Drame historique et crise politique, le réalisateur et ses deux acteurs se sont littéralement emparés de ce sujet et ensembles, ils nous livrent une triste et sublime plongée au plus près de cette crise sans aucun précédent.

Note : 16,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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