Lavalantula

De : Mike Mendez

Avec Steve Guttenberg, Nia Peeples, Patrick Renna, Carlos Bernard

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur, Nanar

Résumé :

Une éruption volcanique à Los Angeles relâche des tarentules géantes cracheuses de lave en fusion.

Avis :

Quand on regarde le cinéma d’exploitation des animaux tueurs, on peut se demander à partir de quel moment c’est partir en couilles. A la belle époque, nous avions droit à des Dents de la Mer, à des Piranhas ou encore à des Anaconda (oui, dans une moindre mesure, c’est vrai). Mais aujourd’hui, quand regarde un peu le cinéma d’horreur avec des animaux tueurs, on se retrouve vite à devoir piocher dans des bobines de mauvaise qualité, voire dans des navets supposés qui trouvent confirmation dès les cinq premières minutes. Et pourtant, le spectateur, avide de niaiseries, continue sans faille de mater ces horreurs cosmiques, ces bousins intersidéraux qui polluent le marché du DTV et détériorent même le vrai cinéma horrifique d’exploitation qui est susceptible de sortir au cinéma. Placé en double programme lors du lancement de Sharknado 3 sur Syfy, Lavalantula ne déroge pas à la règle du film animalier avec des CGI dégueulasses, un acteur des années 80 aujourd’hui sur la touche et une histoire qui n’a ni queue ni tête. On se doutait bien qu’en matant ce film on se ferait du mal, mais on ne savait pas que c’était à ce point.

Pour la petit histoire, si tant est qu’il y en est une, c’est qu’à Los Angeles, un tremblement de terre réveille un vieux volcan endormi et des failles apparaissent un peu partout dans la ville. Sortant de la lave, des araignées virulentes envahissent la cité des anges et tout le monde commence à sentir le roussi. Nous aussi, mais c’est une autre histoire. Steve Guttenberg (Police Academy), acteur de seconde zone essayant incarné un super-héros au cinéma et tentant de revenir dans le game va alors tout faire pour sauver femme et enfant de ces créatures faites de magma et de chitine. Voilà. C’est à peu près tout ce qu’il y a dire sur cette histoire hautement improbable, qui semble avoir vu le jour dans l’esprit d’un camé qui aurait trop joué au premier Devil May Cry, mais nous ne sommes jamais à l’abri d’une bonne surprise, d’une comédie drôle ou encore d’un film qui se prend tellement au sérieux qu’il en devient drôle.

Malheureusement, c’est bien mal connaître Syfy et ses productions foireuses qui suent de cynisme et refoulent bien le foutage de gueule. Lavalantula est pile poil dans tout ce qu’il ne faut pas faire avec un film, tout comme avec les Sharknado, prenant réellement le spectateur pour un imbécile. Si l’histoire est complètement aux fraises, cela aurait pu donner quelque chose de stupide mais de profondément drôle, sauf que là, l’humour est vraiment au ras des pâquerettes. D’un côté on va suivre les pérégrinations de Steve Guttenberg qui veut rejoindre sa femme, mais qui se retrouve à chaque fois sur le devant de la scène à cause d’une pseudo célébrité un peu envahissante. De l’autre côté, on va suivre sa femme, prof de sport de combat, qui va se défendre toute seule en mettant des droites aux arachnides et en lâchant une punchline toutes les deux phrases. Enfin, on va aussi suivre le parcours de leur fils, qui est parti faire du vélo avec des copains et qui va devoir survivre à une attaque surprise. Bref, un joyeux bordel qui permet en fait au film d’allonger sa durée et de donner des objectifs à chacun, à savoir se retrouver pour sauver la ville ou encore se barrer loin d’ici. Des enjeux qui se seront qu’un prétexte pour multiplier les apparences des araignées, et mettre en avant des dialogues lénifiants et d’une bêtise crasse.

Car c’est bien tout le problème de ce genre de film. C’est qu’il prend le spectateur pour un débile mais pense que sa démarche est honnête et plaisante. Las, c’est tout le contraire qui se déroule, avec des échanges crétins qui essayent vainement de nous faire rire, de l’action ridicule et complètement je m’en foutiste ou encore des effets spéciaux volontairement mauvais, montrant non seulement les limites budgétaires de ce genre de film, mais aussi et surtout une vraie volonté de faire dans le mauvais et l’outrancier. Cela ne peut marcher que si c’est fait de façon malencontreuse ou encore avec une vraie écriture. Et oui messieurs de chez Syfy, faire un nanar demande de la rigueur et non pas deux trois idées balancées à brûle pourpoint pour surfer sur une vague puante et opportuniste. Car ne nous y trompons pas Lavalantula n’est qu’une pur produit de consommation qui aura servi à mettre en avant Sharknado (le troisième épisode pour la peine) et n’a d’autre but dans son existence que de montrer le côté malhonnête de cette chaîne dans la production de bouillie numérique.

Et que dire de ces pauvres acteurs qui se perdent dans un tel marasme. On a encore mal pour ce pauvre Steve Guttenberg qui se la joue à la Ian Ziering, dégommant de l’araignée de pixels à coup de fusil à pompe ou encore avec quelques explosifs dans une tenue qui oscille entre Rocketeer et Iron Man, mais version gabonaise. C’est d’une tristesse absolue que de voir cet acteur se fourvoyer là-dedans, tout ça pour payer quelques rails de coke et un égo qui a dû en prendre un coup. Et il parait qu’il y a un caméo d’un acteur de Sharknado au milieu du film… Tout est dit pour ce coup marketing qui n’aura été qu’un coup d’épée dans l’eau.

Au final, Lavanlantula est un film… non, on ne peut même pas appeler cela un film tant tout est raté et cynique. C’est du grand n’importe quoi non-sensique qui prouve une fois de plus l’incompétence de Syfy à ne pas prendre son spectateur pour un débile congénital. Car non seulement c’est con, mais c’est en plus mal filmé et mal joué avec aucune idée de mise en scène ou de passage inventif. Mike Mendez, déjà responsable de Big Ass Spider, semble se foutre du monde et continue ses méfaits à base de monstres à huit pattes. C’est désolant.

Note : 02/20

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Par AqME

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