novembre 30, 2020

A Little Bit Zombie

De : Casey Walker

Avec Kristopher Turner, Crystal Lowe, Shawn Roberts, Kristen Hager

Année: 2012

Pays: Canada

Genre: Comédie, Horreur

Résumé:

Piqué par un moustique, un futur marié bon chic bon genre contracte un virus et se métamorphose en un zombie lors de son enterrement de vie de garçon. Il va tenter de protéger sa future épouse et d’affronter un chasseur de zombies…

Avis :

Le zombie est rapidement devenu un thème récurrent du cinéma horrifique et cela peu importe le pays. On a du zombie américain, du français, de l’africain et même de l‘australien et à chaque fois on oscille entre le très bon, celui qui amène à une réflexion sur notre condition humaine, et le très mauvais, avec des films qui n’accumule qu’une succession de gore ou de plans peu inspirés. Le principal problème que l’on peut avoir avec les films de zombies, c’est la redondance des thématiques et la sensation de tourner en rond au bout de quelques années. Il faut dire que passer après George Romero n’est pas une simple affaire. C’est alors que sont survenues les parodies de films de zombies, se moquant gentiment du genre, mais essayant à chaque fois d’apporter sa pierre à l’édifice. Les exemples de bonnes comédies à base de zombies sont nombreux et parmi les plus connues on peut citer Shaun of the Dead, Bienvenue à Zombieland ou encore, et dans une moindre mesure, Doghouse. Le seul défaut, c’est que là aussi, la qualité est très variable et on peut trouver de gros navets. A Little Bit Zombie fait-il partie de cette deuxième catégorie que l’on préfère largement oublier ?

Le postulat de base de ce film est relativement stupide. En gros, on va suivre un moustique qui va piquer un zombie. En s’envolant, il va arriver dans une cabane et il va piquer un homme sain, qui va devenir, petit à petit, un zombie. Sauf que cet homme doit se marier et que sa future femme ne veut absolument rien annuler. Du coup, elle, sa belle-sœur et le mari de sa belle-sœur vont tout faire pour sauver son futur époux, ou tout du moins stabiliser son état. C’était sans compter sur un chasseur de zombies pugnace et têtu.  Rien qu’à la lecture du scénario, on se doute bien de ce que l’on va trouver dans ce film. Des moments gênants, des situations ubuesques, des personnages hauts en couleurs et surtout, du moins on l’espère, un peu de gore. Et le film remplit à moitié son cahier des charges. Le début est d’ailleurs catastrophique. On se retrouve dans une campagne qui fait très studio d’enregistrement, et l’on va suivre un moustique dont les bruitages sont faits avec la bouche. Casey Walker, le réalisateur, choisit directement le mauvais goût pour commencer son film et montre d’emblée ses faiblesses budgétaires. Le duo de chasseurs de zombies (avec Stephen McHattie tout de même) ne fonctionne pas tellement, ça cabotine à mort et surtout, le coup de la boule de cristal pour trouver les zombies est très cheap. Alors oui, nous sommes dans une comédie, encore faut-il avoir les moyens de ses ambitions.

Et le film va continuer dans sa lancée avec une galerie de personnages relativement insupportables. En fait, insupportable n’est pas vraiment le bon mot, puisque certains d’entre eux seront assez drôles, mais c’est surtout que le film fait constamment dans la surenchère. Les gags sont lourds, parfois téléphonés ou déjà-vus et certains protagonistes ont des comportements absolument improbables. On peut citer la petite amie bon chic bon genre qui veut à tout prix se marier malgré le fait que son copain devienne un amateur de cerveau, ou encore le chasseur de zombie qui se veut bad ass mais qui n’est rien d’autre qu’un plouc de plus. On est clairement dans une volonté de surenchère pour arracher les rires et malheureusement, bien souvent, ça ne marche pas. Ensuite, l’autre gros défaut du film, c’est sa réalisation. Casey Walker n’arrivera jamais à donner du cacher à son film. Au mieux, on n’aura droit à un épisode de série proche de Buffy Contre les Vampires, au pire, un soap digne d’une télé mexicaine. Encore une fois, on voit les limites budgétaires de ce métrage et certains moments sont carrément gênants, comme l’introduction, mais aussi certains dialogues incongrus et passablement inutiles.

Cependant, le film va aussi avoir son lot de moments assez drôles, et cela grâce à la prestation physique de son acteur principal, Kristopher Turner. Assez grand et élancé, avec une mâchoire assez grande, l’acteur s’en donne à cœur joie dans ce rôle de jeune homme qui se tait devant sa femme et assouvi tous ses désirs. Sa condition de futur zombie ne l’enchante guère et la découverte de certains symptômes est assez marrantes, notamment lorsqu’il se rend compte qu’il bave à chaque fois qu’il entend le mot cerveau. On pourra aussi se réjouir de certains passages purement scato, notamment lorsqu’il vomit sur le visage de sa compagne, un moment sale, mais terriblement jouissif quand on voit le comportement de ladite personne. Alors oui, ce n’est pas fin pour un sou, mais ça primaire et assez efficace dans sa façon de faire. D’autres personnages seront assez agréables, comme le beau-frère aux gros bras joué par un Shawn Roberts en roue libre mais qui s’avère très bien. Alors cela ne fait tout un film, mais ça permet de ne pas tomber dans un navet ultime où l’on s’ennuie sévère comme pour un Zombie Honeymoon par exemple.

Au final, A Little Bit Zombie n’est pas une excellente comédie de zombies, elle est même assez banale et très cheap, mais elle fonctionne par moments et peut s’avérer divertissante sur l’instant. S’il lui manque un réel fond, que l’on peut tout de même apercevoir, comme le message que l’homme est finalement pire que le zombie, le film de Casey Walker ne se prend jamais au sérieux et évite l’écueil de la comédie qui veut à tout prix avoir un sens profond. C’est bas de plafond, c’est parfois à la limite du regardable tant c’est limité niveau budget, mais il y a un capital sympathie finalement assez présent dans ce métrage, et c’est bien tout ce qu’on lui demande.

Note : 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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