Road of the Dead

Titre Original : Wyrmwood – Road of the Dead

De: Kiah Roache-Turner

Avec Jay Gallagher, Bianca Bradey, Luke McKenzie, Yure Covich

Année: 2015

Pays: Australie

Genre: Horreur

Résumé:

Une météorite s’est écrasée sur la planète. Elle est à l’origine d’une épidémie qui a transformé la population en zombies. Barry et sa sœur Brooke font partie des survivants. Elle se fait kidnapper par un groupe de paramilitaires. Barry part à sa recherche à travers le désert infesté de morts-vivants, au volant de sa voiture de combat.

Avis :

Le film de zombies ne connait pas de frontières et on peut trouver des films de ce genre sur tous les continents. Alors bien évidemment, il faut faire la part des choses entre les films qui se déroulent sur un continent précis, comme The Dead et son road trip en Afrique, et les films dont l’origine même vient d’un pays qui n’est pas forcément réputé pour ça, comme Undead, qui nous provient d’Australie, au même titre que Cargo, qui doit sortir prochainement sur Netflix avec Martin Freeman. L’Australie n’est d’ailleurs pas forcément le premier pays exportateur de zombies et on ne retrouve que peu de films de ce genre. Il fallait donc attendre Wyrmwood – Road of the Dead de Kiah Roache-Turner pour assouvir sa soif de découverte. Auréolé de quelques décorations, ce film de zombie veut être un croisement entre The Walking Dead et Mad Max, afin certainement de montrer ses origines et ses références. Mais est-ce vraiment suffisant pour faire un bon film d’horreur résolument punk ?

Le film débute de façon très étrange avec un groupe de personnes visiblement bien armées, qui vont récupérer un véhicule au milieu d’une foule de zomblards. La shaky cam est de mise, on ressent rapidement le budget plus que limité pour ce film et on se dit que si tout le film est comme cela, on n’est pas sorti de l’auberge. Puis le métrage prend un ton qui change radicalement, s’offrant un gros ralentissement avec un autochtone qui raconte sa première rencontre avec un zombie et sa façon de le zigouiller. Là, le réalisateur prend son temps, et malgré un montage très syncopé, on reste dans quelque chose de lent, propre au mort-vivant. C’est alors que le film décide de faire un gros flashback, pour raconter l’histoire de l’un de ces hommes armés, et comment il a dû buter sa femme et sa fille avec un pistolet à clous. Le film prend alors des allures de road-movie en même temps qu’il va lorgner du côté de l’horreur pur, avec un savant fou qui aime faire des expériences avec les humains. Très clairement, le pitch est complètement pété et le film part dans tous les sens bouffant à tous les râteliers. Ce côté foutraque lui confère d’ailleurs cet aspect un peu punk, avec un cinéaste aux commandes qui fait ce qu’il veut et comme il le veut. C’est d’ailleurs pour cela que Road of the Dead possède un petit côté sympathique et très attachant.

L’autre point positif dans ce film, c’est bien entendu l’aspect gore. Le film ne lésine pas sur les moyens pour mettre en avant un déluge d’hémoglobine et de crâne qui explose pour contenter le fan de zombie et de cervelles explosées. Road of the Dead ne ment pas sur sa marchandise et livre son lot de mises en mort bien crade et de moments assez tendus. Certaines scènes peuvent d’ailleurs retenir l’attention, comme lorsque le héros découvre le premier zombie dans sa cuisine, avec une lumière bleutée qui renforce un sentiment d’insécurité. On se prendra aussi d’affection pour ce jeune homme qui va tout perdre et qui va tenter malgré tout de se reconstruire en cherchant sa sœur. Si c’est le seul personnage un peu travaillé, l’acteur est bon et donne du relief à son personnage. Enfin, dernier bon point pour ce métrage, c’est que malgré tout, il y a un petit message humaniste là-dedans. Les véritables méchants ne sont pas les zombies mais bel et bien les humains et plus précisément un scientifique complètement sadique qui veut démontrer on ne sait pas trop quoi, même si on peut supposer qu’il s’agit de créer une arme puissante pour contrôler les morts-vivants au détriment des vivants. On voit bien que les humains sont pires que les morts, et même si la thématique a été ressassée des centaines de fois, elle n’est pas appuyée et certaines personnes peuvent passer au travers sans que cela ne dérange personne.

Malheureusement, le film possède aussi de mauvais points, et pas des moindres. La première chose qui frappe, c’est la réalisation. On sent rapidement le manque de budget et cela se voit tout au long du film. Les décors ne sont pas très beaux, la lumière est assez fade et l’ensemble manque vraiment d’une production digne de ce nom. Alors cela renforce l’aspect punk, mais il y a des limites. Ensuite, certaines idées sont complètement ubuesques. On peut parler de ces zombies qui crachent du gaz durant la journée et pas la nuit. Du fait que les voitures fonctionnant à l’essence peuvent fonctionner au gaz de zombie. Bref, il y a des idées pour essayer de varier le mythe du zombie, mais toutes ces innovations n’apportent pas grand-chose et semblent être présentes juste pour mettre de l’humour et non pas pour servir le mythe zombiesque. Enfin, au niveau de la prestation des acteurs, c’est souvent limite. Notamment concernant le bad guy, qui se fait abattre comme un bleu et qui n’est pas très charismatique, si ce n’est qu’il aime faire des expériences atroces sur du funk. Encore une fois, c’est tellement bordélique et ça se veut tellement généreux que ça en oublie certains points importants et nécessaires pour l’intrigue. Enfin, le final est complètement naze, se terminant sur une note à la fois grotesque et inopportune mais qui finalement, reste dans le ton du film.

Au final, Road of the Dead est un film qui n’est pas dénué d’intérêts et qui reste plutôt « cool » à regarder. Certes, il est blindé de défauts et ne renouvèle en rien le mythe du zombie sur grand écran, mais il a le mérite d’être divertissant et d’essayer de proposer autre chose qu’un simple road-movie/survival avec des morts-vivants autour. Alors oui, ça fait des indépendant, ça fait très anarchique, mais ça fonctionne à moitié et ça se regarde sans trop de déplaisir, surtout si on est fan de zombies sautillants et frétillants.

Note : 12/20

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Par AqME

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