Stuck – Instinct de Survie

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De : Stuart Gordon

Avec Mena Suvari, Stephen Rea, Russell Hornsby, Rukiya Bernard

Année: 2007

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Une infirmière renverse un pauvre homme devenu SDF. Il s’encastre dans le pare-brise de sa voiture. Au lieu de prévenir les secours, elle l’emmène chez elle, et le laisse dans son garage.

Avis:

Quand on est un féru de films d’horreur, il y a des réalisateurs à côté desquels on ne passe pas à côté. Wes Craven, Alexandre Aja ou encore James Wan sont autant de réalisateurs qui sont assez marquants dans le domaine de l’horreur grâce à une constance dans la quantité et la qualité des métrages horrifiques. Mais il y en a un qui a percé rapidement dans les années 80 avec quelques films horrifiques presque parfaits. Stuart Gordon réalise en 1986 le génial Re-Animator puis enchaîne avec deux autres films qui vont devenir cultes au fur et à mesure du temps, Aux Portes de l’Au-Delà (From Beyond) et Dolls: les Poupées. Malheureusement, les producteurs deviendront assez vite frileux avec ce pauvre Stuart Gordon, qui devra se contenter de quelques sorties mineures en DTV et avec les moyens du bord. Dans les années 2000 il va sortir des films tout à fait honorables que sont Dagon ou encore King of the Ants, puis ensuite il va faire deux épisodes pour les Masters of Horror et un épisode pour la pseudo-suite, Fear Itself. Il revient en 2007 avec Stuck, un petit thriller qui nous préoccupe aujourd’hui et qui n’a vu le jour en France qu’en 2011! Alors que vaut ce film?

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J’vais te prendre par terre, là de suite!

Le scénario du film est relativement simple et part d’une histoire vraie. En général, je suis plutôt frileux sur ce genre de remarque, et je ne me prononcerai pas sur la fin du film qui me semble assez romancée. On va donc suivre la vie d’une infirmière dans une maison de retraite qui se voit proposer une promotion. Le seul problème, c’est qu’elle doit bosser le samedi matin pour gagner la confiance de sa patronne. Elle part faire la fête, prend quelques cachets illicites et rentre chez elle alors qu’elle n’est pas en état. En parallèle, on va voir l’enfer que devient la vie d’un homme qui se retrouve à la rue et sans emploi du jour au lendemain. C’est alors que dans un moment d’inattention, la jeune femme renverse l’homme qui vient s’encastrer dans le pare-brise de la voiture. Seulement, cet homme est toujours en vie. Craignant pour son futur et d’aller en prison, la jeune femme décide de le laisser dans son garage. Mais l’homme possède une envie de vivre hors norme. Voilà le pitch de départ qui est assez basique, mais qui va révéler sa puissance dans le comportement de la jeune femme. En effet, si au départ elle semble gentille et mignonne, malgré son caïd de petit copain, on va la voir se transformer petit à petit en monstre sans morale et prête à tout pour se débarrasser du corps. En utilisant un propos assez simple qui est un accident assez courant, Stuart Gordon livre un tollé contre l’égoïsme ambiant et cette volonté de ne jamais se sentir coupable. En ce sens, le film est assez fort et relativement convaincant. Il en profite aussi pour y mêler une histoire de sans-papiers, montrant leur volonté de ne pas se faire voir, même pour porter secours. Ainsi, on peut voir qu’un drame transforme les gens, révélant une vraie nature qui n’est pas toujours belle à voir. Néanmoins, le film n’est pas exempt de défauts. En effet, le manque de budget se fait largement sentir dès les premières secondes avec une musique rap dans une maison de retraite. On a plus l’impression de faire face à un téléfilm qu’à un vrai film et ce sera principalement le plus gros défaut du film avec des décors assez miteux.

Le choix des acteurs a été crucial et on peut voir que personne ne s’est trompé. En effet, Mena Suvari, que l’on connait pour deux rôles, dans American Pie et American Beauty, nous sert ici une jolie prestation. Relativement fausse au début du film, c’est pour mieux se transcender à partir de l’accident, où elle devient une vraie salope. J’ai pour habitude de ne pas aimer cette actrice, mais elle est bien dans ce rôle et l’incarne de manière très convaincante. Stephen Rea, qui joue la victime et que l’on a déjà vu dans V pour Vendetta est lui aussi très réaliste et dans son personnage. Le seul petit défaut du métrage, c’est que son personnage à une jambe brisée et qu’avec une attèle de fortune, il se relève et marche presque. On pourra aussi râler contre le personnage du copain du personnage principal qui est transparent, bouffon et insupportable. On sera d’ailleurs bien content de voir comment il finit. Le reste du casting est bien troussé malgré quelques facilités comme la mégère qui gère la maison de retraite, la meilleure amie complètement crédule ou encore les immigrés espagnols. Mais pour un film à petit budget, on peut dire que tout ce petit monde s’en sort honorablement bien. La fin est assez bizarre, finissant chaotiquement et je ne suis pas sûr qu’elle soit tirée de faits réels. Si c’est le cas, c’est assez glauque et nihiliste. Mais on retrouve quelques fulgurances gores de la part de l’auteur, comme un stylo dans l’œil, ou le retrait d’un essuie-glace du bide. Les différents effets sont très convaincants.

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Tu connais l’histoire de Paf le clochard ?

Au final, Stuck est un film assez prenant et très intéressant. Entre les souffrances de la victime et son volonté de vivre et les coups de pute de la conductrice, le film prend un tournant psychologique assez fort, révélant bien des choses sur la nature humaine. Néanmoins, le côté téléfilm peut en rebuter plus d’un, tout comme la bande originale, bourrée de rap est très anecdotique ou hors de propos.

Note : 13/20

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Par AqME

ServalNote de Serval: 12/20

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