octobre 24, 2020

Une Femme Heureuse – De l’Art de s’Echapper

Titre Original : The Escape

De : Dominic Savage

Avec Gemma Arterton, Dominic Cooper, Jalil Lespert, Frances Barber

Année : 2018

Pays : Angleterre

Genre : Drame

Résumé :

Tara est une jeune mère qui vit dans la banlieue de Londres. Femme au foyer, elle passe ses journées à s’occuper de ses enfants, de la maison et à attendre le retour de son mari le soir. Cette vie calme et rangée lui pèse de plus en plus, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus supporter sa situation. Elle commence à se promener dans Londres, redécouvre le plaisir de s’acheter des livres, et songe à suivre des cours d’art. Son mari Mark, qui travaille dur chaque jour, ne comprend pas ses nouvelles envies. Tara prendra sur elle jusqu’au jour où, acculée, elle pensera à changer de vie.

Avis :

Dominic Savage est un homme qui a eu deux vies dans sa carrière de cinéma. Enfant et jeune adulte, il fut un comédien qui a beaucoup tourné pour la télévision britannique. On lui retiendra surtout un rôle dans cette première vie, celui du jeune Lord Bullingdon dans le « Barry Lyndon » d’un certain Stanley Kubrick.

Puis vers la trentaine, Dominic Savage se tourne vers l’écriture et la réalisation et abandonnera peu à peu le métier d’acteur, pour aller vers celui d’un réalisateur plus que confirmé.

Bien plus souvent à la télévision, pour des téléfilms à succès et des mini séries, Dominic Savage n’a pour l’instant réalisé que deux films de cinéma. « Une femme heureuse » est donc son deuxième film qui fait suite à « Love + Hate » sorti en 2005.

Pour ce nouveau drame, Dominic Savage s’est entouré d’un casting sublime et il nous offre-là un film magnifique, qui peint avec dureté et tendresse, un couple qui déborde d’amour, dont la routine finit par les grignoter et en particulier cette « … femme heureuse« , si malheureuse. Tout en émotion, et particulièrement émouvant, ce drame est terrible et beau à la fois. Bref, on en ressort bouleversé.

Tara la trentaine a tout, absolument tout, pour être heureuse. Elle est marié à un homme qu’elle aime, avec qui elle a eu deux beaux enfants. Le couple a une belle situation, une jolie maison dans une jolie banlieue de Londres. Mais malgré tout ceci, Tara est malheureuse et s’ennuie à mourir dans ce quotidien qui la tient fermement enfermée chez elle à attendre que les enfants rentrent de l’école, et que son mari rentre épuisé de son boulot. Tara a envie d’autre chose, peut-être de suivre des cours d’arts pendant que les enfants sont à l’école, mais son tendre mari ne comprend pas ces nouvelles envies, et surtout, il n’avait pas vu que sa femme soit devenue si malheureuse. Tara prendra alors sur elle, essayant toujours d’arranger les choses, jusqu’au jour où elle finit par craquer…

Sublime, ce film est sublime ! « Une femme heureuse » est un drame simple, mais comme on en voit trop peu. Avec ce film, Dominic Savage n’offre rien d’incroyable puisque son film n’est finalement qu’une tranche de vie, mais il le fait avec une telle simplicité et avec tant d’émotion, que l’on en est traversé d’émotion à tout instant.

L’intrigue en elle-même est on ne peut plus « bateau ». Une femme s’ennuie à mourir dans sa vie, et finit par s’échapper de cette maison pour quelques jours ou à tout jamais (oui, je garde un peu de suspens). Jusque-là, il n’y a rien d’extraordinaire, on peut même dire qu’on a déjà vu mille fois ce film, ou même ce téléfilm, et pourtant à n’en douter, nous avons bien à faire ici à un film de cinéma qui mérite la plus belle des attentions.

« Une femme heureuse« , c’est un scénario qui n’est que sublime. C’est un scénario qui mélange douceur et douleur. C’est un scénario qui est riche en détails, en amour. « Une femme heureuse« , c’est un film qui déborde d’amour, même si ça ne va dans ce couple. C’est un film qui peint avec le plus beau, même si c’est le plus triste, des réalismes, une vie de couple. On sera bouleversé par les cris intérieurs de cette femme qui ne sait quoi faire pour fuir cette vie monotone qui a tout pour être parfaite. Une vie qu’elle se culpabilise de ne pas aimer, tant elle a de la chance qu’elle soit ainsi.

« Une femme heureuse« , c’est aussi des émotions incroyables face à de petites choses toutes banales. On sera ému face à une femme qui observe les gens sur le parking d’un supermarché. On sera ému face à un mari un peu gauche, un peu agaçant, et pourtant tellement touchant, tant il déborde d’amour. D’ailleurs, les larmes de Dominic Cooper, dans son plus beau rôle, sont un chamboulement autant que l’échappée poétique de Gemma Artenton dans un Paris réel et fantasmé à la fois. Bref, ce scénario dans son fil rouge n’a rien d’incroyable et pourtant, grâce à ce ton, grâce à la richesse de ses détails, et dans le jeu de ses comédiens, qui sont tous les deux au plus intense de ce qu’on peut leur demander, fait que ce fil rouge ordinaire en devient extraordinaire et tout simplement bouleversant (personnellement, je pense avoir passé une bonne heure et demie au bord des larmes).

« Une femme heureuse » est donc un film magnifique qu’il serait dommage de rater. Portrait superbe d’une vie, Dominic Savage nous offre un film qui n’est qu’émotion. Un film qui avec trois fois rien est capable de la plus intense des émotions. Puis enfin, un film qui offre à ses deux comédiens, Gemma Arterton et Dominic Cooper, leur plus beau, mais aussi leur plus difficile, rôle. Bref, un joli coup d’amour que je n’avais pas vu arriver.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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