A Taxi Driver

Titre Original : Taeksi Woonjunsa

De : Hun Jang

Avec Song Kang-Ho, Thomas Kretschmann, Hae-Jin Yoo, Park Hyuk-Kwon

Année: 2018

Pays: Corée du Sud

Genre: Drame

Résumé:

Mai 1980, Séoul. Des manifestations dénonçant la loi martiale proclamée par le dictateur Chun Doo-hwan troublent la routine de Kim Man-seob, un chauffeur de taxi mal embouché et criblé de dettes, élevant seul sa fille. Pour lui, chaque course compte. Lorsqu’il entend un confrère se vanter qu’on lui a promis une somme colossale pour emmener un Occidental dans la ville de Gwangju, il se précipite au point de rendez-vous afin de lui voler son client, un journaliste allemand se faisant appeler Peter. Ce dernier a l’intention d’enquêter clandestinement sur certaines rumeurs indiquant que Gwangju serait assiégée par l’armée et coupée du reste du pays.

Avis:

On ne sait pas grand-chose de Jang Hoon, car « A Taxi Driver » est sûrement le premier de ses films à arriver jusqu’à chez nous. Oui, je mets beaucoup d’interrogations dans cette présentation, car il est difficile de trouver des éléments sur lui, tant selon les sites, l’orthographe de son nom change et bien sûr la liste des films qu’il aurait réalisé.

Quoi qu’il en soit, présenté au dernier festival du film coréen de Paris, « A Taxi Driver » a fait son petit effet. Si bien qu’il a trouvé un diffuseur via le E-Cinéma. Je l’avais raté en Novembre dernier, je me rattrape alors aujourd’hui et je dois dire que c’est vraiment triste qu’un film pareil se voit privé de sortie en salle. Assez différent de ce que le cinéma coréen fournit habituellement, « A Taxi Driver » relate des faits réels durs et violents et se trouve être alors un film tout en émotion. Film politique et véritable quête de soi-même, « A Taxi Driver » s’impose comme un film prenant, et même bouleversant dans ses dernières séquences. On en ressort instruit sur un évènement majeur et tragique de l’histoire de la Corée du Sud, et l’on en ressort avec beaucoup de réflexion sur la liberté et les choix qui nous définissent. Bref, une belle claque.

Mai 1980, des émeutes étudiantes révolutionnaires à but démocratique éclatent dans la ville de Gwangju. Très vite, l’armée prend le dessus et boucle la ville. Totalement fermée au reste du monde, la ville est alors le témoin impuissant d’une répression totalitaire. Privés de droit de regard, les habitants ne peuvent compter que sur le regard de la presse étrangère pour mettre en lumière cette dictature. Un journaliste, aidé malgré lui par un taxi de Séoul, va alors tout faire pour que la vérité éclate.

Tiré de faits réels, « A Taxi Driver« , c’est deux films en un. Le film de Jang Hoon s’ouvre comme une comédie saupoudrée de drame. Ne sachant que le minimum de son histoire, je me suis plongé dans « A Taxi Driver » avec beaucoup de curiosité et le moins que je puisse en dire, c’est que j’en ressors très « percuté » si je puis dire. Un personnage, qui est tenu par Song Kang-Ho, (qui est pour moi l’un des meilleurs acteurs coréens qu’on puisse voir sur les écrans : « Joint Security Area« , « Memoirs of Murder« , « The Host« , « Le bon, la brute, le cinglé« , « Thirst, ceci est mon sang » … Bref, je m’arrête là) est incroyablement touchant. D’ailleurs, c’est peut-être son plus beau rôle avec celui qu’il tient dans « Joint Security Area« . Le film commence donc lentement et calmement, même si déjà entre les lignes le réalisateur y installe tout le contexte dans lequel le pays se trouve. Puis peu à peu, sans vraiment qu’on s’en rende compte, le film entreprend un virage. Il devient plus sombre, plus politique et finit par entrer dans le vif de son sujet. Porté par un scénario fort et un drame poignant, « A Taxi Driver » va mettre en lumière un événement des plus tragiques, tout en peignant de manière incroyablement touchante le portrait de ces deux personnages principaux, témoins des pires des horreurs.

Le scénario est magnifique. L’intrigue aborde la politique, la dictature, la liberté de la presse, le métier de journaliste, ou encore le don de soi pour une cause bien plus grande. Bref, des thèmes forts, pour ne pas dire puissants, tant la mise en scène offre ici de véritables envolées bouleversantes. Ce qui est fort avec la façon de faire de son réalisateur, c’est que finalement, en plus de totalement nous emporter dans son film, les interrogations et les réactions des différents personnages face à des situations extrêmes nous interrogent nous-même. On parlera de la liberté de la presse, des complots, des mensonges et des vérités et plus encore, on se questionnera sur l’engagement. Que ferait chacun dans une telle situation ? La question se pose et les réponses sont loin d’être évidentes.

On ajoutera à cela que Jang Hoon n’a aucunement oublié d’offrir un film qui soit aussi un divertissement. « A Taxi Driver » est un film qui dure deux heures et quart et on ne les voit pas passer. Entre rires et émotions, Jang Hoon nous offre aussi de grands moments de suspens, et même une course-poursuite haletante. La mise en scène emprunte au film noir, au film de guerre urbain, au film social, au drame et le tout mélangé offre un parcours initiatique des plus touchants pour chacun de ces deux personnages, qui vont grandir sous nos yeux humides.

Tristement et injustement privé de salle, « A Taxi Driver » est pourtant un film terrible. C’est un moment de cinéma fort en divertissement, en intérêt et surtout en émotion. Bref, c’est l’un des immanquables de l’année.

Note : 17/20

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Par Cinéted

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