septembre 28, 2020

Serpico

De : Sidney Lumet

Avec Al Pacino, John Randolph, Jack Kehoe, Biff McGuire

Année: 1974

Pays: Etats-Unis, Italie

Genre: Policier

Résumé:

Policier intègre, Serpico lutte contre la corruption généralisée au sein de la police new-yorkaise. Détesté de tous, collègues comme supérieurs, il ne pourra compter que sur lui-même pour mener à bien sa croisade pour la justice.

Avis:

Sidney Lumet, quel réalisateur. Si je devais faire un top de mes réalisateurs préférés, c’est sans la moindre hésitation que Sidney Lumet en ferait partie et ça, alors même que je suis très loin d’avoir vu tout sa filmographie. Il faut dire que le Monsieur, pour les films que j’ai vu de lui, a eu tendance à faire très fort, car entre « 12 Hommes en colères« , « 7 h 58 ce samedi-là« , « À bout de course« , « Un après-midi de chien« , et même le trip « The Wiz« , Sidney Lumet a conquis mon cœur à chaque fois, comme rarement des auteurs ont pu le faire.

Dans la carrière d’Al Pacino, beaucoup de films ressortent et sont très souvent cités, et ont peu dire aisément que « Serpico » fait partie du peloton de tête. Il faut dire qu’encore une fois, Sidney Lumet a assuré le spectacle avec ce pur polar, à la fois dur, passionnant et terrible. Avec ce film, Sidney Lumet nous offre une plongée impressionnante, réaliste, et qui n’a pas pris une ride, dans la police corrompue de New-York.

Frank Serpico est un policier intègre de la police de New-York. Voulant révolutionner la police, et ayant un fort sens du devoir, il se lance alors dans une lutte acharnée contre la corruption. Détesté de tous, sa croisade pour laver la police de New-York de ses démons devient alors de plus en plus dangereuse.

Polar culte de chez culte des années 70, « Serpico » est l’un des meilleurs polars qui existe. Bon, il faut dire qu’on n’a rien à lui reprocher tant Sidney Lumet a tout mis ici. L’ambiance est palpitante et très réaliste. Sidney Lumet nous plonge littéralement dans ce New-York archi corrompu et plus son film avance et plus son ambiance s’endurcit.

Cette ambiance est soutenue par une mise en scène qui n’est que béton armée ! « Serpico« , c’est un film dynamique, qui tient un rythme soutenu, et en même temps, Sidney Lumet lui laisse le temps de respirer et de bien présenter les choses, allant bien en profondeur, pour nous rappeler le contexte et l’époque.

J’ai énormément apprécié le New-York que filme-là Sidney Lumet. Un New-York loin des cartes postales, un New-York aussi beau qu’il est sombre et inquiétant parfois et comme le film vole tranquillement vers ses cinquante ans, « Serpico« , c’est aussi un New-York qui a énormément de charme, c’est un New-York rétro qui n’existe plus et dans certains de ses aspects, c’est bien dommage.

« Serpico« , c’est bien entendu un scénario fabuleux qui tient debout à tout instant. C’est un scénario passionnant aussi bien dans son enquête, son divertissement, ou ce qu’il pointe du doigt. Sidney Lumet, qui adapte ici une histoire vraie, a parfaitement su faire la part des choses et ici son film sera aussi haletant que touchant. On sent qu’il y a ici un vrai travail d’écriture et de recherche. Sidney Lumet explique parfaitement la problématique de cette corruption et tout ce qui tourne autour. Et en même temps, le réalisateur a pris le temps de nous présenter un personnage passionnant et surtout terriblement touchant. On pourrait peut-être regretter une histoire d’amour jolie certes, mais qui prend un chouia trop de place. Mais c’est vraiment histoire de chipoter un peu, tant le film est bon.

Enfin, et comme on s’en doute, « Serpico« , c’est Al Pacino dans l’un de ses plus grands rôles. Flic tenace, entêté, avec des principes, Pacino est passionnant de bout en bout et il arrive à être tellement touchant. Frank Serpico est un personnage qui ne triche pas et l’on sent le comédien totalement investi, poussant son jeu à l’extrême, jusqu’au boutiste. On notera d’ailleurs qu’Al Pacino avait été nommé à l’Oscar cette année-là, et c’est bien dommage qu’il ne l’ait pas remporté tant il est bon et convaincant (cette année, c’est l’immense Jack Lemmon qui l’avait eu pour « Sauvez le tigre » de John G. Avildsen).

Bref, découvert il y a une bonne quinzaine d’années maintenant, je me suis replongé avec plaisir dans ce bon vieux film de Sidney Lumet et il reste encore et toujours un pur moment de cinéma. Polar noir génial, film politique qui dénonce la corruption, et divertissant, passionnant, le tout tenu par un Al Pacino magistral et une BO fabuleuse de Mikis Theodorakis qui nous envoûte encore un peu plus, franchement, on ne peut quasi rien lui reprocher à ce film. C’est bon, très bon, c’est grand, c’est puissant, c’est impliqué…

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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