octobre 27, 2020

L’Homme qui Tua Don Quichotte

Titre Original : The Man Who Killed Don Quichotte

De: Terry Gilliam

Avec Jonathan Pryce, Adam Driver, Olga Kurylenko, Stellan Skarsgard

Année: 2018

Pays: Angleterre, Espagne, France, Portugal, Belgique

Genre: Aventure

Résumé:

Toby, un jeune réalisateur de pub cynique et désabusé, se retrouve pris au piège des folles illusions d’un vieux cordonnier espagnol convaincu d’être Don Quichotte. Embarqué dans une folle aventure de plus en plus surréaliste, Toby se retrouve confronté aux conséquences tragiques d’un film qu’il a réalisé au temps de sa jeunesse idéaliste: ce film d’étudiant adapté de Cervantès a changé pour toujours les rêves et les espoirs de tout un petit village espagnol. Toby saura-t-il se racheter et retrouver un peu d’humanité? Don Quichotte survivra-t-il à sa folie? Ou l’amour triomphera-t-il de tout?

Avis:

« L’homme qui tua Don Quichotte« , film légendaire avant même sa possible sortie en salle. On ne peut pas écrire un avis bon ou mauvais sur ce film, sans prendre le temps, l’espace de quelques lignes, de revenir sur sa genèse. Genèse aux multiples rebondissements qui finiront par faire de ce film une légende, et un pur fantasme de cinéma. « L’homme qui tua Don Quichotte« , c’est LE projet qui a tenu le plus à cœur le téméraire Terry Gilliam. L’idée d’un film lui vient au début des années 90. Un premier film sera alors mis en branle en 2000 avec Jean Rochefort et Johnny Depp dans les rôles principaux. Comme chacun sait, le tournage sera avorté et de cette malheureuse expérience, il en restera l’excellent documentaire « Lost in la Mancha« . Depuis cette tentative échouée, le projet de Terry Gilliam aura connu moult versions, réécritures et visages. Tour à tour Robert Duvall, Ewan McGregor, John Hurt, Jack O’Donnell, ou encore Michael Palin sont annoncés dans les différents projets de tournage. Mais finalement, c’est l’habitué Jonathan Pryce et la jeune star montante Adam Driver qui seront de la partie, comme encore le tournage de « L’homme qui tua Don Quichotte » se fait en Mars 2017. On ne reviendra pas sur les différentes batailles juridiques entre le réalisateur et certains producteurs, qui nous auront tenues en suspens jusqu’à deux ou trois semaines avant la sortie du film en salle.

« Il l’a fait… Il y est arrivé, ce vieux dégénéré… » voilà ce qu’on peut se dire à la sortie de « L’homme qui tua Don Quichotte« . Une sortie qui met alors un terme à plus de vingt ans de « suspens ».

Alors il est vrai qu’un projet qui a connu de tels rebondissements avait de quoi faire peur, car en plus de l’attente, voire de l’impatience pour certains, que le film a pu susciter, on était en droit de se demander si au final, le film n’allait pas en souffrir.

Mais qu’on se rassure, cette nouvelle et définitive version Made In Terry Gilliam est un petit bijou de cinéma. Drôle, décalé, déjanté, inventif et pile-poil dans le style de Terry Gilliam qu’on aime tant, l’attente fut longue, parfois désespérante, elle a peut-être laissé des regrets et des fantasmes (qu’est-ce que j’aurais aimé voir la version Rochefort/Depp), mais finalement, l’attente, si longue fut-elle, valait le coup, tant le film est bon et l’on passe un moment en tout point génial !

Toby est un jeune réalisateur que son métier a fini par bouffer. Cynique et perdu, il réalise aujourd’hui un film sur le chevalier Don Quichotte de la Mancha. Film qui fut aussi son film de fin d’études, voilà plus d’une dizaine d’années. Et c’est en tombant sur une copie de son film que le jeune réalisateur, qui est revenu dans la région où jadis il avait tourné ce premier film, décide de retrouver l’homme qu’il avait engagé pour incarner son Don Quichotte. Mais en allant à la recherche de ce vieil homme, Toby était très loin de s’imaginer la folle aventure qu’il allait vivre.

