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Les Premiers, Les Derniers

De : Bouli Lanners

Avec Bouli Lanners, Albert Dupontel, Suzanne Clément, Michael Lonsdale

Année : 2016

Pays : France, Belgique

Genre : Drame

Résumé :

Dans une plaine infinie balayée par le vent, Cochise et Gilou, deux inséparables chasseurs de prime, sont à la recherche d’un téléphone volé au contenu sensible. Leur chemin va croiser celui d’Esther et Willy, un couple en cavale.
Et si c’était la fin du monde ? Dans cette petite ville perdue où tout le monde échoue, retrouveront-ils ce que la nature humaine a de meilleur ? Ce sont peut-être les derniers hommes, mais ils ne sont pas très différents des premiers.

Avis :

Acteur à la carrière particulière, Bouli Lanners est aussi un réalisateur à l’univers tout aussi particulier. Réalisateur à la carrière plutôt discrète, il a déjà réalisé quatre films et remporté un paquet de prix, notamment au festival de Cannes à la Quinzaine. Si ces deux premiers films, « Ultraviolet » et « Eldorado« , sont passés quelque peu inaperçus, son troisième, « Les géants » avait lui trouvé plus de regards lors de sa sortie en salle.

Cinq ans après « Les géants« , Bouli Lanners est de retour derrière la caméra pour « Les premiers, les derniers« , un film tout ce qu’il y a de plus « Lannersien ». Étrange, déstabilisant et tout à fait fascinant, « Les premiers, les derniers » est un film dans lequel on entre doucement sans vraiment s’en rendre compte et au final, ce drame aux allures de thriller apocalyptique, s’avère être touchant, notamment grâce à l’évolution inattendue de ses personnages. Si « Eldorado » et « Les géants » avaient su nous charmer, avec ce film, Bouli Lanners signe son film le plus abouti et le plus marquant.

Cochise et Gilou sont deux chasseurs de primes inséparables depuis des années. Cette fois-ci, ils viennent d’être engagés pour traquer un jeune homme et sa compagne, car ce dernier a volé un téléphone portable au contenu très important. Arrivant dans une petite ville macabre, perdue au milieu de nulle part, les deux traqueurs vont y faire bien des rencontres dans un chassé-croisé des plus étranges. Là, au milieu de nulle part, cette ville sans vie donne l’impression d’attirer le meilleur comme le pire des hommes.

La Belgique. On ne parle jamais assez du cinéma belge et c’est bien dommage, car ce dernier est une très belle source de merveilles inattendues. Parmi tous les excellents réalisateurs de ce pays, il y a Bouli Lanners, qui ne cesse de surprendre de films en films. Son dernier en date, « Les premiers, les derniers » est un petit bijou à l’ambiance fascinante et au parcours assez terrible.

Chassé-croisé dans une ville qui ressemble au bout du monde, avec ce film, Bouli Lanners nous entraîne dans une intrigue un peu folle, un peu mélancolique et surtout terriblement dramatique. Sur un scénario aussi étrange qu’il va se révéler solide et cohérent, Bouli Lanners, qui est aussi l’un des acteurs principaux de son film, nous entraîne dans une traque mystérieuse et loin des sentiers qu’on a l’habitude d’emprunter.

Ce que l’on appréciera avec « Les premiers, les derniers« , c’est la richesse de ses personnages, tous aussi repoussants qu’ils sont touchants. Il y a quelque chose de désespéré qui se dégage d’eux. Bouli Lanners construit particulièrement bien ses personnages, et comme en bonus, ils sont tenus par des acteurs incroyables, on ne peut qu’être fasciné par eux. D’ailleurs, en parlant d’acteurs, « Les premiers, les derniers » est le plus beau casting de gueules que Bouli Lanners ait réuni jusqu’ici. Imaginez un peu qu’en plus de lui-même, on trouvera dans « Les premiers, les derniers« , Albert Dupontel en chasseur de primes sensible. On trouvera Serge Riaboukine, Lionel Abelanski, Philippe Rebbot, Suzanne Clément, les jeunes découvertes que sont David Murgia et Aurore Broutin. Et cerise sur le gâteau, et là on n’était pas près, Bouli Lanners a réuni deux monstres Michael Lonsdale et Max von Sydow, pour des scènes incroyables qui débordent de poésie.

« Les premiers, les derniers« , c’est aussi une patte qui se développe de plus en plus à chaque film. « Eldorado » et « Les géants » (oui, je n’ai pas encore vu « Ultraviolet« ) dégagent une ambiance incroyable et « Les premiers, les derniers » pousse encore plus loin ceci. Totalement apocalyptique, doté d’une photographie froide absolument sublime, pour son quatrième film Bouli Lanners fait les choses en plus grand. Sa réalisation est maîtrisée de bout en bout. « Les premiers, les derniers » est lent, mais à aucun moment il ennuie. Le film a cette facilité à nous absorber, sans pour autant tomber dans la leçon de démonstration. Bouli Lanners a conçu la forme de son film pour nous raconter quelque chose sur l’histoire et sur ces personnages. Bouli Lanners apprend à chaque film, pour que le suivant soit encore meilleur et avec une telle empreinte, et cette histoire fascinante, on peut se demander comment le réalisateur peut mieux faire pour le suivant. Et il le fera à coup sûr.

« Les premiers, les derniers » est donc un excellent film, doublé d’un excellent moment de cinéma. Son intrigue et ce chassé-croisé de personnages nous tiennent en suspens, son ambiance nous immerge totalement et que ce soit dans son fond comme dans sa forme, « Les premiers, les derniers » est tout simplement beau.

Note : 17/20

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Par Cinéted

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