Rampage – Hors de Contrôle – La Bête et le Bête

Titre Original : Rampage

De : Brad Peyton

Avec Dwayne Johnson, Naomie Harris, Malin Akerman, Jeffrey Dean Morgan

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Primatologue de profession, David Okoye a plus de mal à nouer des liens avec ses semblables qu’avec les singes. Pas étonnant qu’il se soit pris d’affection pour George, adorable gorille d’une intelligence hors du commun, dont il s’occupe depuis sa naissance. Mais suite à une expérience génétique catastrophique, George se métamorphose en monstre incontrôlable. Et il n’est pas le seul puisque d’autres animaux se transforment en prédateurs enragés aux quatre coins du pays, détruisant tout sur leur passage. Okoye décide alors de travailler d’arrache-pied avec une généticienne pour mettre au point un antidote. Pourront-ils à temps empêcher la planète d’être ravagée ?

Avis :

On le sait tous, les adaptations de jeux vidéo sont bien souvent une catastrophe industrielle. Même si les entrées sont bonnes et que cela fait fonctionner le box-office, on obtient rarement quelque chose de bon quand on essaye de se réapproprier un matériau vidéoludique. Et ces dernières années ne dérogent pas à la règle comme peut en attester Assassin’s Creed ou encore Tomb Raider et sa belle platitude. Alors qu’est-ce qui peut bien se passer dans la tête d’un producteur quand il décide d’adapter l’inadaptable, à savoir Rampage, un jeu d’arcade datant de 1986 où le joueur contrôle trois bêtes gigantesques qui doivent détruire des villes ? Tout le mystère réside dans ce choix d’adaptation et dans la volonté de faire un film d’action avec des bestioles géantes et le plus géant des humains, à savoir Dwayne Johnson. Parce qu’on ne va pas passer par quatre chemins, Rampage – Hors de Contrôle n’est pas très bon  et n’arrive même pas à faire ce qu’il est censé faire, divertir.

Le pitch de départ est relativement simpliste, voire même crétin. Une station orbitale explose avec à son bord trois capsules contenant le résultat d’une manipulation génétique. En tombant sur terre, elles s’ouvrent et infectent un loup, un crocodile et un gorille albinos. Grandissant à vue d’œil et devenant de plus en plus agressifs, les trois bestioles vont se diriger vers Chicago, ville où se trouve le siège de la société qui a manipulé les codes génétiques. David Okoye, primatologue et ancien de l’armée, décide de se rendre sur place pour sauver son singe et la ville de Chicago. Bref, on reprend rapidement le concept de base du jeu et on en tisse un scénario manichéen au possible et complètement bordélique sur la forme avec des personnages fonctions qui ne servent strictement à rien. Tout le film est basé sur Dwayne Johnson (qui tient bien son rôle même s’il est très cliché) et les trois animaux qui vont buter de l’humain, du militaire et des immeubles. Et c’est assez triste de voir qu’un film comme celui-ci, qui avait de quoi fournir un divertissement crétin mais jouissif, n’arrive même pas à faire quelque chose d’intense.

Les problèmes de ce film se situent en différentes zones. En premier lieu, tous les personnages humains, hormis Dwayne Johnson, ne servent à rien. On retrouve toutes les caricatures possibles et imaginables, avec les stagiaires qui rentrent dans les cases du fragile qui veut se faire voir, de la jolie fille qui veut se taper son boss, et du geek pas beau qui veut se taper la fille, mais aussi tous les autres personnages qui ont plus de présence à l’écran. Joe Manganiello apparait deux minutes sous les traits d’un mercenaire bad ass. Malin Akerlin et Jake Lacey sont ridicules en méchants très méchants se pensant au-dessus des lois. Naomie Harris est le faire valoir du héros et n’apporte rien à l’intrigue. Jeffrey Dean Morgan joue un cowboy qui se prend pour Negan de The Walking Dead et qui n’apporte lui aussi rien à l’intrigue (même son rôle est très flou). Bref, on a tous les ingrédients pour que le film soit raté rien qu’avec la présence des humains qui, en prime, ne possèdent quasiment pas de background, si ce n’est au détour de deux descriptions orales. Les interactions sont nulles, les punchlines frisent le ridicule, et cela dès le départ avec un humour vaseux et parfois vulgaire, et même les dialogues sont d’une lourdeur effroyable, notamment en ce qui concerne les deux méchants, qui pourraient parfaitement rentrer dans un cartoon. Avec tout cela, difficile donc d’impliquer le spectateur ou encore de le faire rentrer dans le film.

