Feed the Rhino – The Silence

Avis :

Il semblerait qu’il soit très difficile de sortir de la masse grouillante de la scène métal aujourd’hui. Beaucoup de groupes se ressemblent et il devient de plus en plus ardu de trouver une véritable identité au sein d’un sous-genre, même peu répandu. Néanmoins, quand il y a de l’idée et que c’est bien fait, certains jeunes groupes arrivent à sortir de l’anonymat et à proposer des albums très intéressants. C’est le cas par exemple de Feed the Rhino. Derrière ce nom de scène assez étrange se cache cinq garçons anglais qui ont décidé de faire du Metalcore leur cheval de bataille, tout en y apportant une touche très personnelle, à savoir une certaine mélancolie, un peu de prog et des thématiques qui touchent à la dépression ou tout autre sentiment de mal-être. Formé en 2010, la bande a rapidement su conquérir les foules (ou tout du moins les amateurs de riffs graveleux) et ont sorti un album tous les deux à peu de choses près, jusqu’à l’arrivée de The Silence, qui aura bien mis quatre à macérer. Plus de temps pour fournir un effort plus léché bien qu’un peu court, Feed the Rhino semble bien décidé à sortir l’artillerie lourde pour conquérir la scène une fois de plus.

Et pourtant ce n’était pas gagné d’avance avec le premier morceau, Timewave Zero. Très syncopé, partagé entre des refrains en chant clair et un chant crié pas toujours maîtrisé avec rien pour l’accompagner avant de lâcher les riffs de grattes, le morceau est très étrange, malgré une volonté très forte de marquer l’auditeur et ceux qui sont venus assister à leur performance scénique. Feed the Rhino parle d’un certain mal-être que l’on peut avoir en se regardant dans un miroir et après plusieurs écoutes, le titre passe particulièrement bien. Il s’agit d’un mélange assez étrange entre Metalcore pur jus et un peu de prog qui entrecoupe tout ça pour fournir quelque chose d’unique mais de profondément marquant, notamment au niveau des refrains. Il faut souligner la voix parfaite de Lee Tobin dans le chant clair qui donne vraiment de l’ampleur à la mélancolie qui se dégage de plusieurs morceaux. Car oui, malgré son aspect très violent, Feed the Rhino arrive à livrer à distiller des pointes d’émotions assez fortes comme sur le premier titre lors de son solo de gratte, mais aussi et surtout sur Losing Ground, tout en chant clair et qui rentre rapidement en tête, ou encore Yellow and Green, l’un des plus beaux titres de l’album. On peut aussi citer Heedless dans le même genre. Très clairement, le groupe a su trouver un juste équilibre entre violence et douceur, offrant un quatrième album très réussi et aussi très efficace.

Mais ce n’est pas tout, avec The Silence, le groupe va montrer à la scène métal qu’ils peuvent aussi se faire très violent. 68 est un titre qui ne fait pas dans le dentelle et qui s’ouvre sur des riffs bien graves et un petit cri de la part du chanteur qui annonce rapidement la couleur. Encore une fois, la rythmique est très saccadée, mais cela permet au chanteur de poser sa voix en chant crié sur des parties très marquées. Le refrain en chant clair est très puissant aussi, donnant une impression très forte sur ce titre, qui doit vraiment donner en live. On peut aussi citer All Work and no Play Makes jack a Dull Boy, une référence directe à Shining de Stanley Kubrick, et si le morceau est très loin de l’ambiance du métrage ou du roman de Stephen King, il n’en demeure un titre ultra puissant, qui peut faire penser à du Mudvayne version bien énervée comme à l’époque de Dig. On peut aussi penser au nerveux Nerve of a Sinister Killer ou encore Lost in Proximity, deux titres très classiques, mais qui font le job et s’ancre parfaitement dans la veine du Metalcore pure souche. Et difficile de passer à côté de Featherweight qui clôture l’album et qui envoie le pâté au niveau du refrain, montrant tout le talent du chanteur, mais aussi toute la ferveur du groupe, dans un titre simple, qui rappelle follement les années 2000, mais qui fait un bien fou et donne envie de headbanger dans tous les sens.

Au final, The Silence, le dernier album de Feed the Rhino, est un très bon album de Metalcore teinté de Métal Prog. Si l’on pourrait reprocher au groupe de faire un peu trop court (moins de 40 minutes pour 11 titres), tout cela reste fortement efficace et la lassitude ne pointe pas le bout de son nez, même après plusieurs écoutes attentives. Il en résulte donc un album nerveux, énergique, parfaitement maîtrisé, et qui a bien valu ces quatre ans d’attente.

  1. Timewave Zero
  2. Heedless
  3. Losing Ground
  4. 68
  5. All Work and no Play Makes Jack a Dull Boy
  6. Yellow and Green
  7. Nerve of a Sinister Killer
  8. Fences
  9. The Silence
  10. Lost in Proximity
  11. Featherweight

Note: 16/20

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Par AqME

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