octobre 27, 2020

Les Rencontres d’Après Minuit

De : Yann Gonzalez

Avec Kate Moran, Niels Schneider, Nicolas Maury, Eric Cantona

Année : 2013

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Au cœur de la nuit, un jeune couple et leur gouvernante travestie préparent une orgie. Sont attendus La Chienne, La Star, L’Etalon et L’Adolescent.

Avis :

Ancien journaliste, Yann Gonzalez est un réalisateur très atypique dans le décor du cinéma français à cause de l’esthétisme de ses films. Si « Les rencontres d’après-minuit » est son premier long-métrage, Yann Gonzalez a déjà une belle petite carrière derrière lui, puisque avant ce premier film, il a déjà réalisé sept courts-métrages, qui pour bons nombres d’entre eux ont parcouru les festivals, et même trouvé de jolies récompenses.

Petit à petit, se faisant, Yann Gonzalez a fini par faire son premier long. Film ambitieux qui casse les codes dont on l’habitude, « Les rencontres d’après-minuit » laissait présager un film lunaire, onirique et poétique dont on en ressortirait ému et charmé. Eh bien c’est tout le contraire qui va se produire et s’il y a aura bien quelques brèves envolées magnifiques, pour le reste, « Les rencontres d’après-minuit » restera comme un film long, chiant, embrassant, barbant, confus, incompréhensible même et surtout prétentieux à mourir. Bref, vous l’aurez compris, les mots manquent pour décrire et définir cette séance un peu spéciale qui a bien failli avoir raison de moi.

Une nuit, quelque part dans un pays fantasmé, un homme, une femme et leur gouvernante travestie se préparent. Ce soir-là, ils reçoivent des convives pour une partouze. Sont alors attendus, la Chienne, la Star, l’Étalon et l’Adolescent…

Il y a des films comme ça, où l’on devine vite que l’on va passer un moment de cinéma barbant et « Les rencontres d’après-minuit« , et son introduction vulgaire au possible, est de ceux-là. Le souci dans cette histoire, c’est qu’on ne savait absolument pas à quel point l’aventure de cette orgie allait être barbante.

Si on lui laissera un bel esthétisme, doté de couleurs chaudes et lumineuses. Si on lui laissera une BO sublime orchestrée par M83. Si on lui laissera quelques petits moments qui seront de jolies envolées touchantes. Et si on lui laissera un comédien qui ressort parfaitement du lot, en la personne de Fabien-Alain Delon. Pour le reste, « Les rencontres d’après-minuit » va être une douloureuse séance de cinéma, qui aura raison de plus d’un spectateur.

Il est difficile de commencer par quelque chose, tant tout ici tape sur les nerfs. On pourrait parler de ce scénario sur-écrit, qui n’a aucun sens. Franchement incompréhensible dans ses métaphores, on ne comprend pas de quoi parle « Les rencontres d’après-minuit« . Quant à l’orgie promise par le synopsis, elle n’existe pas. Le film propose des personnages qui se rencontrent quelque part pour avoir des conversations qui ne veulent rien dire. Fantasme, réalité, au départ, on s’intrigue, puis au fur et à mesure que le film avance, on s’en détache et finalement on se fiche royalement de qui a pu leur arriver et pourquoi ils sont là. En fait, on a l’impression que ces personnages s’écoutent parler simplement pour eux-mêmes. Et plus largement, ce film donne l’impression que le réalisateur s’écoute parler et offre un film hautain, élitiste, qui plaira à une minorité.

De plus, bien, souvent, le film tombe dans un glauque et un vulgaire sans nom. La scène du commissariat avec Béatrice Dalle en commissaire sado-maso, la fascination d’Eric Cantona pour sa queue, ou encore la chienne dont les dialogues sont absolument horribles.

Si l’esthétisme demeure joli parfois, la mise en scène est la petite goutte d’eau qui a eu raison de moi. Car en plus de ne rien raconter, avec des dialogues surécrits, « Les rencontres d’après-minuit » s’amuse à être un film long, très long, bien trop long. Enfermé dans cet appartement avec des personnages têtes à claques, rarement une heure et demie aura paru aussi longue. On ne s’en sort pas, il ne se passe absolument rien et l’on n’en voit pas le bout.

Enfin, histoire de sceller le cercueil comme il le faut, « les rencontres d’après-minuit » est un film où les comédiens sont quasi-tous mauvais. Poussés par leur réalisateur, leur jeu est incompréhensible la plupart du temps, et même s’il y a quelques moments touchants, pour le reste, on reste froid comme une pierre tombale devant ces acteurs. Car oui, plus que les personnages, ce sont des acteurs jouant des personnages que l’on voit. Mention spéciale à Nicolas Maury, insupportable.

« Les rencontres d’après-minuit » est donc une amère, très amère déception. Insupportable en tout point ou presque, ce premier film pour Yann Gonzalez s’avère être un long et dur moment de cinéma qui s’écoute parler. D’ailleurs, la seule orgie qu’on trouvera ici, c’est celle du blabla…

Note : 05/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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