La Guerre des Mondes

Auteurs : Dobbs et Vicente Cifuentes

 

Editeur : Glénat

 

Genre : Science-Fiction

 

Résumé :

 

Voilà plusieurs jours que des projectiles précis et réguliers frappent la Terre depuis la Planète Rouge. Dans la petite bourgade d’Ottershaw en Angleterre, le Professeur Ogilvy a du mal à croire à la théorie d’une attaque extraterrestre émise par son jeune élève. Pourtant, lorsqu’un météore tombe non loin de chez lui, il découvre, niché en son cratère, un cylindre géant qui ne peut qu’être l’œuvre d’une civilisation supérieure. Et il apprend à ses dépens que cette dernière n’a pas véritablement d’intentions pacifiques. De la capsule extra-terrestre émerge un « tripode », une immense machine de mort qui sera rejointe par bien d’autres, semant le chaos et la destruction. L’extermination ne fait que commencer…

Avis :

Lorsqu’on évoque un auteur tel que H.G. Wells, il est toujours difficile de trouver un récit qui se distingue des autres. La majeure partie de ses histoires ont marqué la littérature et posé les bases de genres, comme la science-fiction. La machine à explorer le temps, L’île du docteur Moreau, L’homme invisible… Des expériences scientifiques qui dégénèrent au voyage temporel, il s’est aussi penché sur la vie extraterrestre et leur caractère velléitaire avec La guerre des mondes. Récit remarquable en tout point s’il en est qui revit sous la plume et le crayon de Dobbs et de Cifuentes. Avec sa nouvelle collection, Glénat poursuit sa rétrospective des incunables de l’écrivain de fort belle manière.

Les premières planches s’essayent à une intéressante et néanmoins furtive réflexion sur la possibilité d’une vie martienne, notamment sur sa nature. Mais l’intrigue ne se montre guère généreuse en palabre. Elle suit la trame principale du roman tout en respectant le contexte fin XIXe, début XXe. Pour le reste, le rythme se révèle pour le moins emporté. De l’arrivée des extraterrestres dans la campagne anglaise à la destruction de Londres, à aucun moment les personnages n’ont le temps de souffler. À la surprise succèdent des affrontements qu’on devine inégaux dans des proportions démesurées. D’ailleurs, l’analogie d’une guerre entre humains et fourmis fait toujours son petit effet.

En dépit de traits de dessins assez doux pour renforcer l’aspect semi-réaliste, l’ensemble se montre particulièrement brutal. La violence des exécutions et des combats précède des passages bien plus dérangeants, comme la capture des êtres humains. Constat identique pour mettre en exergue les charniers, la présence des chiens sauvages et autres charognards. Progressivement, la surprise de l’invasion laisse place à la contemplation des ruines qui égrènent le sillage des tripodes. Si guerre il y a eue, elle fut perdue avant même d’avoir commencée. Et c’est dans ce désespoir somme toute légitime qu’on suit le parcours du protagoniste.

Témoin des événements, son point de vue subjectif permet de recentrer l’intrigue à l’échelle d’un homme. Certains aspects de sa personnalité peuvent le laisser paraître commun, voire banal. Dans le cas présent, cela facilite l’identification du lecteur pour mieux faire ressentir les épreuves qu’il traverse, comme le sentiment de détresse, l’isolement ou la peur. En passant par différentes phases, il ne s’en montre que plus humain, dans ses qualités, comme dans ses défauts. Un atout parfaitement compris et repris dans ce diptyque. Il est vrai qu’on a droit à quelques digressions sur d’autres points de vue, mais ceux-ci sont plutôt rares et anecdotiques.

Malgré la déclinaison en deux tomes, cette adaptation se lit néanmoins très rapidement. Les points cités précédemment restent présents. Toutefois, l’énergie qui émane de l’histoire fait se succéder les passages non sans précipitation. Sans doute est-ce la volonté de s’attarder sur certains pans narratifs de l’œuvre originale ou le plaisir que l’on éprouve à parcourir cette nouvelle version. Toujours est-il qu’il s’agit de la seule frustration qui persiste en fin de lecture : sa brièveté. Un choix tout à fait respectable pour préserver la dynamique de l’ensemble et, sans aucun doute, la marque de réussite d’une intrigue bien amenée et prenante.

Au final, La guerre des mondes fait honneur à son pendant littéraire et démontre qu’il n’a rien perdu de sa force après plus de cent ans. Le 9e art et, par extension, les auteurs parviennent à assimiler tous les atouts du récit d’H.G. Wells pour en faire un diptyque particulièrement percutant. Privilégiant l’aspect spectaculaire de l’invasion (ou de l’extermination, c’est selon), il en résulte une constance presque métronomique pour garder le lecteur en alerte jusque dans les ultimes pages. L’épilogue offre un dénouement aussi inattendu que réaliste pour ce qui demeure l’un des plus beaux chefs d’œuvre de la science-fiction.

Note : 16/20

Par Dante

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