Le Chat

De : Pierre Granier-Deferre

Avec Jean Gabin, Simone Signoret, Jacques Rispal, Nicola Desailly

Année : 1971

Pays : France, Italie

Résumé :

Dans le huis clos étouffant d’un petit pavillon de banlieue épargné par la démolition, un vieux couple sans enfants se déchire. Lui, Julien Bouin, ouvrier à la retraite, ne l’aime plus, elle, Clémence Bouin, ancienne trapéziste qui a dû abandonner sa carrière suite à une chute. Lorsque Julien recueille un chat à qui il donne toute son affection, la jalousie commence à s’emparer de Clémence.

Avis :

Réalisateur français culte, Pierre Granier-Deferre, c’est quarante ans de cinéma (premier film en 61 et le dernier, un téléfilm en 2001). En quarante années de films, Pierre Granier-Deferre nous laisse un très bel héritage parmi lequel, « Le chat« , adaptation d’un roman de Georges Simenon qui est souvent considéré comme son meilleur. D’ailleurs, Jean Gabin lui-même considérait que ce film était le meilleur qu’il ait tourné après la guerre.

Incroyable, magnifique, bouleversant, « Le chat« , septième film de Pierre Granier-Deferre, qui marque ses dix ans de carrière de réalisateur, est l’un des plus grands films français qui soit, sorti dans les années 70.

Réunissant deux monstres sacrés du cinéma, Simone Signoret et Jean Gabin, « Le chat » est un huis clos bouleversant, tendu, plein d’aigreur, mais aussi d’amour. Un huis clos qui happe son spectateur. Oui, on pourrait presque croire à un court-métrage, tant le film ne se voit pas passer. On en ressort ému et chamboulé face à ce film impeccable, qui parlera de l’usure du temps comme rarement on en a parlé. Bref, vous l’aurez compris, le film est une claque, et toutes ses éloges sont bien plus que méritées.

Dans un petit pavillon de Courbevoie, Julien et Clémence Bouin vivent ensemble depuis plus de vingt-cinq ans maintenant. Lui est ouvrier à la retraite, elle est une ancienne trapéziste qui ne s’est jamais remise d’une chute. Depuis des années, le couple habite ensemble mais ne se parle plus. Pire encore, ils ne se supportent plus et la situation n’a fait qu’empirer depuis que Julien a ramené un chat dans ce qui reste de leur foyer. Aimant plus ce chat qu’elle, Clémence commence à jalouser cette petite bête et quand un jour, dépassée par ses émotions, elle tue de sang-froid le chat, alors la guerre est ouverte…

Il y a des films comme ça, où l’on s’attend à quelque chose, vu leur renommée, puis il y a des films qui dépassent ce que l’on attendait et nous laisse aussi admiratif que K.O et c’est bien l’effet que « Le chat » m’a offert.

Film incroyable, bouleversant, d’une mélancolie folle (la musique de Philippe Sarde est un chef-d’œuvre à elle seule), « Le chat » est un film étouffant et fascinant en même temps. C’est un film qui parle du temps qui passe et des années qui abîment les amours comme personne. C’est une plongée totale auprès d’un couple qui se déteste autant qu’il s’aime. Tenu par un scénario qui n’est qu’une leçon d’écriture, offert avec une mise en scène bluffante qui est elle aussi une leçon, où les silences seront bien plus ravageurs que les discours, « Le chat » magnifie tout ce qu’il entreprend et il nous laisse sans voix.

Porté par des acteurs inoubliables, « Le chat » nous offre la plus dramatique des confrontations. Simone Signoret est tout simplement bouleversante en femme aigrie et surtout parcourue de tristesse, face à cet amour perdu. L’actrice n’aura nul besoin des plus fins discours pour nous faire ressentir toute sa profonde solitude, toute la jalousie qui l’habite, tout comme tout l’amour qu’elle a. Car oui, elle est une femme amoureuse, et Signoret sait parfaitement tenir l’ambiguïté de ce rôle intense et difficile. Face à elle se dresse l’immense Jean Gabin dans ce qui sera l’un de ces derniers grands rôles et plus personnellement, son meilleur, dans tout ce que j’ai pu voir de lui. Jamais Gabin n’a été si bouleversant lui aussi. Et tout comme Signoret, ses regards et ses silences sont tellement lourds de sens, de mots et de maux. Le duel est intense, beau et dur, triste et tellement touchant. Bref, Pierre Granier-Deferre, avec ce casting et ce film, pose une pierre qui est encore aujourd’hui l’un des plus beaux piliers de sa filmographie.

Je ne vais pas m’étaler plus ce film qui fut une véritable claque émotionnelle, visuelle et sensorielle. « Le chat » est un film magnifique et puissant. C’est une descente vertigineuse et directe dans la lassitude d’un couple. D’une profonde tristesse, d’une grande cruauté, « Le chat » sera aussi une sublime histoire d’amour dans ses derniers instants. Bref, un chef d’œuvre.

Note : 20/20

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Par Cinéted

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