Les Légendaires – Cycle 1

Auteur : Patrick Sobral

Editeur : Delcourt

Genre : Fantasy

Résumé :

On les surnomme les Légendaires. Ils sont cinq. Ils incarnent les vraies valeurs oubliées (noblesse, courage, intelligence, etc.). Ils sont grands. Ou plutôt, ils l’étaient. Lors de leur dernier combat contre les forces maléfiques, les choses se sont mal terminées, et tous les adultes sont redevenus des enfants ! Aujourd’hui les Légendaires doivent racheter leur bévue.

Avis :

Les Légendaires sont un groupe d’aventuriers qui a marqué une génération. Plusieurs séries sont à leur actif : Les Légendaires, la série de bande-dessinées d’origine, Les Légendaires origines, une série récente qui raconte les passés tumultueux de nos héros préférés, et Les Légendaires parodia, où nos personnages favoris sont aussi petits que des gnomes et complètement fous. Des romans sont même édités et reprennent les histoires que l’on connaît déjà. Au fil du temps, ils sont devenus aussi célèbres que leur renommée dans leur propre monde d’Alysia. Patrick Sobral a su créer un univers à la fois riche, complexe, beau et plein de surprises. Le cycle 1, qui est critiqué ici, comprend les tomes 1 à 8.

L’accident de Jovénia a détruit la réputation des héros qui sont maintenant détestés par la population. Le tome 1 marque leur réunification, après des années de détresse, de bannissement et de solitude. Le groupe est composé de 5 membres : Shimy, l’elfe élémentaire, Danaël, le preux chevalier, Jadina, la magicienne, Razzia, le colosse et Gryf, l’homme bête. Chacun a une personnalité bien différente et ensemble ils deviennent complémentaires. Shimy est plutôt froide, distante et pragmatique, quand Jadina est plus émotive et sensible. Danaël est idéaliste et aime la justice, quand Razzia aime foncer dans le tas. Quant à Gryf, il est plus sournois et subtile. Les personnages sont présentés brièvement et de belle manière, à la toute première page de chaque tome. Cela permet de s’approprier leurs personnalités plus rapidement et de plonger plus vite dans l’histoire.

L’auteur nous offre des personnages au caractère bien développé, qui ne cessent de nous surprendre au fil des tomes. Shimy et Jadina se disputent souvent, l’elfe ne semblant pas apprécier le comportement de fille gâtée de la magicienne. Leurs chamailleries font sourire, tout comme les situations embarrassantes entre Gryf et Shimy ou entre Danaël et Jadina, dont on sent la montée de futures histoires d’amour. L’auteur traite ces sujets de manière mature et n’exagère rien.

On sent que les héros sont bien construits et que l’on a encore beaucoup à apprendre d’eux, de leur passé, de leur histoire familiale et de là d’où ils viennent. L’histoire est ainsi faite que chaque tome nous en dévoile un peu plus sur l’un des personnages. Par exemple, le tome 2, Le gardien, se focalise plus sur le passé de Danaël ; le tome 3, Frères ennemis, fait entrer un personnage important du passé de Shimy ; le tome 5, Cœur du passé, ramène près de Jadina une personne qu’elle connaît depuis sa naissance et le tome 7, Aube et Crépuscule, va aider Gryf à comprendre son histoire. Le personnage de Razzia est, dans ce cycle, moins développé que les autres héros, mais cela sera rattrapé dans les cycles suivants.

L’univers est vraiment mignon et plaisant, notamment à cause des dessins de style manga (gros yeux, couleurs vives, traits ronds), de l’univers créé, des histoires pleines de bons sentiments, mais aussi et surtout à cause de l’humour qui s’immisce un peu partout, et de toutes les références littéraires et cinématographiques que l’auteur a cachées dans ses pages. Le lecteur averti reconnaîtra, par exemple, des allusions au Seigneur des anneaux de Tolkien, à l’univers Pokemon, et à d’autres œuvres cultes que nous vous laissons le plaisir de découvrir par vous-mêmes.

Les personnages font également rire par leurs remarques sarcastiques, leur comportement parfois (à peine) exagéré et leurs mimiques excessives. L’univers créé regorge aussi de jeux de mots très amusants qui font sourire, de situations embarrassantes et le fait que tous les habitants d’Alysia soient des enfants (à cause de l’accident de la pierre de Jovénia), amène des quiproquos et paradoxes vraiment bien trouvés.

Le style des dessins peut, à tort, laisser penser que les histoires sont enfantines, alors qu’il n’en est rien. Les intrigues sont complexes et bien travaillées. En plus de la trame principale qui est de pouvoir trouver une solution permettant aux habitants d’Alysia de retrouver leur forme adulte, chaque paire de tomes raconte une histoire bien particulière qui se termine complètement tous les diptyques. Cette façon de faire est plutôt originale et permet de développer des scénarios intéressants avec un début, un milieu et une vraie fin, un double album laissant plus de temps pour détailler certains évènements. La trame principale n’est, en plus, jamais perdue de vue et avance petit à petit.

Alysia est un monde où la magie existe et sur lequel vivent de multiples races et espèces en communauté. Outre les elfes, les hommes bêtes, ou les humains, on découvre de multiples autres peuples au fur et à mesure. On ne sait pas très bien où sont les limites de la magie dans cet univers créé par des dieux et des pierres de puissance. Jadina semble contenir une magie surpuissante en elle dont on découvre les prémices dans le tome 6, Main du futur, et les méchants principaux de l’histoire ont l’air de mages noirs omnipotents. Les dieux créateurs n’ont pas quitté la partie non plus et n’hésitent pas à évincer les héros, qui se retrouvent impuissants face à eux. Cette ambiance ésotérique et spirituelle est bienvenue et laisse penser que tout ce qui se passe n’est pas que le fruit du hasard mais aussi peut-être celui de jeux entre divinités qui s’ennuient. Cette dimension mystique amène une complexité supplémentaire à l’histoire principale, et l’on en découvre de plus en plus sur la création du monde au fur et à mesure de la lecture.

Le lecteur s’attache aux différents héros et aime en apprendre davantage sur eux à chaque tome. Cette façon de faire, en donnant des informations au compte-goutte, est agréable même si cela apporte un suspens parfois difficile à supporter. La fin de chaque tome est agrémentée d’un petit ‘teaser’ du tome suivant, qui nous fait davantage saliver et permet d’attendre la sortie des tomes futurs.

Le monde des Légendaires fait du bien, s’appuie sur des messages de justice, d’amitié, d’amour et  de bonne entente entre les peuples, tout en dénonçant certains penchants malsains, comme le racisme, l’attrait du pouvoir ou l’égoïsme. Les dessins sont incroyables et hauts en couleur, apportant à l’univers un côté rafraîchissant que l’humour vient embellir. De plus, il n’y a pas de violence à proprement parler, nos héros évitant de tuer dès que cela est possible.

Ce cycle est lumineux, et loin d’être aussi sombre que le cycle suivant : le cycle d’Anathos.

Note : 18/20

Par Lildrille

 

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