décembre 2, 2020

Le Dernier Samaritain

Titre Original : The Last Boy Scout

De: Tony Scott

Avec Bruce Willis, Damon Wayans, Chelsea Field, Noble Willingham

Année: 1992

Pays: Etats-Unis

Genre: Policier, Action

Résumé :

Détective privé alcoolique et cynique, Joe Hallenbeck fut autrefois un héros des services secrets. Sa carrière a tourné court, tout comme celle du footballeur noir Jimmy Dix, qu’il rencontre dans une boîte de nuit où se produit Cory. L’assassinat de cette dernière va lancer les deux hommes dans une enquête difficile et musclée…

Avis :

Le Buddy movie est un genre qui est un peu tombé en désuétude au début des années 2000. Le but de ce genre de film est de présenter un duo qui n’est pas fait pour s’entendre au départ, et qui va devoir faire équipe pour résoudre une enquête policière complexe. Au rayon des films les plus connus, on peut citer L’Arme Fatale avec Mel Gibson et Danny Glover, Bad Boys de Michael Bay ou encore Le Dernier Samaritain avec Bruce Willis et Damon Wayans. C’est d’ailleurs ce dernier qui va nous intéresser et cela pour diverses raisons. La première, c’est qu’à l’époque, toute l’équipe réunie autour du projet était complètement folle. Shane Black au scénario, sortant alors de L’Arme Fatale, Tony Scott à la réalisation alors qu’il est à l’apogée de son art, sortant coup sur coup Top Gun et Le Flic de Beverly Hills 2, et Joel Silver à la production, qui est aussi l’homme derrière L’Arme Fatale. Le deuxième raison pour laquelle ce film nous intéresse, c’est parce qu’il met en avant un Bruce Willis alors au sommet de sa carrière et qui trouve là un rôle sur mesure. Enfin, Le Dernier Samaritain possède un message assez sympathique dans sa thématique tournant autour des paris sportifs et des hommes brisés par ce sport et l’argent. Autant de raisons qui font de ce film un incontournable dans le genre.

L’histoire se déroule à Los Angeles où un détective privé (ancien des services secrets) va accepter un job où il doit protéger une jeune danseuse. Lorsqu’elle se fait tuer sous ses yeux par des professionnels, l’affaire devient alors plus dangereuse et il va devoir faire équipe avec le petit ami de la défunte, un ancien footballeur pro qui cherche un sens à sa vie. Le duo va alors tomber dans une affaire de paris sportifs, de corruption et de gros billets. Comme on peut le voir, le pitch de départ est assez mince et pourtant, Tony Scott va mettre en avant certaines pratiques proprement scandaleuses. Le film mélange habilement la corruption politique avec les paris sportifs et on va se prendre au jeu de savoir qui va avoir le dernier mot entre les méchants et notre duo que tout, ou presque oppose. D’ailleurs, le film sera très manichéen, avec d’un côté les méchants qui veulent aller au bout de leur tour de passe-passe, et les gentils qui veulent savoir la finalité de cette manipulation. Mais ce manichéisme va être contrebalancé avec des personnages savamment écrits, notamment du côté du duo.

En effet, Bruce Willis campe un détective privé désabusé qui n’a plus aucun amour propre. Sa femme le trompe, sa fille lui manque de respect et l’insulte, et il ne réagit pas plus que ça. C’est clairement un paumé qui cherche un nouveau sens à sa vie et qui trouver une certaine grâce avec cette enquête tortueuse et ce jeune footballeur fougueux qui cache aussi des squelettes dans son placard. D’ailleurs, Damon Wayans est très convaincant dans ce rôle, devenant parfois agaçant, mais très souvent touchant, notamment quand il parle de la dureté de son métier et de la façon dont on lâche les joueurs blessés, ne servant plus à rien. Le film, malgré un ton parfois léger et badin, arrive à insuffler des moments vraiment dramatiques qui touchent et qui font leur petit effet. On a vraiment une belle caractérisation des personnages et même si c’est très linéaire et manichéen, ça marche du tonnerre. Et ce sera la même chose pour les personnages secondaires comme Danielle Harris, encore toute jeune et sortant de la licence Halloween, jouant ici une fille qui déteste son père, mais qui va le découvrir d’une nouvelle manière. Là aussi, le personnage est assez simple, mais il est bien interprété et il possède un certain fond. Le petit bémol viendra des méchants, trop caricaturaux et parfois décevants, notamment dans leurs réactions trop exagérées ou trop passives.

Mais qu’importe, le plaisir est là et on ne s’ennuie pas un seul instant dans ce film, notamment grâce à la performance de Tony Scott. Alors en pleine forme, le regretté cinéaste s’en donne à cœur joie dans la réalisation, offrant des moments d’une grande générosité sans jamais tomber dans la surenchère. La réalisation est propre, les gunfights sont prenants, il y a une vraie violence qui se dégage des images et même, par moments, des passages assez glamours, comme lorsque Damon Wayans discute avec Halle Berry sur un canapé, le tout nimbé d’une couleur bleue. Les seules petits reproches que l’on peut faire au film, qui accuse maintenant près de 26 ans d’âge, c’est que certains effets spéciaux sont assez visibles, comme lorsque les voitures tombent le long d’une colline avec des mannequins en mousse à l’intérieur, ou encore lorsque la voiture tombe à pic dans une piscine alors qu’elle se propulse d’un tout, ou bien certaines explosions qui sont incrustées sur un fond. Cela n’entache en rien la qualité intrinsèque du film, mais ce sont des moments qui sont aujourd’hui visibles et peuvent prêter à sourire.

Enfin, le film fonctionne parfaitement grâce à la prestation sans faille des acteurs. Bruce Willis est au meilleur de sa forme et joue un personnage qui lui colle à la peau, un peu comme une sorte de John McLane. Ici, il est charismatique, magnétique et se permet des punchlines qui font mouche à chaque fois et qui font désormais partie du panthéon des dialogues les plus badass. Mais il n’est pas en reste, puisque Damon Wayans tient parfaitement son rôle, ce gros dur qui cache un lourd malaise à cause de sa fin de carrière lamentable. L’acteur arrive à faire rire tout en étant touchant et ce n’est pas facile. Encore une fois, le seul défaut du film provient des méchants qui sont trop dans la surenchère et qui ne font pas vraiment peur pour les héros ou leurs proches.

Au final, Le Dernier Samaritain est une vraie réussite et il continue aujourd’hui à fonctionner à plein régime. A la fois drôle et touchant, nerveux avec une intrigue intéressante, et réalisé avec une main de maître, il s’agit là d’un film qui aura marqué son époque et qui continue aujourd’hui de fasciner un public avide de buddy movie efficace, ce qui se fait de plus en plus rare. Et c’est bien dommage…

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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