novembre 30, 2020

Le Cri du Cannivore 2018 – Jour 9

Ca y est, la fin est proche, les amis.

Ce 71ème festival de Cannes commence tout doucement à se rendormir, il n’y a plus de séances au Marché du film, la plupart des stands ont fermé boutique, la Semaine de la critique s’est achevée, il n’y a plus que quelques films en compétition, et l’univers me fait bien sentir qu’il va être temps de rentrer.

Car aujourd’hui, à moitié à cause de la fatigue et à moitié à cause de pas de bol, aura été une toute petite journée, où je n’aurai vu qu’un film, qui en plus ne m’a pas plus accroché que ça. Mais ce n’est pas très grave, après tout, au final ça permet de se reposer un, vu que la fatigue commence sérieusement à se faire sentir.

De repos il en est question, puisque c’est pour ça que j’ai fait sauter la séance de Burning à 11h30. Impossible de me résigner à me lever, trop crevé, je commence à avoir mal au bide, j’ai préféré faire l’impasse sur ce film coréen qui récupère Steven Yeun de Walking Dead, et tabler sur une rediffusion lors de la dernière journée du festival.

Résultat ce n’est que sur les coups de 16h30, sous un sacré cagnard, que je me rends à la projection de In My Room de l’allemand Ulrich Köhler, dernier film présenté dans la sélection Un Certain Regard. On raille souvent la lourdeur du cinéma allemand, dans une sorte de cliché facile (alors que nos amis les teutons sont tout à fait capables de sortir de petites perles bien rythmées et aériennes, comme le Snowflake vu au BIFFF cette année), mais il faut bien avouer que le style languissant qui le caractérise souvent apporte parfois au préjugé un petit fond de vérité.

Le pitch d’In My Room annonçait l’histoire d’Armin, un homme qui ressent pour son existence un ennui profond, et se retrouve un beau matin dans un monde où tous les humains ont disparu sans laisser de traces, abandonnant derrière eux possessions et animaux. Malheureusement, avant d’atteindre cet élément perturbateur, il faut attendre près de 40 minutes, et subir auparavant la vie tristounette d’Armin, en lassitude, espoirs amoureux déçus, et situation familiale compliquée, sa grand-mère étant en train d’agoniser peu à peu. Non pas que cette partie soit totalement rébarbative, mais elle semble provenir d’un autre film, chronique sociale ou drame humain, qui rappelle plus l’épuisant La Gueule Ouverte de Maurice Pialat que la réflexion sur la solitude ou le film de survie qu’on nous vendait. D’autant plus qu’à peut-être un détail près, cette première partie n’aura aucune incidence, ni scénaristique, ni thématique, sur la suite du métrage. Dans l’absolu, celui-ci aurait presque pu commencer directement par Armin se réveillant après une nuit de beuverie solitaire dans sa voiture, pour découvrir le monde vidé de ses habitants.

In My Room se fait plus intéressant après ça, montrant d’abord l’errance du héros livré à lui-même dans cet univers sur pause, puis les efforts déployés pour se reconstruire une société à lui tout seul, loin de la ville, entouré d’animaux, dans un véritable retour à la nature salvateur. On voit alors son quotidien de néo-homme des cavernes, qui travaille dur pour conserver tout le confort moderne. Et puis sa rencontre avec Kirsi, abandonnée elle aussi, avec laquelle il va avoir une relation étrange d’Adam et Eve qui ne se sont pas choisis. Tout ça pourrait être tout à fait intéressant (et il l’est parfois), s’il y avait quelque chose de plus ambitieux à raconter que la vie de deux individus livrés à eux-mêmes. Une étude de la situation, une étude de personnages, un sous-texte, mais si ce n’est la description d’un homme libéré des contraintes de la vie moderne (familiales, sociales, sentimentales), on peine à voir vraiment où le réalisateur veut en venir.

Surtout quand il se fait aussi languissant, avec des plans qui durent plus que de raisons sans que l’on saisisse vraiment l’intérêt derrière tout ça. Au final, In My Room est loin d’être inintéressant, mais au jeu du héros seul qui doit réapprendre à vivre, le film d’Ulrich Köhler est loin d’être le premier (de la comédie Seuls Two à l’arty indé Juan in a million en passant par Arctic vu la semaine dernière, il y a de quoi faire), et il lui manque une certaine plus-value, un regain d’ambition, pour pleinement convaincre.

 

Au sortir de la séance, je me faufile directement jusqu’à la queue de l’Olympia pour la reprise de Dogman de Mateo Garrone (Gomorra, Tale of Tales). Je sais qu’il n’y a pas de distinction des badges là-bas, et qu’il vaut mieux arriver une heure en avance si on veut avoir une chance de rentrer. Malheureusement, après dix minutes d’attente, un responsable de l’orga vient m’annoncer que les séances de reprises de 20h ne sont pas accessibles à la presse, et réservées aux badges festival et marché.

Première nouvelle, ce n’était pas le cas l’année dernière puisque j’avais pu y voir The Meyerowitz Stories à cette heure, m’enfin bon, les badges festival sont assez peu privilégiés comme ça, même si je suis déçu (il faudra que j’essaie de caser le film samedi lors de la reprise), c’est sans ronchonner que je leur laisse la place. Je vais en profiter pour me coucher tôt, demain c’est levé 9h.

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Par Corvis

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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