octobre 24, 2020

Black Stone Cherry – Family Tree

Avis :

Tous les groupes de musique sont forcément attachés à leur terre natale et bien souvent, on peut obtenir quelques hymnes qui sont assez sympathiques et symptomatiques de la région dont provient le groupe. Parmi les hommages les plus marquants, on peut aisément citer Kentucky de Black Stone Cherry. Avant-dernier album du groupe, on ressentait une véritable envie de parler de cet état et d’en faire même un album qui mélangeait habilement le rock, le hard et quelques passages plutôt bluesy qui conféraient à l’ensemble une cohérence assez folle et un groove encore rarement égalé. Mais la vie suit son chemin et Chris Robertson, le chanteur du groupe, a fait une grosse dépression, allant jusqu’à la tentative de suicide et l’avenir de Black Stone Cherry semblait complexe. Pourtant, Family Tree survient en début d’année pour remettre le groupe sur les rails. Avec une pochette étrange, deux premiers titres efficaces mais pas forcément impactants, nous avions un peu peur de ce sixième album pour deux raisons. Qu’il soit trop similaire à l’album précédent, avec sa jolie mélancolie. Et qu’il soit assez triste, sans groove, suite à la maladie du chanteur. Et pourtant, c’est avec une nouvelle fougue que nous revient le groupe, allant encore plus loin dans la recherche de références, se prêtant volontiers au jeu de la soul et de la funk pour un résultat très convaincant.

Le skeud débute avec le premier hit du groupe, Bad Habit, et il s’agit d’un titre qui laisse le cul entre deux chaises. L’énergie est là, il y a vraiment une ambiance très Southern Rock qui s’en dégage, mais il lui manque un vrai break pour marquer les esprits. Point de solo dans ce titre, juste un passage plus aérien, laissant planer un certain vide et c’est bien dommage. Et c’est d’ailleurs ce qui va marquer dans cet album. Les solos seront moins marqués et il y aura des choix qui peuvent sembler assez hasardeux de primer abord, comme sur James Brown et cette volonté, à un moment donné, de baisser le volume avec des chœurs féminins, pour réattaquer par la suite. Cela donne une sensation de mauvaise production, ou de vide pour combler quelque secondes sur un morceau. On pourra aussi reprocher cela sur Get me Over You et c’est assez étrange. Néanmoins, le groupe retrouve tout de même une certaine fougue dans des morceaux qui sont vraiment groovy à l’image de Runnin’, qui est le deuxième choix pour vendre l’album, et c’est plutôt idée, notamment avec son refrain catchy que l’on va vite chanter à tue-tête. On peut aussi entendre cette énergie dans New Kinda Feelin’ et son piano très rockabilly, qui donne immédiatement envie de danser et de bouger.

Et c’est dans ces moments-là que le groupe se révèle être au top. Parce que pour ce qui est de faire bouger les foules, Black Stone Cherry n’a pas son pareil. Allant même jusqu’à chercher des références dans la soul, le gospel ou encore la funk. Le premier titre qui sautera aux oreilles est James Brown, avec son intro si particulière, ses cuivres dans le refrain ou encore ce couplet si groovy grâce à la voix si belle de Chris Robertson. Si on ajoute à cela des chœurs féminins et un riff assez lourd marquant bien l’identité du groupe, on obtient un titre très impactant et très intéressant dans son approche. On peut aussi évoquer le côté soul/funk/jazz/blues de You Got the Blues et son refrain absolument parfait qui met une pêche d’enfer, ou encore l’aspect très southern rock avec Dancin’ in the Rain qui fait intervenir un ancien du Allman Brothers Band, Warren Haynes, conférant au titre une aura toute particulière. Bref, Black Stone Cherry, malgré un côté un peu « facile » dans les compositions des titres, reste incroyablement inventif et sait se faire violence quand il le faut, à l’image de Southern Fried Friday Night, qui renoue un peu avec ce que faisait le groupe auparavant. On peut aussi évoquer le morceau doux du titre, qui n’est pas forcément une ballade, mais plutôt un titre mélancolique, avec My Last Breath, qui touche et qui fait vraiment bien son office, au sein d’un album plutôt dynamique.

Au final, Family Tree, le dernier album de Black Stone Cherry, mérite plusieurs écoutes, car au départ, on peut se dire que le groupe se repose sur ses acquis et n’offre pas grand-chose de plus qu’à l’accoutumée, et pourtant, en grattant un peu la surface, on découvre un excellent album. Toujours avec un souci du détail, le groupe fournit un album riche, varié, cherchant des références dans d’autres styles que le rock ou le hard et se rapproche finalement de ce qui les définit le mieux, un Southern Rock hybride, qui n’hésite pas à aller chercher dans la soul, le funk, le gospel ou encore le blues pour trouver une véritable identité.

  1. Bad Habit
  2. Runnin’
  3. New Kinda Feelin’
  4. Carry me on Down the Road
  5. My Last Breath
  6. Southern Fried Friday Night
  7. Dancin’ in the Rain feat Warren Haynes
  8. Ain’t Nobody
  9. James Brown
  10. You Got the Blues
  11. I Need a Woman
  12. Get me Over You
  13. Family Tree

Note: 16/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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