décembre 5, 2020

Kodachrome

De : Mark Raso

Avec Ed Harris, Jason Sudeikis, Elizabeth Olsen, Gethin Anthony

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Un photographe mourant et son fils tout juste réapparu dans sa vie entament un périple vers le dernier laboratoire développant encore des pellicules Kodachrome.

Avis:

Mark Raso est un réalisateur canadien qui n’est pas encore bien connu de nos services. Bon, il faut dire que le jeune réalisateur d’une trentaine d’années en est à son début de carrière. Une carrière jonchée de courts-métrages (six films), avant un premier long-métrage encore inédit chez nous, « Copenhague » avec Gethin Anthony (Renly Baratheon de « Game of Thrones« ) et sorti en 2014 et qui s’est fait joliment remarquer dans plusieurs festivals.

Quatre ans après ce premier, voici que Mark Raso est de retour via Netflix cette fois-ci, pour un road-movie qu’on connaît par cœur et qui pourtant va kidnapper notre cœur et nos émotions. Tenu par un trio d’acteurs géniaux, ce petit film dont l’intrigue est on ne peut plus prévisible, demeure un moment de cinéma émouvant, et tout simplement beau. Comme quoi, parfois, ce sont les choses les plus simples qui sont les meilleurs.

Matt Ryder travaille dans le monde la musique. Il est agent et il essaie de signer les groupes qui feront la musique de demain. Mais depuis un moment, il n’a signé personne et son poste est alors menacé. Matt a un père photographe mondialement reconnu, avec lequel il ne parle plus depuis des années. Son père est aujourd’hui mourant et il souhaite faire développer de vieilles pellicules dans un laboratoire qui va fermer et il souhaite faire ce dernier voyage avec son fils. Si Matt au départ refuse de réaliser les derniers vœux de ce salaud, il va finalement accepter à contre cœur, dans l’espoir uniquement de pouvoir approcher un groupe qui a le vent en poupe. Ce road-trip à travers les États-Unis sera une étape importante dans la vie des deux hommes.

« Kodachrome » est un film dont les codes et la lecture sont connus de tous. C’est un film qu’on connaît si bien même, qu’on s’est un peu juré de ne pas tomber dans sa facilité et d’attendre plus. C’est un film qui, malgré son séduisant casting, de par la facilité de son intrigue, fait qu’on ne veut pas lui laissee de chance aussi facilement. Oui, si Mark Raso veut nous séduire, il va falloir qu’il rame et nous offre plus que ce qu’on connaît par cœur. Oui, enfin, ça, c’est la théorie, car dans la pratique, le scénario n’est absolument pas le même et une fois passé l’ouverture convenue de ce film, il va bien être impossible de ne pas succomber au charme dingue de ce dernier road-trip existentiel, tout en émotion et en simplicité, qui verra indubitablement se rapprocher ce père plein de remords et ce fils plein de colère.

Plus que son scénario, « Kodachrome » est un film qui tient de par la qualité d’écriture incroyable de ses personnages et les interprétations sans faille de ses acteurs. Franchement, comment ne passe être bouleversé devant le regard bourré de regrets de ce père ô combien détestable, incarné par un Ed Harris au sommet ? Comment ne pas succomber au regard d’un Jason Sudeikis en colère, blessé par ce père absent ? Une colère partagée entre amour et haine. L’acteur sort de plus en plus du registre de la comédie et il se révèle être un acteur incroyablement bouleversant. Ce duo, construit sur un schéma qu’on connaît tant, happera votre cœur et surtout nos émotions, au point d’être presque tenu en apnée, tant la force émotionnelle des derniers instants est magnifique.

On ajoutera à toutes ces émotions, une qualité visuelle sublime. « Kodachrome » est un road-movie qui offre là tous les codes du genre, allant flirter avec les clichés, et pourtant à aucun moment Mark Raso ne tombe dans quelque chose de lourd. Non, son « Kodachrome« , en plus de nous toucher et nous bouleverser, nous amuse avec un petit humour bien ciblé. Un humour sarcastique osant même le désagréable sans jamais être offensant.

Avec ce film, Mark Raso ne triche pas, il ne nous ment pas, et livre ce que « Kodachrome » laisse entrevoir et c’est en assumant à tout instant, sans vouloir renouveler le genre, bien au contraire, que Mark Raso livre un excellent film. Un film qui est surprenant, qui sait tenir son public et l’émouvoir avec quelque chose de prévisible et ça, c’est un tour de force.

On n’attendait absolument pas « Kodachrome » et on le quitte ému, touché au cœur. Ce trio d’acteurs est parfait (on n’a pas parlé d’Elizabeth Olsen, mais il est impossible de ne pas être touché par cette infirmière). En leur compagnie, on rit, on a été agacé, on a été touché, et surtout, on a pleuré, beaucoup pleuré. Alors que tout était joué d’avance, tout était convenu, Mark Raso nous a surpris, et alors même qu’on connaît ce film par cœur, des comme celui-là, on adorerait en voir plus souvent… Paradoxe !

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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