Et c’est le même constat avec les animaux géants. Alors bien évidemment, il était impossible de prendre en affection un loup géant qui lance des épines et qui vole, ou encore un crocodile gigantesque qui se rapproche plus du dinosaure que dudit reptile, puisqu’ils sont voués à la destruction massive du décor, mais il y aurait pu avoir une once de sentiment dans le regard, comme si la bête avait conscience de ce qu’elle faisait, mais ne le voulait pas, étant contrainte par un signal radar ou un parasite dans son corps. Là, ce ne sont que des monstres qui cassent tout et dont il faut à tout prix se débarrasser. A la rigueur, ça passe. Mais le plus dur, c’est que même George le singe, on s’en bat les noix. Il a beau être joli et bien fait au niveau des CGI, on n’a pas d’impact émotionnel avec lui. Si sa relation avec le personnage principal est fusionnelle, on n’en restera là et il n’y aura pas vraiment de profondeur dans cette relation, si ce n’est lorsqu’il fait un doigt d’honneur en se marrant ou encore lorsqu’il mime une situation sexuelle avec ses doigts. On sent l’humour bas de plafond et donc le personnage est raté. Et preuve qu’il est raté, c’est qu’à la fin, il peut mourir, on s’en fout royalement.

Néanmoins, le film arrive parfois à avoir quelques fulgurances et on peut être indulgent avec ce genre d’entreprise. S’il est assez long à démarrer et qu’il est con comme ce n’est pas permis, ce serait mentir de dire qu’il ne divertit pas. Même si on était en droit d’en attendre davantage, dans son dernier tiers, le film balance ce qu’il faut de destruction massive et d’action. Les bestioles se bastonnent bien, la réalisation de Brad Peyton, qui était jusque-là impersonnelle au possible, devient plus pêchue, et on va en avoir pour notre argent. Alors oui, c’est très court, c’est très téléphoné et certaines situations sont complètement ubuesques, mais ça fait le taf. Bon, il faudra compter sur une Dwayne Johnson qui galope comme un étalon alors qu’il a une balle dans le buffet, qui fait du surf à bord d’un hélicoptère abîmé et qu’il sauve des vies à tour de bras, mais dans un film qui ne se veut pas crédible, ça passe. Et plus c’est gros, plus ça passe. On sera aussi surpris par un moment assez gore que s’autorise le film, et même si cela ne dure que quelques secondes, c’est assez couillu de la part du réalisateur. Malheureusement, c’est bien trop peu pour convaincre sur toute la durée du film.

Au final, Rampage – Hors de Contrôle est un semi-ratage. Le problème avec ce genre de blockbusters, c’est qu’il n’arrive plus à proposer quelque chose d’un peu plus profond que son pitch débile de base. On se retrouve devant un bête divertissement, bas de gamme  avec son humour douteux et son impersonnalité, et finalement, le public non cinéphile semble assez conquis pas ce genre d’entreprise, comme s’il fallait à tout prix bouffer de la merde pour ne plus penser, pour ne plus s’interroger sur notre monde. C’est-à-dire que là, on aurait pu avoir un brûlot écologique, un message sur la disparition des espèces, un petit tacle sur le lobbying de certaines entreprises pharmaceutiques, mais malheureusement, ce n’est pas le cas et on préfère mettre en avant de l’humour vulgaire et de l’action débridée pour que le spectateur évite de se poser des questions. On vit tout de même dans un triste monde pour en arriver à apprécier totalement un film comme celui-là…

Note : 07/20

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Par AqME

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