Laid to Rest

De : Robert Hall

Avec Bobbi Sue Luther, Kevin Gage, Sean Whalen, Lena Headey

Année: 2009

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Une jeune femme se réveille dans un cercueil au beau milieu d’une morgue, elle devient alors la cible d’un psychopathe…

Avis:

Le genre horrifique a toujours eu tendance à avoir des aficionados démesurés, donnant naissance à des mythes qui sont aujourd’hui devenus des figures incontournables du septième art. Tous ces boogeymen sont aujourd’hui connus par la populace, même par ceux dont l’horreur peut filer des boutons. Entre Freddy, Jason, Michael Myers ou encore Chucky, on pourrait présenter des photos à des passants dans la rue que tout le monde les reconnaîtrait. Du coup, ces icones du cinéma ont donné l’envie à certains producteurs et réalisateurs de lancer d’autres boogeymen avec leur particularité. Exit les griffes en acier dans les cauchemars des adolescents, les coups de machette dans un camp de vacances ou les serial killers dans des poupées pour enfants, aujourd’hui, on essaye d’innover et de lancer ses propres monstres. On a pu voir Victor Crowley, le monstre increvable du bayou, mais on peut aussi compter sur Leslie Vernon du film Derrière le Masque ou encore Chromeskull, le tueur de Laid to Rest, un petit film sorti très discrètement en 2009, mais qui a connu une suite et qui a plutôt charmé les amateurs du genre. Pourquoi et comment ?

Le scénario de ce film tient sur un timbre-poste. Une jeune femme avec une forte poitrine se réveille à l’intérieur d’un cercueil. Elle arrive à en sortir et ne sait plus qui elle est ni comment elle s’appelle. C’est alors qu’elle se fait poursuivre par un homme masqué d’un crâne chromé et équipé d’une caméra sur l’épaule. C’est à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur Laid to Rest, un slasher qui n’est pas dénué de qualités, mais qui possède aussi de nombreux qui sautent aux yeux dès les premières minutes. En effet, on va vite se rendre compte que le film de Robert Hall n’a pas dû coûter bien cher, car la réalisation est vraiment bâclée. L’image est assez granuleuse, le montage est hyper cut et on ressent une certaine coupe budgétaire au niveau des décors et des lieux. Le film se déroulant de nuit, on ne voit quasiment rien, mais même au niveau des bâtiments ou des intérieurs, c’est très épuré, pour ne pas dire pauvre, car les murs blancs ne servent pas vraiment à l’ambiance ou à l’intrigue. En fait, on va faire d’incessants allers-retours entre trois lieux, le réalisateur n’arrivant jamais à vraiment varier les plaisirs, si ce n’est sur la fin, au détour d’un petit magasin ouvert de nuit. C’est bien là toute la faiblesse de ce film, montrant rapidement ses limites, malgré la faiblesse de son scénario.

Cependant, résumer Laid to Rest à cela serait très réducteur. Parce qu’en soi, le film n’est pas si mauvais que ça et il va même surprendre à plus d’un titre. Il va surprendre en premier lieu par la qualité des comédiens. Si Bobbi Sue Luther passe son temps à se plaindre et à crier, ce ne sera pas le cas de Kevin Gage, très attachant en samaritain au grand cœur, ou encore Sean Whalen, sosie non officiel de Steve Buscemi. Globalement, les acteurs sont plutôt bons et leurs personnages sont simples mais crédibles et efficaces. On notera même une apparition de Lena Headey (Cersei dans Game of Thrones) et de Lucas Till en jeune vendeur qui ne va pas faire dans la longue durée. D’ailleurs, personne n’est vraiment à l’abri et c’est certainement ça, en partie, qui fait que le film fonctionne. On ne s’ennuie jamais, il y a toujours de l’action et avec la faible durée du film, on fait face à quelque chose de con, de téléphoné, mais de terriblement efficace. La seule chose sur laquelle on peut revenir, c’est clairement sur la fin, un peu stupide sur les bords et sur le côté mystérieux du tueur, qui ajoute un aspect effrayant, mais qui manque du coup de profondeur.

Par contre, ce qui fonctionne du tonnerre et qui fait que le film marche vraiment, c’est son côté gore complètement décomplexé et bien craspec. Le tueur ne fait pas dans le sentiment et tue à tour de bras en utilisant un bon gros couteau de l’armée. Les morts sont bien souvent filmées en gros plan, afin que l’on puisse profiter pleinement de l’œil se gorgeant de sang de la victime ou encore de la déformation de certaines zones, notamment sur ce meurtre avec un aérosol de colle qui va faire éclater une tête. C’est vraiment trash et le film ne fait pas dans le sentiment. D’ailleurs, les morts s’enchainent à vive allure et on aura même droit à un moment bien dérangeant dans une grange où des cercueils ouverts jonchent le sol et des cadavres mélangés sont disséminés sont et là. Avec cette séquence assez courte mais bien sale, on se rend compte de la maladie du tueur et cela donne un peu plus d’enjeu à la survie des personnages pour lesquels on ressent un peu d’empathie, notamment grâce à leur simplicité. Laid to Rest gagne vraiment ses galons sur ce côté gore parfaitement assumé et qui peut prêter à sourire sur certains moments. On voit bien où est passé tout le budget et ce n’est certainement pas dans la réalisation.

Au final, Laid to Rest est un néo-slasher assez plaisant et qui remplit parfaitement son cahier des charges. C’est bourrin, parfois jouissif, assez régressif dans son histoire, mais on ne s’ennuie jamais et le film ne ment pas sur sa marchandise, offrant du gore et de la chair à canon. Si l’on excepte ses défauts de réalisation et son histoire pas du tout novatrice, nous sommes face à un film honnête, divertissant et pour lequel on comprend aisément qu’il y ait eu une suite, même si celle-ci sera plus classieuse dans sa réalisation mais moins percutante dans la présentation de son monstre et de ses personnages. Bref, en l’état, Laid to Rest demeure un petit film sans prétention, gore, et qui fait le taf, ce qui est déjà pas mal.

Note : 12/20

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Par AqME

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