décembre 5, 2020

Day of the Dead – Bloodline

De : Hector Hernandez Vicens

Avec Sophie Skelton, Johnathon Schaech, Jeff Gum, Marcus Vanco

Année : 2018

Pays : Bulgarie

Genre : Horreur

Résumé :

Dans ce remake du « Jour des morts-vivants » de George Romero, une ancienne étudiante en médecine se bat pour survivre contre un horrible hybride mi-zombie mi-humain déterminé à la tuer.

Avis :

Le zombie est clairement la créature horrifique la plus utilisée au cinéma juste avant le vampire. Il faut dire que le pape des films de zombies, George A. Romero, a su insuffler dans ses films une dimension politique et humaniste qui conférait aux films de zombies une aura toute particulière et donnait donc une dimension plus importante que le simple film d’horreur de base qui ne devait que faire peur. Avec sa trilogie des Morts-Vivants, George A. Romero a donné bien des idées à d’autres réalisateurs et il a malheureusement bien souvent été copié mais rarement égalé. Parmi les œuvres les plus marquantes, on peut citer le 28 Jours Plus Tard de Danny Boyle ou encore le remake L’Armée des Morts de Zack Snyder, même si ce dernier commence à perdre de son intensité avec les années qui passent (contrairement à Zombie de Romero). Le décès du cinéaste fut un grand choc et même si ses derniers films n’avaient pas la portée de ses premiers, il n’en demeure pas moins que l’homme manque au cinéma d’horreur. Et pour preuve, certains essayent de piller son travail pour le remettre au goût du jour, sans aucun scrupule.

Day of the Dead – Bloodline est un film bulgare qui veut être un vrai remake de la pelloche de Romero. On retrouve donc certains éléments qui sont similaires, comme le zombie conscient, le scientifique qui veut créer un vaccin pour sauver l’humanité (ici, une très jolie jeune femme, parce que ça fait plus vendeur qu’un vieux fou) ou encore le bunker dans lequel sont installés des gens et des militaires. On va même retrouver les tensions qui existent entre les scientifiques, qui veulent faire des tests en mettant en péril la population, et les militaires, notamment le chef, fou de la gâchette et ayant visiblement un fort complexe d’infériorité. Bref, tous les éléments semblent réunis pour faire un film similaire et peut-être remettre au goût du jour le célèbre film de Romero qui clôturait sa trilogie. Le problème, c’est que ça ne marche absolument pas et cela pour plusieurs raisons : une réalisation sans âme, des personnages archétypaux insupportables, des acteurs au rabais et une absence totale de dimension politique ou humaniste. Bref, revenons rapidement sur tous ces points pour montrer à quel point Day of the Dead – Bloodline est un ratage.

Quand on regarde un film de zombies, on s’attend à avoir du gore, mais aussi et surtout quelques idées de mise en scène pour susciter de l’angoisse ou un sentiment étrange, comme de la compassion en voyant ces êtres de chair putréfiée condamnés à un sort funeste. Pour cela, la mise en scène doit être inventive et ne pas accumuler des jump scare à toutes les sauces, sous couvert de ruiner une ambiance post-apocalyptique. Malheureusement, le réalisateur va avoir du mal à créer la moindre sensation avec son film, tant tout sonne cheap (hormis le maquillage du zombie principal) et qu’il n’arrive pas à faire ressentir de la peur ou une quelconque autre sensation. Les plans sont vus et revus, la première scène qui est une attaque dans une ville est bateau au possible et les giclure de sang pour faire gore sont complètement factices, réduisant le film à un simple métrage gore. De plus, avec l’arrivée dans le bunker, on va se retrouver face à un décor très pauvre. Les murs sont blancs et nus, ça se résume à trois ou quatre pièces et très clairement, il n’y a pas de direction artistique car, encore une fois, tout sonne factice. Enfin, là où Romero arrivait à pondre des séquences éthérées et cauchemardesques, là, on reste sur quelque chose de banal et de très terre à terre.

Pour susciter de l’angoisse, ou une autre sensation, il faut ressentir de l’empathie pour les personnages et c’est là que le bât blesse le plus. Tous les personnages sont des caricatures ou des connards sans épaisseur. L’héroïne par exemple, bien que très charmante, est insupportable dans sa volonté de trouver à tout prix un vaccin, quitte à mettre en danger toute la colonie pour son simple plaisir. La séquence de nuit dans l’école de médecine en est un exemple flagrant et c’est à cause d’elle que plusieurs morts se succèdent. Et elle, elle n’a aucun remord, rien à foutre. On peut aussi parler du colonel qui dirige la colonie, un soldat qui tire toujours la gueule et ne supporte pas que l’on discute ses ordres. Mais le problème, c’est qu’il parle beaucoup et ne réagit pas trop, contrairement à la version originale où l’on avait à faire à un véritable méchant. Pour le reste du casting, on aura droit à l’amoureux transi, la petite fille malade qui s’échappe, les soldats rigolards, les bras cassés, etc… Rien de mirobolant. Et le pire, c’est que les acteurs ne sont pas investis dans leur rôle et c’est bien dommage. Mais il ne faut pas oublier le zombie à moitié humain. Si dans la version originale on pouvait ressentir quelque chose face à Bub, ici, on n’en a rien à faire, puisqu’à la base, ce zombie est un pervers sexuel qui tente de violer l’héroïne. Alors forcément, quand il arrive en tant que zombie principal, on n’a qu’une envie, c’est qu’il crève. Pour l’empathie, on repassera.

Enfin, et c’est là un autre point important, Day of the Dead – Bloodline ne contient aucune dimension politique, écologique, humaniste ou quoi que ce soit. C’est bien simple, nous sommes face à u film de zombies avec une morue qui veut trouver un vaccin, un amoureux transi qui l’aide et un zombie ayant une conscience mais demeurant un gros connard, point, à la ligne. On ne montre pas que les humains sont pires que les zombies. On ne parle pas de politique ou de point de vue religieux sur la mort. Il n’y aura aucune allusion à l’écologie. Bref, il s’agit d’un film vide en tout point. Et du coup, on voit bien la différence entre un génie comme le fut Romero et des ersatz qui essayent de copier son travail sans avoir une once de génie ou d’originalité.

Au final, Day of the Dead – Bloodline est un joli ratage dans les règles de l’art. A vouloir côtoyer les grands, sans expérience, et sans envie de raconter quelque chose d’important, on se brûle les ailes et on s’écrase comme une vieille chaussette. Ce film est l’exemple parfait de tout ce qu’il ne faut pas faire dans un remake, à savoir le moderniser en y enlevant toute son essence et sa portée philosophique. Bref, un bête film de zombie qui a le mérite d’être gore parfois, mais qui n’apporte rien au genre.

Note : 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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