Très libre adaptation du roman de Miguel De Cervantès (que je n’ai pas lu, mais de ce que j’ai pu lire, Terry Gilliam a mixé plusieurs idées pour faire ce film et il s’est éloigné énormément de l’œuvre de base), Terry Gilliam nous invite ici à découvrir l’une des plus riches aventures de cette année 2018.

Mixant, conjuguant et réinventant son scénario, le réalisateur britannique nous entraîne dans un film tout à fait personnel tant on peut y voir à travers ces deux personnages la mésaventure que le film a pu infliger à son réalisateur. Totalement décalé et jouissif à la fois, « L’homme qui tua Don Quichotte » est un film entre réalité, imaginaire et folie douce. Le scénario est excellent, à la fois simple et complexe. Ce récit est bourré de métaphores, d’allusions, de fantasmes, de flash-backs tous plus merveilleusement amenés les uns que les autres. Terry Gilliam s’amuse à nous perdre dans les méandres de cette aventure on ne peut plus atypique. Si l’on peut constater que le film a quelque peu du mal à se lancer, on se laissera doucement mais sûrement conquérir par cette folie douce et c’est avec le plus grand des plaisirs de spectateur que les deux heures et quart que dure le film ne se voient absolument pas passer. On est baladé entre présent et passé. On reste intrigué et attentif entre le réel et l’imaginaire. On s’amuse de situations parfaitement cocasses. Il y a un joli travail d’écriture, « L’homme qui tua Don Quichotte » est un petit bijou de richesse, d’humour et en même temps de sérieux. Oui, peut-être que j’extrapole, mais à travers le personnage de ce réalisateur frustré qui va constater les ravages de son film sur les autres, on peut y voir aussi les souffrances du réalisateur lui-même qui a tellement souffert pour pouvoir enfin réaliser son rêve. Rêve que l’on pourrait aisément comparer à une folie. Folie de l’avoir continué, d’avoir persisté et voulu aller au bout, alors que tant d’autres auraient jeté l’éponge.

En plus d’avoir un scénario solide et enivrant, « L’homme qui tua Don Quichotte » est aussi un film à la mise en scène merveilleuse. Soigné, inventif, truffé de plans tous plus beaux les uns que les autres. Le film est atteint d’une belle inventivité qui conjugue modernité et imaginaire, pour livrer une folie à l’écran. Inutile de préciser que la photo est sublime, que les décors sont incroyables et que les effets spéciaux ont de la gueule.

Puis enfin, il y a ce casting parfait, drôle et attachant à la fois. Si l’on pourra toujours regretter certains des castings qui ont été annoncés par le passé, ce dernier est parfait. Entre un Jonathan Pryce qui s’éclate dans le rôle de Don Quichotte et Adam Driver qui étonne à chaque instant, il est bien impossible de ne pas s’attacher à eux. De plus, ils sont soutenus par de très bons comédiens. Stellan Skarsgård, Olga Kurylenko, Jordi Mollà, Joana Ribeiro (très belle découverte), Sergi López ou encore Rossy de Palma qui était prévue depuis le premier tournage.

« L’homme qui tua Don Quichotte« , c’est un style de cinéma particulier, où il risque d’avoir peu de demi-mesure. On entre dans le délire et l’on adore, ou l’on reste en dehors et la séance va être longue. Pour ma part, je suis totalement conquis par ce film un peu dingue. « L’homme qui tua Don Quichotte » est un très très bon moment de cinéma. On s’amuse, on voyage, on s’attendrit, on est pris dans son intrigue, on reste attentif, jusqu’où cette folie douce pourra-t-elle aller ? Bref, l’attente fut longue et douloureuse, mais franchement elle valait le coup !

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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